Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


vendredi 1 mai 2015

LA GRANDE QUESTION

« Cher ami, vous ne savez poser que des questions faciles. Vous me demandez quel sera votre avenir immédiat dans votre posthume ? Je comprends votre interrogation, car c'est un sujet qui n'est jamais abordé dans les magazines, à la radio ou dans les émissions de téléréalité.
Je vais y répondre, sans entrer dans les détails que vous pourriez trouver macabres en suivant un ordre chronologique, celui qui, dans 99% des cas est respecté, la nature ayant horreur de l'improvisation.
Dès la dernière expiration qui clôt l'ultime souffle, s'installe une immobilité générale qui affecte l'ensemble des gestes habituels: plus de froncements de sourcils, de clignements d'yeux, les pieds, les mains cessent de s'agiter. Le cœur toujours infatigable est le dernier des muscles à s'avouer vaincu  et met quelques minutes avant d'arrêter de fibriller, en pure perte d'ailleurs, mais l'effort est méritoire, une minute de respect à sa mémoire, SVP. Les réflexes ostéo-tendineux, pupillaires, cutanés cessent leurs réactions automatiques. L'arrêt des fonctions intéresse d'emblée les divers circulations, la veineuse qui, n'étant plus poussée par l'artérielle, n'a plus de raison de poursuivre sa noria, la lymphatique, plus discrète  suit l'arrêt des mouvements.
Le système digestif n'échappe pas à la grève générale avec l'exception d'usage. L'estomac n'a plus rien à digérer et l'usine d'acide chlorhydrique  ferme ses portes, le foie n'a rien à désintoxiquer.Le pancréas subit le même sort, l'insuline n'ayant plus d'emploi. Il n'y a que dans les intestins que l'euphorie règne, car si le transit est interrompu,  faute de matières premières, tous les microbes, bactéries, champignons, saprophytes et commensaux habituels des lieux se retournent contre leur hôte, un bel et ultime exemple d'ingratitude et se mettent à le dévorer de l'intérieur, mais ils sont bien punis car, même en anaérobie, l'atmosphère est délétère. La maison Borniol a l'habitude et n'attend pas l'explosion pour opérer la crémation, procéder à l'enterrement ou, pour ceux qui ont les moyens, une vidange complète des humeurs avariées permet une momification qui les garde dans un état presque naturel, la vivacité du regard en moins, c'est vous qui voyez.
Et le cerveau dans tout ça, que devient-il ? Hélas, il participe à la débandade générale. Quand le courant passe, notre ordinateur personnel, portable est inégalable, irremplaçable, mais son électronique molle est, comme le reste, périssable, à usage unique et suit le sort commun. Très fragile, il meurt en premier et toutes les mémoires s'effacent en un clin d'œil. Sa matière blanche suit la grise et dégouline très vite par tous les trous de la base du crane qui, heureusement, sont nombreux. La pensée disparaît, les idées s'envolent avec les souvenirs, les sentiments, les sensations. On est dans un sommeil sans rêves qui permet enfin un repos bien mérité et éternel.
Voila ce que je peux en dire et j'espère vous avoir rassuré et informé. D'autres vous en raconteront de plus belles, mais avant de les croire, demandez-leur des preuves; car dans le domaine posthume, dès qu'on veut voir plus loin, c'est l'imagination qui prend le pouvoir.
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4 commentaires:

  1. Il n’y a pas à dire, pour être informés, on est informés ! Rassurés, j’en sais fichtre rien, mais on en a pour son argent. Merci d’avoir mis les points sur les i. Bon, avec tous ces relents on a le tournis mais c’est qu’on est devenus délicats et qu’on a trop tendance à oublier l’organique... Et, puisqu’on n’y peut rien, si on passait à autre chose ? Je préfère quand tu fais dans le palatable.

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  2. Merci, un honnête homme doit savoir ce qu'il adviendra. Avec mes faibles moyens, j'ai fais au mieux , je suis content de t'avoir rassuré et tu pourras passer des nuits tranquilles. Par contre, mon repas de gala n'a pas suscité l'enthousiasme auquel sa qualité le prédisposait., étrange, non?

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  3. Pour ce qui me concerne, je ne donne que des avis éclairés et là, après la vichyssoise revisitée je commençais à perdre mon latin. J'attends donc d'avoir trouvé la matière première pour essayer, avant de parler trop vite. Une question: ils ont bien digéré l'acide formique?

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  4. Deux précisions: le ragondin se pêche à l'étang et l'acide formique , pour ceux qui n'aiment pas, se neutralise au bicarbonate;

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