Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


vendredi 29 mai 2015

POUR QUI AIME SE FAIRE PLAISIR

Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est, cette année encore, une merveille de beauté, d'originalité et la déambulation parmi trente jardins extraordinaires une promenade de charme et un bonheur pour les yeux, le cœur, l'esprit.

Le domaine de Chaumont est très remarquable avec un château regardant une Loire dans toute sa splendeur, un parc fabuleux, des expositions d'artistes du monde entier qui y trouvent un cadre à leur mesure, un deuxième parc de dix hectares plein de surprises. L'ensemble est exceptionnel et on comprend son succès.

L'endroit est, par sa richesse, son ambition, une réussite. L'énergie, la volonté, le talent qu'il faut pour obtenir un tel résultat montrent que l'équipe au travail est d'une qualité exceptionnelle. Le plaisir ressenti se double de ce sentiment très positif.

Toute la France devrait se précipiter à Chaumont sur Loire pour sortir de sa dépression, de sa torpeur, de sa rumination. Un pays capable de créer ce festival et ce lieu ne peut être petit.
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Jardin n° 4: Nuances

mardi 26 mai 2015

L’HOMME, CE CRÉDULE (réédition)

Depuis toujours, et plus que jamais, l’homme obéit à une pulsion irrésistible. Elle le fait aller plus loin, plus haut, plus vite, vouloir être plus fort, plus beau, avoir davantage. Cette passion, ce besoin,ce devoir l’obligent à conquérir la lune, faire exploser l’atome, modifier le génome et, pour beaucoup, croire à l’impossible.
À cette croyance extravagante, défi au bon sens, à l’intelligence, à la raison, ils peuvent sacrifier leur argent, leur liberté, leur vie. Elle les fait investir dans les entreprises les plus folles, adhérer aux doctrines les plus saugrenues, voter pour les politiciens les plus démagogues, se prosterner devant des idoles grotesques. Ils accourent avec enthousiasme vers ceux que leur promettent la richesse, le bonheur, un ventre plat, un visage lisse, la jeunesse, le plein emploi, le paradis avec la vie éternelle. Plus la promesse est inouïe, le mensonge énorme, la fiction évidente, plus ils adorent, applaudissent, succombent, avides d’être ce qu’ils ne sont pas, d’avoir ce qu’ils n’auront jamais et de croire à l’incroyable.

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IL Y A

ceux qui comprennent, apprennent, retiennent et les autres qui ne comprennent, n'apprennent, ne retiennent rien, comme ceux qui nous gouvernent.

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LE CONSEIL DU JOUR

À un suicidaire peu pressé, s'ennuyer à mourir est une solution d'attente.

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lundi 25 mai 2015

LA QUESTION

L'amour de soi est-il vraiment propre?

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UN ESTHÈTE

Ce que j'aime dans le caviar, c'est la lampée de vodka.

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LA RUMEUR QUI SENT LE SAPIN

Elle court dans les couloirs de Bercy: il a le projet de frapper d'une taxe d'habitation les pierres tombales !!!

Une délocalisation massive dans les cimetières de Belgique est, dès maintenant, prévisible.


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samedi 16 mai 2015

ET L'ÂME, DANS TOUT ÇA

« Vous nous avez décrit votre ordinateur cérébral, l'autre jour, la différence ne tient-elle pas à l'âme? Mon ordinateur de bureau n'en a pas , me semble-t-il .»

« Excusez-moi, j'avais oublié le dernier paragraphe. Voici ce que j'en pense:

Certains sont si fiers de lui qu'ils lui ont donné une âme. Ils ne savent pas ce qu'elle est, le mystère lui donne encore plus de valeur et autorise toutes les extravagances. Elle serait le propre de l'homme, elle serait éternelle. Son siège est  inconnu: au dessus, en dedans, à coté? C'est ce plus immatériel qui distinguerait notre ordinateur personnel de celui qui règne dans votre bureau et qui fait l'essentiel de votre travail, avouez-le. Discret, il se tait, il sait que sa durée de vie est programmée, qu'il sera oublié aussitôt jeté. Mais, quand il aura la parole, que nous dira-t-il? Ne voudra-t-il pas s'inventer une âme et nous apprendra-t-il que c'est le courant qui la  transporte et son magnétisme qui parle en passant et, pas de rémanence, ce qui est mort est mort.»
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vendredi 15 mai 2015

CHAMPS D'HONNEUR

Les champs d'honneur sont des chemins, des sentiers, des plaines, des collines, des cuvettes où une jeunesse innocente va se faire massacrer, dans des conditions effroyables, aux ordres d'un haut commandement imbécile obéissant à des politiciens irresponsables.

