Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


jeudi 7 mai 2015

INSOMNIES

En dehors de l'idéaliste obsédé par son idée et de l'idéologue intoxiqué par la sienne, l'insomniaque peut avoir d'autres raisons de refuser de dormir.

Il (elle) peut avoir peur de ne pas se réveiller et, se trouvant trop jeune pour jouir de son dernier sommeil, reculer cette échéance à des nuits moins jouissives.

Il (elle) se réveille sitôt endormi(e) de sorte qu'il (elle) n'arrive pas à discerner la veille du sommeil. Les séquences se renouvellent sans arrêt et la confusion s'installe, la conscience étant plus expressive que l'inconscience, c'est elle qui domine et affirme n'avoir aucun souvenir de la phase hypnotique.

La personnalité paranoïaque, méfiante, soupçonneuse n'accepte pas de perdre le contrôle de son corps. Il se sait si vulnérable dans son sommeil, gisant sur son lit, sans défense, incapable de voir le coup fatal, de s'en défendre qu'il ne peut accepter de s'endormir.

Ces causes d'insomnie ne sont jamais évoquées car politiquement incorrectes.   Je passerai outre à cette censure imbécile et vous rendrai le service que vous attendez.

Je me garderai, par charité républicaine, d'enlever à l'idéaliste son obsession. Il faut qu'il continue de l'exploiter. Une nuit blanche est peu par rapport à une bonne et grande idée où il trouve son bonheur.

L'idéologue a le même problème. Mais l'individu est dangereux, sectaire, du genre à vous envoyer au goulag si vous ne  partagez pas sa pauvre, triste et fausse idée. Je le laisse à son insomnie qui lui pourrit la nuit autant que son jour. C'est la juste punition que Morphée lui inflige en représailles du mal qu'il voudrait faire pour satisfaire sa mauvaise idée.

Le froussard qui a peur de ne pas se réveiller est digne de notre intérêt. Sa peur n'est pas vulgaire. Elle est même compréhensible, héritage probable d'une enfance battue, malheureuse, d'une nourrice incestueuse, de parents divorcés, d'une carence en chocolat ou d'une fessée mal digérée. Pour calmer son appréhension, je lui dirai simplement que le sommeil n'est jamais l'antichambre de la mort pour un adulte en bonne santé. C'est même le moment où il reconstitue ses forces, répare les dégâts du jour et qu'il n'est jamais aussi fort que durant son sommeil. La Faucheuse n'a aucune chance et elle le sait bien.  
Celui qui se réveille aussi vite qu'il s'endort et ne cesse ses allers-retours est un cas plus délicat. Atteint de ce que l'on appelle, dans notre jargon, du symptôme precox, il souffre d'une tendance à la précipitation, dans  un souci de bien faire, de ne pas perdre son temps et, dans le notre cas, de ne pas risquer d'être en retard pour son train de 6 heures 23, le personnage étant souvent un tégéviste qui travaille à Paris et habite à 234 kilomètres de son bureau, à la Défense. Il doit retarder le moment de s'endormir, en pensant à autre chose: déclaration d'impôts, un souvenir d'enfance, une première fois etc. etc. En gagnant quelques minutes chaque fois, le cumul du retard s'additionne si bien qu'en un mois, le problème est généralement résolu. Si ce n'est pas le cas, prenez un rendez-vous pour une prise en charge personnalisée.

Le traitement du parano qui a peur d'une agression dans son lit quand il dort est élémentaire et je me demande pourquoi il n'y a pas pensé. Il doit sécuriser son appartement  par une porte blindée, condamner ses fenêtres par de volets anti-intrusifs et déménager pour habiter un quartier tranquille, si possible à proximité d'une gendarmerie. Si son habitat est une maison, il lui suffit, comme moi, d'héberger à demeure, une brigade canine de bergers allemands féroces et entraînés à l'attaque sans sommation pour pouvoir dormir du sommeil de la Belle au bois dormant, toutes portes ouvertes.

Voila, chers et chères insomniaques abonnés(es) aux nuits blanches comment vous allez retrouver les rêves et les cauchemars qui vous manquaient si cruellement et retrouverez un repos nocturne bien mérité.
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