Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


dimanche 12 octobre 2014

LE COIN DU CYNIQUE

Un cynique de passage m’a dit :

« Le mal vaut mieux que le pire, c’est toujours vrai et surtout en politique. Ainsi l’Irak de monsieur Hussein était une dictature impitoyable où l’ordre régnait par l’effet conjugué d’une police efficace, d’une armée obéissante, d’une justice partiale qui assénaient un traitement radical aux récalcitrants grâce à des méthodes expéditives. Les religions cohabitaient, les ethnies enterraient leur haine, les écoles, les hôpitaux fonctionnaient. Tout marchait plutôt bien, tant qu’un embargo criminel n’infligea, aux pauvres irakiens, une peine supplémentaire qui les privait, en plus de la liberté, des biens essentiels. Le tyran devenu intolérable et accusé des rares péchés qu’il n’avait pas commis fut défait, déchu, pendu. Au lieu de la démocratie amenée à la pointe des bombardements, il y a la guerre civile, religieuse, l’éclatement, le chaos. Ce pays, désuni par origine, est incapable de vivre ensemble, en démocratie. Il n’y a qu’un Saddam Hussein capable de faire vivre en paix de tels gens.

En Libye, le scénario est presque le même. Le dictateur se fait si mal voir qu’il devient insupportable à son ami d’hier avec qui il faisait pourtant de bonnes affaires. Celui-ci prend la tête d’une croisade pour apporter aux libyens la concorde, la justice, la liberté. Le satrape ne résiste pas, s’enfuit, on l’assassine pour le faire taire. La paix est à peine rétablie que les factions se battent, veulent le pouvoir, l’argent du pétrole. Ici encore on en revient à rêver aux jours plutôt tranquilles de la dictature pure et dure de Kadhafi.

En Syrie, la majorité soumise à la minorité au pouvoir depuis des lustres veut sa revanche, aidée par l’air du temps. La guerre civile s’installe, terrible. Mais le dictateur de père en fils n’est pas du genre à abdiquer. Il résiste, impitoyable et ne fait pas de quartier. Il est aidé par une opposition divisée, déchirée, l’intrusion d’une entité radicale qui fait peur même à ceux qui voulaient aider à renverser le dictateur. Ils en viennent à se demander s’il ne faut pas faire marche arrière, s’il n’est pas le seul capable d’empêcher l’émergence d’une force incontrôlable qui, au terme d’une anarchie sanglante, imposera un pouvoir qui fera paraître acceptable un dictateur laïque ».

Et mon cynique de conclure :

« Les guignols qui gouvernent nos démocraties ont une politique basée sur l’angélisme. Elle ne tient pas compte de la réalité des pays où ils prétendent imposer leurs idées parce qu’ils en ignorent tout. Ce sont des idéologues dangereux car ils aggravent des situations qu’ils n’avaient jamais, avant de se réveiller, essayé d’infléchir et des apprentis sorciers incapables de reconnaître leur lâcheté d’avant et leurs erreurs d’après ». 

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