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ÇA, C'EST BEN VRAI

Si les cimetières n'étaient pas remplis de tous les morts évitables: cirrhotiques, tabagiques, sidéens, accidentés, la longévité augmenterait dès le court terme, mais, dans le long terme, les cimetières seraient tous aussi remplis.

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jeudi 14 mai 2015

ÉDIFIANT

Ils ont une vie remplie de dévotions, de génuflexions, de confessions, d'absolutions, de communions, de pèlerinages qui leur préparent une entrée au paradis où ils seront et feront tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps d'être et de faire.

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mercredi 13 mai 2015

JE VOUS AI COMPRIS

Quand quelqu'un vous dit «Je vous ai compris», méfiez-vous, le pire est à venir. Il connaît tout de vous: vos ambitions, vos prétentions, vos projets, vos vilenies, vos secrets. Sa décision sera à la mesure de sa compréhension. Vous en aurez pour votre argent, il ne vous en restera pas beaucoup.

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LE CONSEIL SUR LE PARKING

«Vous êtes en colère. Je le vois à vos lèvres pincées, à vos poings fermés, à votre regard incendiaire, vous seriez prêt à en venir aux mains avec même des idées de meurtre. Réfléchissez avant de passer à l'acte:
-les avocats sont hors de prix et pas toujours très bons.
-la justice est très lente en France.
-les prisons sont vétustes, surpeuplées et vous y aurez de mauvaises fréquentations.
Êtes-vous sur d'avoir le dessus? J'ai de beaux restes de mon passage à la Légion. Entre nous, n'est-ce pas risquer beaucoup pour une place dans un parking?»

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mardi 12 mai 2015

MON ORDINATEUR PRIVÉ

. L'ordinateur serait avec la bombe atomique ce qui restera du 20ème siècle. Pour la bombe, c'est certain  et comme toute bonne révolution, elle fera table rase du passé et de la terre. Mais l'ordinateur, j'en transporte un, sur moi, tout comme vous et on se prend pas pour des révolutionnaires.
Le mien, est pareil au vôtre, même s'il n'est pas de la même marque. Ils sont tous construits sur le même principe mais les performances varient beaucoup d'un modèle à l'autre. On n'en connaît pas les raisons: problèmes de qualité des produits de base, qualification des producteurs: formation, expérience, conscience professionnelle ?
Comme tous, le mien est mobile, portable même, à usage unique. J'en ai la jouissance exclusive tant qu'il marche. Rechargeable, recyclable, compatible avec le vôtre si l'on est sur la même longueur onde. Il n'est pas échangeable.
Attention, beaucoup de qualités, mais aussi des défauts: fragile, il supporte mal les chocs, les chutes, surtout de haut. Il est sensible aux virus et attrape facilement une méningite ou une encéphalite. Elles laissent des traces, même guéries avec un ralentissement des fonctions cognitives et des pertes de mémoire. C'est son point le plus faible. Avec le temps et même sans virus,  elle perd de sa puissance et son intégrité. Encombrée de trop de souvenirs, elle n'arrive plus à stoker : l'information se volatilise à mesure. Pas de nettoyage possible, de défragmentation, pas de pièces de rechange Quand la mémoire vive est morte, elle ne revit pas.
Mon ordi est à manier avec précaution, à ne pas encombrer de souvenirs importuns. Il faut l'entretenir, l'alimenter avec du courant de qualité alimentaire: pas d'OGM, d'excitants, de calmants qui risquent de l'endormir. Sensible à la surtension, il disjoncte facilement, le court circuit est irréparable. On s'aperçoit qu'il est bon à jeter quand il refuse de s'allumer.
En suis-je content? Non, car j'ai trop de reproches: puissance de calcul de l'ordre de la carence.  Cette faiblesse m'a interdit d'entrer à Polytechnique. Second reproche, tout aussi grave: peu de mémoire disponible. Le manque est grave et ne pas se rappeler les  Fables de La Fontaine, 70 ans après les avoir apprises, me paraît inexcusable. On peut mettre aussi à son discrédit son poids: il pèse sur la tête, compte tenu de sa position et provoque des douleurs cervicales, des migraines parfois ophtalmiques par contagion de proximité et d'autres inconvénients difficiles à supporter si en plus, on a du mal à digérer.

