Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


vendredi 28 février 2014

UN HOMME D’EXCEPTION

-      « Vous n’avez pas le vertige ? »
-       
-      « Non, pourquoi ? »
-       
-      Vous culminez, vous tutoyez l’inaccessible, vous habitez les cimes, presque le sommet ».
-       
-      « Vous trouvez ? C’est vrai que j’ai beaucoup évolué. C’est gentil de le remarquer ».
-       
-      « C’est dans ma nature. Mais, comment avez-vous fait ? »
-       
-      « Au démarrage, j’étais comme vous, un monsieur tout le monde, normal, un esprit simple qui se contente de ce qu’il voit, de ce qu’on lui dit et va où on lui dit d’aller. Avec le temps, le grandissement, les mauvais exemples à ne pas suivre, l’intelligence se développe, la connaissance arrive avec ″Mécanique populaire″, ″Sciences et vie″, le ″Reader’s Digest″, ″Psychologie Magazine″ et ″La Philosophie pour les Nuls″. Devenu un scientifique , j’ai commencé à prendre de la hauteur, puis l’ambition est venue : de serviteur du bien privé, je suis devenu serviteur du bien public. Les ailes poussent, on en bat. Ça fait monter les échelons. De petit chef,  je suis devenu moyen chef et aurais bien voulu devenir le grand chef car les idées qu’il fallait, je les aurais eu .
-       
-      J’ai gardé le besoin de me dépasser et me permets de penser ce que je veux car ceux qui pourraient me contredire sont déjà morts ou pas encore nés ».


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ESPRIT DE CONTRADICTION



-      « Après notre longue conversation amicale, force est de constater notre complet désaccord. Nos points de vue sur la politique, la religion, la famille, la littérature, le cinéma, la musique, le théâtre s’opposent complètement. Vous êtes d’accord ? »

-      « Oui ».

-      « Il y a donc une exception à notre désaccord. C’est un bon début ».

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UNE QUESTION ANGOISSANTE

Si l’envie de partir n’était pas tempérée par l’ennui d’arriver, les avions partiraient bondés et débarqueraient vides avec, dans l’intervalle, l’angoissante question du commandant de bord : Que faire de tout ce monde ?


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jeudi 27 février 2014

UN HIVER PRINTANIER

L’arrivée du printemps au milieu de l’hiver a réveillé prématurément mon loir domestique et le hérisson de service. En dette de sommeil, ils sont furieux et veulent que cela se sache.

Avec des réserves de graisse à moitié entamées, ils n’ont pas faim et aucune raison de partir à la chasse… Le voudraient-ils, qu’avec l’eau qui envahit tout, il faudrait être palmé pour ne pas se noyer.

Ils se morfondent dans leur tanière: l’un, au grenier, a trop chaud dans l’isolant pur chanvre, l’autre, sous son tas de feuilles, dans une chaleur humide.

Les jours sont aussi longs que les nuits car, quand on ne dort pas, comme la règle des hibernants l’exige, le temps s’éternise et c’est une éternité qui donne pas envie d’en profiter et une bonne raison d’être athée. Mais ne nous égarons pas et revenons à ce doux temps qui n’a rien à faire en février. On devrait, comme d’habitude, se plaindre du frimas, de la neige, de la glace sur les pare-brises, des jambes cassées, un temps où même l’omelette est norvégienne. Actuellement, si on lisait un vieux Brussolo, les sueurs seraient tièdes.

Et dire qu’il y en a qui doutent encore de la mort annoncée de l’hiver !

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mercredi 26 février 2014

C'EST DU LOURD

-      « Vous aimez passer du coq à l’âne ».
-       
-      « Oui, on en dit plus que quand on parle pour ne rien dire à propos de tout ».
-       
-      « Là, vous tombez de Charybde en Scylla ».
-       
-      « Je fais ce que je veux. Et votre conversation commence à m’énerver. Seul le silence est éloquent et je me méfie des bavards comme vous qui ne croient pas un mot de ce qu’ils disent ».

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UN CONSEIL

Pour ne pas perdre de temps, éviter d’arriver en avance.


