Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


lundi 24 mars 2014

LENDEMAIN D’ÉLECTIONS

De notre politologue Jean-Pierre Langue de Bois.
Les résultats ont partout été conformes aux prévisions. Tous les votants ont déposé leur bulletin dans les urnes, tandis que les abstentionnistes les ont désertées, en ayant sans doute oublié leur devoir civique de ce jour-là. Tous les partisans ont été fidèles à leur parti pris et ont voté, avec unanimité, sans défaillir à leur esprit de suite. Les tenants de chacune des listes ont respecté, à une écrasante majorité, leur intime conviction et mis leur bulletin dans l’enveloppe sans subir aucune pression qui aurait pu les faire changer d’avis au dernier moment. Les scrutateurs ont constaté, à ce point-là du choix, qu’aucune contestation n’avait été enregistrée. Une nouvelle preuve que notre démocratie respecte la liberté de conscience dans les isoloirs.

La majorité requise dès le premier tour a apporté une joie qui s’est exprimée bruyamment dans un nombre plus important de villes et de villages que ce à quoi les pessimistes s’attendaient, apportant ainsi la preuve que le jeu était fait d’avance. Corrélativement, les perdants savourent, dans l’amertume de la déconfiture, une défaite qu’ils savaient gagnée d’avance, un miracle est toujours possible dans notre pays de chrétienneté et de fille aînée de l’église. Mais surtout, rien n’est acquis, soulignait un fin connaisseur des élections locales qui avait assisté à trop de retournements de veste de dernière seconde pour s’étonner de résultats inattendus à défaut d’être honnêtes.

On peut dire que ce lendemain d’élections est conforme à tous les lendemains de fête pour les vainqueurs qui ont une gueule de bois et de défaite pour les vaincus qui se consolent par des discours en langue de bois. Le bonheur de ceux-là compensera le malheur de ceux-ci. Mais, comme tout est relatif et a son versa, une bataille urnale est un jeu à qui perd gagne car les refusés seront tranquilles, sereins, iront à la pèche, au théâtre, en voyage, au coin de la cheminée, se promener, lire, voyager tandis que les reçus hériteront de la secrétaire de mairie, des employés municipaux, de la dette, de la voirie, des permis de construire, des noces et des banquets à présider, des commémorations, des accidents de circulation, des mariages, des enterrements et de tout le temps passé à parler, à discuter, à comploter, à parader, à s’énerver, à s’emmerder.

Nous attendons avec impatience le second tour de dimanche. Ce sera encore un jour de réunion citoyenne où chacun sort de sa tour d’ivoire pou se retrouver autour d’un projet commun à construire pour décider d’un avenir qui fera de la vie communale un endroit dans le temps et l’espace convivial, agréable, sympathique. Il faudra s’intéresser aussi aux ambitions déçues, aux attentes récompensées, aux sentiments sincères, aux émotions refoulées, aux confirmations, aux confessions, aux mots historiques, aux mensonges, aux illusions perdues, aux bons battus par des médiocres, aux voleurs, prévaricateurs réélus sous les applaudissements, aux malins élus par des idiots, aux irresponsables chargés de responsabilités. Six ans d’aventures au quotidien pour des gens dont l’esprit d’aventure se borne à celui du clocher.


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