Modèle courant, qualité standard, je suis obligé de me contenter de ce que j'ai. Je ne  lui demande pas plus qu'il ne peut et je m'en satisfais, bien obligé     . On ne peut pas s'empêcher pourtant de jalouser ceux qui bénéficient d'un super-ordinateur avec une mémoire absolue qui n'oublie rien, une puissance de calcul digne d'un médaillé Field, la rapidité d'exécution d'un cuisinier japonais faisant seppuku à une sardine. Un Cray intelligent serait-il l'idéal? Pour un idiot certainement car, en réalité, ce n'est pas dans l'ordinateur qu'il faut chercher le bonheur, il ne dépend que de ce qu'on y met et ne doit rien à ce qu'il donne.

lundi 11 mai 2015

LE CONTE DE FÉE DU LUNDI

Pauvre et malheureux toute sa vie, il n'avait connu que des échecs, des faillites, des divorces, des fiascos. Et puis, un jour, le gros lot du loto, heureux enfin, il court à la Française, suant, haletant, pressé de toucher le pactole. Patatras, à 100 mètres, la fracture du myocarde, le collapsus, l'exit sans retour. Vous connaissez beaucoup d'hommes qui meurent en plein bonheur?
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BATTU MAIS CONTENT

Enfant, il était battu.
Plus tard, à la course, il se faisait battre.
Président, il fut battu, mais, comme chaque fois, pour se consoler, il se disait: « L'important, c'est de participer ».
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dimanche 10 mai 2015

LE FIN MOT DE LA FAIM

Jamais repu, bouffi, baveux, la bouche pleine, l'écœurement au bord des lèvres, il recommence à grossir avant la dernière bouchée.
Regardez l'autre affamé qui ne mange que pour survivre et qui garde une petite faim qui le laisse frais, leste, dispos, prêt à repartir en courant.
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ÇA, C'EST BEN VRAI

Jésus, l'enfant de Marie, avait la dent dure pour les pharisiens, il l'avait aussi pour l'agneau pascal.
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Comment une religion capable d'inventer l'enfer peut-elle prêcher la charité, l'amour du prochain, le pardon des offenses ?
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LE CONSEIL DU JOUR

C'est bien de regarder où vous mettez les pieds, c'est mieux de ne pas vous salir  les mains.
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samedi 9 mai 2015

CE QUE JE N'AIME PAS

en moi, c'est mon hypocrisie:
-je gobe les huîtres;
-je découpe le gigot;
-je me farcis l'escargot;
-je tranche le saumon;
- je rôtis la pintade et je suis dégoûté, scandalisé quand Titine, ma chatte croque une petite souris aussi contente que, quand moi, je déguste huîtres, gigot, escargots, saumon etc. etc.

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ÇA, C'EST BEN VRAI

Il n'y a qu'au théâtre qu'on peut être dans le passé en parlant au présent.
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Vous n'en avez rien su parce que on vous n'y étiez pas, qu'on vous en a rien dit et qu'il ne s'était rien passé.
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La vie est si capricieuse que les projets d'avenir font rarement les souvenirs du passé.
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Le mensonge est si présent que la vérité ne dispose que d'un instant ou d'une minute.


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MERCI

«Puis-je vous dire un mot?»
«Oui»
«Merci»
«De quoi?»
«De m'avoir laissé parler»

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vendredi 8 mai 2015

PARDON, pièce en 1 acte (reprise exceptionnelle)

Sur le trottoir d’un grand boulevard, un flâneur déambule, peu pressé, quand il est abordé par un individu bien mis, l’air prospère avec une inquiétude dans le regard et qui l’apostrophe par un :

-      « Je vous demande pardon ».

Serviable, l’autre s’arrête, attend la suite, une demande de renseignements sans doute, mais il se contente de répéter 
:
-      « Je vous demande pardon ».

Amusé, mais aussi interloqué , l’interpellé répond :

-      « Mais de quoi ? Je ne vous connais pas et je ne crois pas avoir à  vous pardonner quelque chose ».


-      « Oh que si ! je vous demande pardon pour ce que vous savez ».

-      « Je suis prêt à vous pardonner tout ce que vous voulez, mais moi , je ne sais pas de quoi ».