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POUR CEUX QUI CONNAISSENT LA CHANSON

-      « Ainsi, vous ne regrettez rien ? »
-       
-      « Je l’ ai pas assez répété ?».
-       
-      « Réfléchissez, vraiment rien de rien ? ».
-       
-      « Si vous insistez… En cherchant bien, je peux dire que je regrette pas le bien qu’on m’a fait.. Une deuxième chose : Y a pas que du passé que je me foutais, même traitement pour l’avenir
-       
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mardi 25 février 2014

LE CONSEIL DU JOUR


Si vous arrêtiez de parler pour réfléchir, on comprendrait mieux ce que vous dites.

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ENFIN HEUREUX


Quand il y a un avis de tempête, le tempétueux est content d’avoir à qui parler.

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SCHIZOPHRÉNIE

-      « Vous n’aimez pas vous regarder dans la glace, pourquoi ? »

-      «  Je vois un visage que je ne connais pas et qui me fait peur. Le regard est méchant, malveillant, il ne m’aime pas ».

-      « Mais c’est le vôtre ».

-      « Impossible, je me connais bien. Je suis gentil, souriant, aimable. Les fleurs et les papillons m’adorent. Je n’ai pas une gueule d’assassin ».

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UN RÉPONDEUR À TOUT

<<Il est pas curieux, il ne pose pas de questions.>>

<<Au contraire, c’est parce qu’il connaît les réponses.>>

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lundi 24 février 2014

UN INDICE À SUIVRE

Une enquête vient de démontrer que l’augmentation des ordures ménagères était la conséquence directe de l’explosion des violences conjugales.

Si l’on veut maîtriser puis réduire ce surplus de déchets, il faut prendre des mesures radicales et traiter le problème à sa source.

Le gouvernement s’en est saisi et à son habitude il a pris, comme il sait le faire, avec célérité et efficacité les décisions qui s’imposaient.

Première mesure : Une séparation drastique des couples irresponsables.

Pourquoi : la parité enfin obtenue a eu comme résultat de lever l’inhibition de la femme battue au foyer. Elle s’est révélée, dans la plupart des cas, une redoutable combattante. Libérée de ses préjugés, entraves, soumission, elle n’épargne ni la vaisselle ni le mobilier. Ce sont autant d’armes prêtes à l’emploi dont elle connaît parfaitement le maniement, résultat d’un entraînement quotidien. Certaines vont même jusqu’à défénestrer des doubles fenêtres pour en coiffer mari, concubin, concubine, les immobiliser et sévir tout à loisir.

Deuxième mesure : Remplacement, chez les couples à risque, de tout ce qui est cassable par du matériel incassable. Assiettes, verres, couverts seront désormais en plastique alimentaire et aptes à rebondir sous le choc. Ce seul transfert devrait réduire considérablement le travail des éboueurs les lendemains des jours fériés, périodes particulièrement propices aux débordements conjugaux.

Troisième mesure : Pour les récidivistes et à la troisième sommation, pose obligatoire d’un bracelet électronique, détecteur de cris (> 40 DB),  d’accélération du pouls, d’agitation des extrémités. Quand ces trois critères de crise sont réunis durant plus de 30 secondes, injection automatique d’un puissant tranquillisant, obligeant le ou la violente à aller se coucher.

Une ministresse écologique d’un courant radical avait fait une proposition qui n’a pas été retenue. Elle avait préconisé que les couples ayant fait la preuve de leur penchant destructeur soient convertis autoritairement à une religion prônant la soumission de la femme et autorisant les voies de fait du seul conjoint masculin,. une enquête récente ayant montré un taux important d’acceptation de cet archaïsme hérité d’une tradition propre aux religions monothéistes.

On attend des résultats significatifs et rapides de ces mesures courageuses. Elles éviteront de doubler les zones de stockage des ordures ménagères et de construire de nouvelles usines d’incinération des sous-produits non recyclables des violences conjugales. 

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dimanche 23 février 2014

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a ceux qui ne se sentent vivants que s’ils risquent de mourir :
  • -      ils font du hors piste dans un couloir à avalanches ;
  • -      ils vont à 100 mètres sous la mer en apnée ;
  • -      ils sautent dans le vide et rattrapent leur parachute ;
  • -      ils tournent autour des mers dans les 40° rugissants, à contre courant contre le vent en solitaire ;
  • -      ils escaladent l’Everest par la face Nord, sans oxygène, à mains nues ;
  • -      ils croient que le flic ricain qui les braque en leur disant de se coucher par terre va se gêner pour le tuer s’il n’obtempère pas dans les 15 secondes.

Et puis il y a ceux qui ont peur de tout et qui ne se sentent en sécurité qu’enfermés entre 4 murs, à l’abri des courants d’air, du bruit, de la poussière, des voitures, des femmes, des hommes, des tentations. On a ainsi dans cette catégorie pusillanime :
  • -      le gardien de phare ;
  • -      les moines, les couventines ;
  • -      les ermites ;
  • -      les agoraphobes ;
  • -      les anachorètes, les stylites ;
  • -      les prêcheurs dans le désert ;
  • -      les illustres retranchés dans leur tout d’ivoire.

Qui a tort, qui a raison ? Qui souffre le plus : le trompe-la-mort obligé de rester cloîtré ou le nombriliste exclusif précipité au milieu d’une foule en colère ?
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samedi 22 février 2014

EN DIRECT DE LA WARNER

  1. Le capitaine est seul sur la dunette déserte , son visage livide fouetté par le vent, la pluie, l’écume. Il ruisselle de larmes. Les mâchoires sont serrées, mais aussi les dents, les poings, les fesses.
  2. Il n’en menait pas large, la minute était critique, comme toutes celles qui précèdent l’issue fatale. La collision avec la vague scélérate de 100 mètres de haut arrivait à la vitesse d’un cheval au galop. Son paquebot de 500 mètres de long et de 5000 passagers qui étaient en train de s’amuser dans les théâtres, les bals, les casinos du palace flottant allaient, dans une minute, découvrir les fonds abyssaux.
  3. Que faire dans un moment pareil, songeait désemparé le capitaine courageux... le monologue intérieur que je suis censé tenir ne me paraît pas à la hauteur de la situation et je devrais pe…
  4. « Coupez » ! tonitrua le producteur qui arrivait en courant, bousculant le réalisateur, l’œil rivé à la caméra et qui filmait le capitaine en plan serré. « On change le scénario, un naufrage même numérique nous coûterait trop cher. Le scénariste est en train de réfléchir à un changement. Une attaque par des pirates d’Al Quaida serait plus dans l’air du temps ».
  5. Le soulagement fut comme vous l’imaginez, général mais surtout le capitaine put desserrer les dents, les mâchoires, les poings, les fesses et se remettre à respirer normalement.
  6. J’ai raconté cette séquence pour ceux qui aiment connaître les coulisses d’un tournage.
  7. De notre correspondant à Hollywood.   
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  9.  

vendredi 21 février 2014

UN CONSEIL TROP TARDIF

Vous auriez dû attendre la fin du discours du maire avant de vous éclipser par la porte de droite. Vous ne l’avez pas entendu prévenir qu’elle donnait sur le vide et qu’il fallait sortir par la porte de gauche.
Vous ne seriez pas dans de beaux draps, à l’hôpital.
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UN PHILOSOPHE UNIQUE


Il était aussi frustrant que tous ceux qui prétendent avoir la solution du problème et dont le mot de la fin est, à chaque fois, pour dire qu’ils la donneront la prochaine fois.
Mais il était pire car il s’attaquait d’abord à ceux qui l’avaient précédé, avaient essayé, un peu avancé avant de reculer et puis, plus ou moins renoncé.
Il se disait d’une autre branchée, sa pensée devançait les plus grandes, en moins vaniteuse. Il n’était poussé ni par le hasard ni par la nécessité, seulement par sa vérité. Il dérangeait forcément les hérétiques, les cyniques, les ironiques, les sceptiques. Ils essayaient de le faire taire. Il n’allait pas se laisser faire.
Il savait mettre en appétit. La prochaine fois, il irait encore plus loin, dirait ce qu’il avait découvert, pourquoi le doute ne l’habitait plus et que ceux qui refusaient d’être de son avis devraient se convertir à sa pensée unique dans les annales de la philosophie et de la connaissance.
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UNE PENSÉE D’ANONYMUS

La vie est une farce jouée par des comiques qui se prennent pour des tragédiens.
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jeudi 20 février 2014

UNE ÎLE FLOTTANTE


Il fallait s’y attendre. La fonte de la glace des glaciers, de la banquise, des icebergs et de la neige venant s’ajouter aux chutes de pluie, a provoqué la submersion de la Grande Bretagne. Les terres antérieurement émergées sont dorénavant immergées. Les experts consultés ne prévoient pas une normalisation de la situation avant la prochaine glaciation, soit à une date que l’on peut, avec une grande approximation, situer dans un futur indéterminé.