-      « C’est de la mauvaise volonté ou de l’amnésieJ’insiste, réfléchissez. Ce n’est pas pour le plaisir que je vous demande pardon. En refusant,  vous ajoutez à ma gêne

-      « Je ne peux pas vous pardonner quelque chose qui n’existe pasJ’ai beau chercher. Votre tête ne me dit rien. Je ne vous ai jamais vu. Vous êtes un parfait inconnu ».

-      « Vous croyez  que je passe mon temps à aborder des inconnus dans la rue et à leur demander pardon Vous croyez que cela m’amuse, que je n’ai que cela à faire, que je ne travaille pas ? En refusant de me pardonner, vous me faites perdre du temps et je vais être en retard à un rendez-vous,un rendez-vous important. crucial même ».

-      « Oh là là, c’est à moi que vous faites perdre du temps avec votre prétention à vous faire pardonner, une offense peut-être ? Je vous aurais offensé, c’est ça, mais où ? quand ? comment ? ».

-       « Ah, enfin on y arrive. La mémoire vous revient. Je ne suis plus aussi inconnu que vous le prétendiez il y a cinq minutes ».

-      « Bien sûr, je commence à vous connaître, à en savoir même beaucoup. D’abord vous avez quelque chose à vous faire pardonner. Ensuite c’est moi qui devrais vous rendre ce service car ,apparemment, vous avez eu affaire avec moi. Tertio, vous avez de la suite dans les idées. Quarto , vous n’êtes pas du genre à vouloir garder un poids sur la conscience, vous devez avoir fréquenté un collège catholique et en avez gardé quelques souvenirs. Vous avez aussi un rencard que vous allez rater si vous continuez à perdre du temps à me faire la conversation ».

-      « Pour quelqu’un qui ne me connaît pas, vous en savez sur moi beaucoup plus que j’en sais sur vous. Vous avez mené une enquête de proximité ? vous travaillez aux R.G. ou à ce qui les remplace ? Et vous prétendez toujours ne pas savoir pourquoi je vous demande pardon ? Ce serait la seule chose que vous ne sachiez pas de moi ? ».

-      « Mais enfin, tout ce que je sais, c’est vous qui me l’avez appris. J’ai oublié que vous étiez aussi de mauvaise foi, ce qui pour un catho fait désordre et votre façon de m’interpeler en plein boulevard, votre insistance, votre obstination maniaque, obsessionnelle même à me demander pardon, tout ça fait de vous un original peu banal ».

-      « Moi, de vous, je ne sais qu’une chose. C’est que vous devez me pardonner. Ça ne devrait pas être difficile pour quelqu’un qui connaît tout de moi, plus que n’en sait mon psychanalyste ; Mais vous êtes impitoyable. Je le savais déjà. Je n’ai rien à attendre d’un être plein de rancune, de rancœur avec un esprit de vengeance. Vous voulez m’humilier, que je vous demande pardon à genoux, que je vous supplie. Qu’est-ce que vous voulez de plus pour que j’obtienne votre pardon ? ».

-      « Finissons-en. Arrêtez de crier, de pleurer. Tout le monde nous regarde. Redressez-vous, reprenez votre calme. C’est entendu, j’ai compris, vous avez raison. Il est temps d’oublier, de passer l’éponge, de repartir à zéro, l’âme tranquille. Je vous pardonne bien volontiers, sans arrière-pensée. Je ne vous en veux pas. Ce n’était qu’une peccadille, les torts étaient partagés, vous avez eu le mauvais rôle. Vous pouvez partir en paix ».

Et chacun poursuivit son chemin, l’un satisfait d'être pardonné et pressé d’arriver à son rendez-vous, l’autre méditatif, se demandant ce qu'il avait bien pu pardonner.
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ÇA, C'EST BEN VRAI

Ce qu'il y a de bien avec une horloge parlante, c'est qu'on est prévenu quand l'heure arrive.

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UN MÉTIER À RISQUES

Les chasseurs prennent deux risques:
-celui de se faire tuer par un  maladroit .      .
- celui de perdre leur place.

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LE PORTRAIT DU JOUR

À 20 ans, c'était un jeune laid, à 75 ans, méconnaissable, il se permet d'être un vieux beau.

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LES BONS CONSEILS DU JOUR

Ne changez pas si facilement, soyez entre vous comme vous êtes entre nous.
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Soyez positif, quand ça vous plaît, dégoûtez-en les autres, vous en aurez davantage.
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Apprenez à être conciliant et faute de brioche, prenez un croissant, faute de baba, un éclair au chocolat, faute de framboises, des fraises, mais soyez intransigeant et préférez une faute d'orthographe à une faute de grammaire.

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jeudi 7 mai 2015

PAS DE SOUCIS

L'expression est à la mode. Elle se veut rassurante: la voiture démarrera, le colis arrivera, la soudure tiendra, le courant passera etc. etc. C'est le moment de se méfier. Madoff, lui, disait:«Don't worry, be happy»

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L'INTERROGATION DU JOUR

Le monde serait-il meilleur si le bien était plus fort que le mal?

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INSOMNIES

En dehors de l'idéaliste obsédé par son idée et de l'idéologue intoxiqué par la sienne, l'insomniaque peut avoir d'autres raisons de refuser de dormir.

Il (elle) peut avoir peur de ne pas se réveiller et, se trouvant trop jeune pour jouir de son dernier sommeil, reculer cette échéance à des nuits moins jouissives.

Il (elle) se réveille sitôt endormi(e) de sorte qu'il (elle) n'arrive pas à discerner la veille du sommeil. Les séquences se renouvellent sans arrêt et la confusion s'installe, la conscience étant plus expressive que l'inconscience, c'est elle qui domine et affirme n'avoir aucun souvenir de la phase hypnotique.

La personnalité paranoïaque, méfiante, soupçonneuse n'accepte pas de perdre le contrôle de son corps. Il se sait si vulnérable dans son sommeil, gisant sur son lit, sans défense, incapable de voir le coup fatal, de s'en défendre qu'il ne peut accepter de s'endormir.

Ces causes d'insomnie ne sont jamais évoquées car politiquement incorrectes.   Je passerai outre à cette censure imbécile et vous rendrai le service que vous attendez.

Je me garderai, par charité républicaine, d'enlever à l'idéaliste son obsession. Il faut qu'il continue de l'exploiter. Une nuit blanche est peu par rapport à une bonne et grande idée où il trouve son bonheur.

L'idéologue a le même problème. Mais l'individu est dangereux, sectaire, du genre à vous envoyer au goulag si vous ne  partagez pas sa pauvre, triste et fausse idée. Je le laisse à son insomnie qui lui pourrit la nuit autant que son jour. C'est la juste punition que Morphée lui inflige en représailles du mal qu'il voudrait faire pour satisfaire sa mauvaise idée.

Le froussard qui a peur de ne pas se réveiller est digne de notre intérêt. Sa peur n'est pas vulgaire. Elle est même compréhensible, héritage probable d'une enfance battue, malheureuse, d'une nourrice incestueuse, de parents divorcés, d'une carence en chocolat ou d'une fessée mal digérée. Pour calmer son appréhension, je lui dirai simplement que le sommeil n'est jamais l'antichambre de la mort pour un adulte en bonne santé. C'est même le moment où il reconstitue ses forces, répare les dégâts du jour et qu'il n'est jamais aussi fort que durant son sommeil. La Faucheuse n'a aucune chance et elle le sait bien.  
Celui qui se réveille aussi vite qu'il s'endort et ne cesse ses allers-retours est un cas plus délicat. Atteint de ce que l'on appelle, dans notre jargon, du symptôme precox, il souffre d'une tendance à la précipitation, dans  un souci de bien faire, de ne pas perdre son temps et, dans le notre cas, de ne pas risquer d'être en retard pour son train de 6 heures 23, le personnage étant souvent un tégéviste qui travaille à Paris et habite à 234 kilomètres de son bureau, à la Défense. Il doit retarder le moment de s'endormir, en pensant à autre chose: déclaration d'impôts, un souvenir d'enfance, une première fois etc. etc. En gagnant quelques minutes chaque fois, le cumul du retard s'additionne si bien qu'en un mois, le problème est généralement résolu. Si ce n'est pas le cas, prenez un rendez-vous pour une prise en charge personnalisée.

Le traitement du parano qui a peur d'une agression dans son lit quand il dort est élémentaire et je me demande pourquoi il n'y a pas pensé. Il doit sécuriser son appartement  par une porte blindée, condamner ses fenêtres par de volets anti-intrusifs et déménager pour habiter un quartier tranquille, si possible à proximité d'une gendarmerie. Si son habitat est une maison, il lui suffit, comme moi, d'héberger à demeure, une brigade canine de bergers allemands féroces et entraînés à l'attaque sans sommation pour pouvoir dormir du sommeil de la Belle au bois dormant, toutes portes ouvertes.