Une fois de plus le flegme britannique étonne le reste du monde qui, lui, garde les pieds au sec. Ils en ont pris leur parti et, sitôt les premiers instants de surprise, ont fait face à la situation avec l’humour, le calme, le sang-froid et la détermination qu’ils avaient déjà montrés lors du terrible blitz.

Le discours de la Reine a eu l’effet attendu et a donné le signal qui a fait débuter les travaux.

Trafalgar Square est devenu un port d’attache et les bateaux ont remplacé les Rolls et les Jaguars. Le Queen Mary II s’y poste et a trouvé sa bitte d’amarrage digne de sa grandeur : le cou du grand Nelson. Les rues, avenues, boulevards, transformés en canaux n’ont rien perdu de leur animation et sont sillonnés de canots, de péniches, de cruisers, de barques à rames, à godille et même quelques voiliers s’essaient à la régate entre trois ronds points. L’anglais reste, quoiqu’il advienne, un grand sportif.

Le métro a repris son activité. Les rames ont été remplacées par les sous-marins de la Navy. Ils ont trouvé là un emploi pacifique, sitôt  déchargées de leurs fusées Poséidon.

Toutes les maisons à ossature bois se sont soulevées et, pour éviter toute divagation, elles ont été ancrées aux 4 coins. Les autres constructions plus durement construites n’ont pas bougé. Le basement, le rez-de-chaussée et le premier étage, inondés, ont été désertés et les habitants se regroupent aux étages supérieurs (à partir du troisième dans les parties bases de la ville).

Il y a, bien sûr, des contreparties fâcheuses. Les noyades ont remplacé les accidents de voiture. Les fermes traditionnelles ont disparu et les fermiers se lancent dans la pisciculture avec succès. Les pêcheurs bretons redoutent leur concurrence aussi bien sur le marché de la limande que l’escargot de mer.

L’approvisionnement en lait, un instant compromis, ne pose plus de problème depuis qu’une race de marsouines a été sélectionnée. Elle fournit un lait d’une excellente qualité, au goût iodé très apprécié. Le Milk-man a repris sa tournée en gondole et s’est mis au bel canto dans les quartiers proches de Covent Garden.

La farine de goémon remplace avantageusement celle du blé avec le bénéfice supplémentaire d’une production continue, non soumise aux saisons (le Gulf Stream assure une température constante 365 jours sur 365).

Conséquence inespérée : les centrales atomiques sont refroidies directement par l’eau de mer. Elles réchauffent l’eau qui les entoure et, par le fil du courant, l’île baigne dans une eau à 24-25° C donnant une ambiance caraïbe qui plaît pas seulement à la population immigrée.

Tout n’est cependant pas rose dans le New Great Britain. La politique est entrée en jeu avec un parti né dans l’eau et qui – tout simplement – menace de larguer les amarres de leur île flottante. Ils voient dans le sort qui les atteint un signe divin. Ils doivent quitter la proximité de cette Europe qui leur a toujours paru étrangère avec leurs langues étranges, leur nourriture bizarre, leur conduite à droite. Leur but avoué est, en fait, de mettre cap à l’Ouest, de traverser l’Atlantique, d’accoster à côté de Boston et remettre pied à terre en Amérique, USA.
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DANS LA SÉRIE ÇA C’EST BEN VRAI

DANS LA SÉRIE ÇA C’EST BEN VRAI
Si la force de la bonté qui oblige les bonnes gens à faire le bien avait la puissance de la méchanceté qui condamne la sale engeance à commettre le mal, l’humanité ne passerait pas son temps à s’entre-tuer.
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C’EST MAGIQUE

La mort, quelle jolie façon de quitter la vie. Mieux qu’un tour de magie. Vous êtes là tranquille, au vu et au su du monde. Et puis vous fermez ou pas les yeux et vous disparaissez sans écran de fumée, sans besoin d’un drap rose ni de roulement de tambours pour distraire l’attention. Vous êtes parti et là, pas question qu’on vous rattrape. Enfin libre !
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mercredi 19 février 2014

C’EST DUR À DIRE, MAIS VRAI


C’est parce que l’acier est plus dur que la soie, le tonnerre plus bruyant que le silence que la paix est plus précaire que la guerre, la douleur plus forte que la douceur, le bonheur plus rare que le malheur et que les secondes sont plus courtes que les minutes.
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ENFIN LIBRE

Libéré des chaînes que lui aurait donné une popularité excessive, le président peut s’attaquer aux choses sérieuses sans craindre de déplaire davantage.