Voila, chers et chères insomniaques abonnés(es) aux nuits blanches comment vous allez retrouver les rêves et les cauchemars qui vous manquaient si cruellement et retrouverez un repos nocturne bien mérité.
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mercredi 6 mai 2015

UNE FIN EN SOI

Il y a les débutants qui préfèrent le début et les finisseurs qui n'aiment:
-dans un repas que le dessert.
-dans un livre, dans un film que le dénouement.
-dans un discours que la péroraison.
-dans un voyage que le retour.
 croire que dans la vie, pressés d'en finir, ils n'aiment que la mort !!!

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CE N'EST PAS PLUS COMPLIQUÉ

Quand le mystère est épais, que la raison est en échec, que l'intelligence est impuissante, il y a toujours une solution. Par exemple, on a un temps qui dure une éternité, un espace avec une dimension infinie, une matière dont la fabrication est inconnue, une terre qui paraît faite pour ceux qui l'habitent, des individus qui se demandent d'où ils viennent et où ils iront et pas une seule réponse. Mais avec de l'imagination, tout est possible et pour expliquer l'inconcevable, il suffit d'inventer le concept d'un créateur plus fort que l'impossible, plus vieux que l'éternel, plus grand que l'infini et capable de tout.

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mardi 5 mai 2015

MA DERNIÈRE INVENTION

C'est un vélo qui annule la montagne. Ergonométrique, il maintient la position à l'horizontale quelle que soit l'angulation de la route.
En montée, le sang ne s'accumule plus dans la partie inférieure du corps, gênant la circulation de retour et en descente, le sang ne quitte pas les jambes qui en ont le plus grand besoin; son afflux intempestif ne menace plus le cerveau d'apoplexie.
Pour obtenir ce résultat qui va révolutionner la course en montagne, je monte à l'avant une fourche télescopique issue de ma recherche-développement. En descente, elle monte de façon à maintenir l'horizontalité du cadre, variant en permanence l'amplitude pour maintenir la position choisie. En montée, la correction intéresse la partie arrière qui doit se surélever. La difficulté est plus grande car le pédalier doit rester à la même distance de la selle quelle que soit la pente. Un système ingénieux de renvoi de couple a résolu le problème de façon très élégante, sans perte de puissance et sans toucher au braquet.
Le système est géré en continu par une électronique embarquée qui doit beaucoup à celle du Rafale; Nulle doute que ce nouveau vélo va , comme lui, être un grand succès à l'exportation, participer au redressement de notre balance commerciale, porter un coup sévère au vélo chinois et assurer le triomphe de nos coureurs dans les étapes de montagne du tour de France.

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LE TEMPS

Le temps, compagnon fidèle des bons et mauvais jours ne nous quitte pas d'une semelle. Il s'accroche à nos basques, nous colle à la peau si bien qu'il faut parfois 107 ans et plus pour avoir le droit de s'en passer.
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lundi 4 mai 2015

LES DEUX PENSÉES

-      Il y a deux pensées:

-      L'une est réfléchie, empreinte de sagesse, de raison, de réflexion, de critique, elle met l'intelligence à son service.

-       L'autre est dominante quand, partagée par une majorité d'idiots analphabètes, illettrés, sectaires, elle donne le pouvoir à une bande d'incapables, beaux parleurs, menteurs, voleurs qui les conduisent à leur perte.
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ADDITIFS AU DESSERT DE GALA

-    Pour ceux qui n'aimeraient pas la meringue aux œufs de fourmis, ils peuvent en neutraliser la délicate acidité par une cuillerée de bicarbonate de soude.

-   Si mon potage pétainiste et mon ragondin à la broche ont été plébiscités par les connaisseurs, le Succès m'a valu quelques remontrances, certains l'ont accusé de les avoir obligés à passer en urgence au vomitorium dès la dernière bouchée. Je suis coupable de n'avoir pas averti les dyspeptiques que le Gervita est parfois mal supporté. Pour me faire pardonner, je leur donne la recette d'une glace à la framboise dont ils me diront des nouvelles.