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mardi 18 février 2014

UNE VOCATION À LA DÉCOUPE

« Excusez-moi de vous couper la route mais je suis pressé ».
- « Je vous en prie, je suis habitué à ce que l’on me coupe :
-      à la première minute on m’a coupé le cordon ;
-      à l’école, on me coupait la parole ;
-      plus tard, on m’a coupé les vivres puis le courant et, si la guillotine marchait encore, je suis sûr qu’on aurait fini par me couper la tête ».
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UN TRAVAIL EN MOINS

Le temps va si vite de nos jours qu’on a à peine le temps de le dire que c’est déjà arrivé. Tout ce que je pensais sans oser me l’avouer n’a donc plus d’intérêt et ça m’épargne le travail de devoir vous le raconter. À moins, bien sûr, que vous insistiez ?
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ALTERNATIVE

Si vous êtes obligé de vous reposer alors que vous ne faites rien, peut-être devriez-vous changer d’habitude et travailler beaucoup pour ne pas avoir le temps de vous arrêter.

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lundi 17 février 2014

POURQUOI ET COMMENT


Il y a deux types d’individus : ceux qui cherchent le pourquoi des choses et ceux qui se contentent de chercher comment elles marchent pour pouvoir les réparer.

L’ambition n’est pas la même. Les uns travaillent dans les laboratoires de recherche de l’Inra, de l’Inserm, du CERN, du CEA, de Polytechnique et les autres vont en apprentissage, ont un brevet d’aptitude ou font les Arts et Métiers.

Attention, il y a des degrés. Ne mettez pas tout le monde dans le même panier.

Dans les questionneurs du "pourquoi", il y a la valetaille avec quelque têtes qui surnagent, arrivent de temps en temps à faire une découverte qui fait bien avancer les choses. On les coiffe, pour les récompenser, d’un bonnet de Nobel et d’une gratification à partager avec l’équipe qui a fait le travail.

Au-dessus d’eux règne le philosophe. Il travaille solitaire et pense dans sa tour d’ivoire, isolé du reste du monde pour que rien ne vienne troubler son bruit intérieur. Et là, pendant des jours et des nuits, il cherche le pourquoi de tout et de rien. Sans l’aide d’un cyclotron, d’un Crey, d’un accélérateur, d’un amplificateur, par la seule force de sa pensée intuitive, déductive, associative,analytique, irrationnelle  et divergente, il cogite cherchant l’idée qui lui donnera la clef qui ouvrira la porte qui débouche sur l’explication des raisons qui lui font se poser des questions dont il n’a pas les réponses.

Les plus vaniteux, pour faire croire qu’ils sont importants et progressent dans la connaissance de l’impossible, jargonnent et rendent compte de leur incompréhension par un langage incompréhensible. Tout le monde est satisfait.

Ceux qui cherchent sans trouver mais qui ont l’honnêteté de le reconnaître se taisent, trop pressés par le temps pour postuler à l’Académie Française ou faire des ménages chez Paquet, le croisiériste.

Les spécialistes du "comment" ont une fatigue moins relevée car plus physique. En cherchant comment les choses marchent, ils prennent plus de risques : ils vont au fond des mers, montent très haut, explorent l’infini, le vide le grand mais surtout le très petit. Ils expliquent ce qu’ils voient et cherchent à savoir comment ça marche. Ils écrivent des livres, des encyclopédies et surtout des modes d’emploi car ils sont charitables et font profiter les autres de ce qu’ils savent pour ne pas avoir à le redire.