-    Vous mélangez, pour deux personnes, 2 grandes cuillères à soupe de gel de polysilane avec deux yaourts faits maison avec le lait fermier de la fermière la plus proche, vous fouettez vigoureusement pendant un quart d'heure, il ne faut pas que cela tourne en beurre, 2 heures au congélateur et vous dégusterez une délicieuse glace parfumée à la framboise qui vous assurera une digestion parfaite. Vous l'accompagnez de gavottes un peu rassises.
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IL FAUT OBÉIR AUX PARENTS

Mademoiselle, suivez le conseil de vos parents « ne te fie pas aux apparences ». Je suis peut-être vieux, pauvre, laid et méchant, mais ma jeunesse, ma richesse, ma beauté, ma bonté sont intérieures et je vous aime !!!
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dimanche 3 mai 2015

ON N'A PAS LE CHOIX: ON EST-CE QU'ON FAIT -

-      Vous travaillez, vous êtes un travailleur.
-      Vous mentez, vous êtes un menteur.
-      Vous rouspétez, vous êtes un rouspéteur.
-      Vous emmerdez, vous êtes un emmerdeur.
-     Vous ennuyez, vous êtes un ennuyeur.
-     Vous volez, vous êtes un voleur.
-      Vous prêtez, vous êtes un prêteur.
-      Vous jouez, vous êtes un joueur.
-     Vous nagez, vous êtes un nageur.
-      Vous oubliez, vous êtes un oublieux.
-      Vous paressez, vous êtes un paresseux.

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POUR RASSURER LES FAMILLES

Un moment d'inattention provoque une faille dans l'écoulement du temps. C'est le seul instant où l'on peut se glisser à son travers et se retrouver dans une autre dimension du temps. Tous les disparus sans laisser d'adresse ont, sans doute, profité de l'instant pour tenter l'aventure.

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UN GRAND COMÉDIEN

Il fait semblant de s'intéresser aux réponses des questions qu'il ne pose pas.
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samedi 2 mai 2015

CHAPEAU

L'exploit mérite votre considération distingué. Je viens de terminer la lecture in extenso du Grand Robert, 100000 mots, d'une traite, sans repos, ni vacances. Pour être complet et ne rien laisser passer, j'ai conjugué tous les verbes de JE à ILS, à tous les temps, sans oublier le plus-que-parfait du subjonctif. Pourquoi un tel travail digne du titan que je suis (avec un peu de modestie), me demandez-vous, estomaqué? Simplement pour répondre à un pari que je m'étais fait un jour ou l'autre: lire la totalité des livres parus en français depuis le XVI siècle, date où le français devient compréhensible pour un non-médiévaliste.
Je connais maintenant tous les mots de la langue française. Parce qu'un orchestre ne fait pas de musique sans les instruments, un écrivain ne peut écrire s'ils n'a pas de mots, les moyens prouvent ainsi leur supériorité sur le soft-ware. J'ai en mémoire tous les mots de tous les livres et donc je peux en jouer à ma guise .Avec le titre, le nom de l'auteur me fournit aussitôt son style, l'intrigue, et, avec de l'imagination et les mots que j'ai en vrac, je reconstitue automatiquement la totalité de l'œuvre, m'autorisant parfois quelques améliorations et corrigeant les faiblesses bien compréhensibles qui se glissent parfois même dans un chef-d'œuvre comme LE ROUGE ET LE NOIR. J'ai ainsi emmagasiné toute la littérature puisque j'en possède tout le vocabulaire. Je ne regrette pas mon effort: quel gain de temps, de place, plus besoin de bibliothèque et d'argent puisque je n'ai plus rien à acheter. Essayez ma méthode, le résultat est garanti. Un écueil est facilement surmonté, pour les pièces en alexandrins de Corneille et de Racine, il est utile d'avoir en tête un dictionnaire de rimes, pour gagner du temps. Je vois conseille celui de Léon Warnant qui est très suffisant.
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ENFIN, UN ENFANT RECONNAISSANT

Je dois mon bon caractère à ma maman, une ânesse du Poitou qui est douce, docile, obéissante, travailleuse, sobre, intelligente. De mon papa, un solide Percheron, je tiens mon endurance, ma force, mon courage, ma générosité, mon endurance, mon allure. Oui, un mulet a de la chance de n'avoir que des qualités, merci papa, merci maman.

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FACILE À COMPRENDRE

L'éternité est le temps qui dure entre un commencement qui n'aurait pas de début et une fin qui n'aurait pas de terminaison.

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vendredi 1 mai 2015

LA GRANDE QUESTION

« Cher ami, vous ne savez poser que des questions faciles. Vous me demandez quel sera votre avenir immédiat dans votre posthume ? Je comprends votre interrogation, car c'est un sujet qui n'est jamais abordé dans les magazines, à la radio ou dans les émissions de téléréalité.
Je vais y répondre, sans entrer dans les détails que vous pourriez trouver macabres en suivant un ordre chronologique, celui qui, dans 99% des cas est respecté, la nature ayant horreur de l'improvisation.
Dès la dernière expiration qui clôt l'ultime souffle, s'installe une immobilité générale qui affecte l'ensemble des gestes habituels: plus de froncements de sourcils, de clignements d'yeux, les pieds, les mains cessent de s'agiter. Le cœur toujours infatigable est le dernier des muscles à s'avouer vaincu  et met quelques minutes avant d'arrêter de fibriller, en pure perte d'ailleurs, mais l'effort est méritoire, une minute de respect à sa mémoire, SVP. Les réflexes ostéo-tendineux, pupillaires, cutanés cessent leurs réactions automatiques. L'arrêt des fonctions intéresse d'emblée les divers circulations, la veineuse qui, n'étant plus poussée par l'artérielle, n'a plus de raison de poursuivre sa noria, la lymphatique, plus discrète  suit l'arrêt des mouvements.
Le système digestif n'échappe pas à la grève générale avec l'exception d'usage. L'estomac n'a plus rien à digérer et l'usine d'acide chlorhydrique  ferme ses portes, le foie n'a rien à désintoxiquer.Le pancréas subit le même sort, l'insuline n'ayant plus d'emploi. Il n'y a que dans les intestins que l'euphorie règne, car si le transit est interrompu,  faute de matières premières, tous les microbes, bactéries, champignons, saprophytes et commensaux habituels des lieux se retournent contre leur hôte, un bel et ultime exemple d'ingratitude et se mettent à le dévorer de l'intérieur, mais ils sont bien punis car, même en anaérobie, l'atmosphère est délétère. La maison Borniol a l'habitude et n'attend pas l'explosion pour opérer la crémation, procéder à l'enterrement ou, pour ceux qui ont les moyens, une vidange complète des humeurs avariées permet une momification qui les garde dans un état presque naturel, la vivacité du regard en moins, c'est vous qui voyez.
Et le cerveau dans tout ça, que devient-il ? Hélas, il participe à la débandade générale. Quand le courant passe, notre ordinateur personnel, portable est inégalable, irremplaçable, mais son électronique molle est, comme le reste, périssable, à usage unique et suit le sort commun. Très fragile, il meurt en premier et toutes les mémoires s'effacent en un clin d'œil. Sa matière blanche suit la grise et dégouline très vite par tous les trous de la base du crane qui, heureusement, sont nombreux. La pensée disparaît, les idées s'envolent avec les souvenirs, les sentiments, les sensations. On est dans un sommeil sans rêves qui permet enfin un repos bien mérité et éternel.
Voila ce que je peux en dire et j'espère vous avoir rassuré et informé. D'autres vous en raconteront de plus belles, mais avant de les croire, demandez-leur des preuves; car dans le domaine posthume, dès qu'on veut voir plus loin, c'est l'imagination qui prend le pouvoir.
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LE CONSEIL DU JOUR

«Je voudrais un conseil.»
«Sur quoi»
« Je voudrais savoir comment faire.»
«Faire quoi?»
«Ce que je dois faire.»
«Précisez : que devez-vous faire? »
«C'est le problème: je ne sais pas!»
«Vous ne savez pas ce que vous avez à faire?»
«Exactement, comment faire ce que je ne sais pas et je vous repose ma question.»
«Donc, ce n'est pas que vous ne savez pas faire, mais  que vous ne savez pas quoi faire.»
«Vous commencez à comprendre la profondeur du problème, personne ne m'a dit ce que je devais faire. Comment le savoir si personne ne le sait?»
«La solution est là: si personne ne sait ce que vous devez faire, vous pouvez faire n'importe quoi et, à votre place, je commencerai par la fin, vous aurez fini avant d'avoir commencé. De la sorte, vous supprimez le besoin de savoir et n'avez pas non plus à vous fatiguer à le faire puisque seul le résultat intéressera ceux qui vous l'ont commandé. Vous aurez fait de la génération spontanée, un miracle puisque tout ce sera fait tout seul.».»
« Merci, Dancharr, encore une fois, vous m'avez sauvé.»


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