Une dernière chose sépare le gadzarts, prototype de l’honnête travailleur rivé à sa planche à dessin assisté par ordinateur du philosophe: il prend sa retraite à l’âge prévu pour le départ tandis que le philosophe n’ayant jamais rien fait de plus que des supputations invérifiables travaille de la tête (quand il l’a toute) jusqu’à son dernier jour, cramponné à la folie de sa vie : trouver le pourquoi du comment.
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CONSTAT OLYMPIEN

Les patineurs de vitesse sont rapides, racés, élégants. Ils tournent en rond, penchés vers l’avant, sans jamais perdre le Nord. Ils attaquent l’air à grands ciseaux des bras et coupent la glace sans lever jamais le pied.
Regardez aussi ces pauvres sauteurs. Il leur faut monter très haut pour essayer de s’envoler, jouer les planeurs et aller très loin. Hélas, ils retombent très vite, pour glisser un peu ou se planter, tout disloqués.
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UN TROU NORMAND BIEN REMPLI

La règle de trois et le théorème de Pythagore font partie des vérités élémentaires dont l'évidence n'a pas besoin d'une démonstration par l'absurde. Elles ont l'avantage de convaincre l'esprit simple aussi bien que le cartésien mais l'inconvénient d'éviter à celui qui l’a compliqué une explication brillante qui eût ravi ceux qui savent qu'il faut couper les cheveux en 8 pour qu'ils repoussent.
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dimanche 16 février 2014

LA VIE EN ROSE VIF

L’idéal serait une vie d’un bonheur sans nuage, mais c’est une utopie. La réalité est un quotidien fait de grands et de petits malheurs avec en plus des moments de faiblesse, des instants de douleurs, des pics de panique entrecoupés de peur et beaucoup de chagrins quand la pitié ne suffit plus.
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SOUCI, MON BEAU SOUCI

Vivre sans souci est une belle utopie et ceux qui disent le contraire sont des beaux menteurs.

En réalité il n’y a que les imbéciles heureux qui y prétendent avec raison. Intelligent comme vous l’êtes vous êtes condamné à la désolation si vous l’êtes beaucoup et à une certaine tristesse si vous ne l’êtes que peu. De toute façon, vous n’y échapperez pas.

Les soucis en effet nous assaillent de tous les côtés à la fois et en même temps. Il y a :

-      les soucis financiers:


En nos temps de chômage, de stagnation, de déflation il est difficile pour un salarié ou un retraité de ne pas se faire du souci au pluriel et même plutôt moins que le richard. Tous doivent faire face aux impôts confiscatoires, à la hausse des prélèvements obligatoires, à la baisse des revenus du travail et des retraites.

Si vous êtes très riche, vous devez en plus pour le rester, vous exiler, changer de nationalité, vous cacher, faire attention aux bulles, aux faillites, aux OPA hostiles, aux brigades rouges, du fisc, des douanes, aux voleurs, à l’instabilité de la bourse et à la menace du Grand Soir.

-      les soucis de santé:


Ils sont permanents et incurables car nul ne sait s’il ne va pas mourir d’une seconde à l’autre d’un arrêt cardiaque, de l’éclatement d’un anévrisme dans le cerveau,de la chute d’un météore, d’une balle perdue. Même le lit douillet n’est pas un lieu sûr puisque 98% de la population y meurt.

-      le souci métaphysique:


Il n’atteint pas que les belles âmes comme les nôtres. Même une pauvre et sombre crapule et un riche honnête avec une bonne conscience et en bonne santé n’échappent pas au souci de savoir ce qui se passe après la mort.

Les philosophes qui travaillaient sur le problème bien avant l’antiquité préférèrent, comme Épicure, ne rien en dire ou du moins évacuer le souci en disant qu’il n’y avait aucune raison de s’en faire. La discussion reprit de plus belle au début du premier millénaire mais le consensus est loin d’être acquis. À signaler cependant une lueur d’espoir. Actuellement un philosophe de ma connaissance nous menace de faire incessamment des révélations fracassantes à ce propos. Il est retardé par une censure injustifiée qui l’irrite beaucoup et le distrait de son travail de recherche. Je suis très confiant et la levée du souci métaphysique n’est qu’une question d’heures ou de jours. Cependant, ne nous leurrons pas, même sans le dernier une vie sans ce souci ne peut être qu’inhumaine.
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SAUVE QUI PEUR

Ceux qui ont peur de leur ombre ont souvent peur de la nuit. Ils craignent autant le soleil que la lune. Vous imaginez vivre dans cette panique permanente, l’enfer 24 heures sur 24 ? Pour qu’ils se retrouvent au paradis avec nous, les gens sans peur, je leur propose plusieurs solutions :
- Mettre un mur ou un paravent entre eux et le soleil le jour et, la nuit, laisser la lumière ;
- Mettre des lunettes de soleil pour sortir. En voyant tout plus sombre, leur ombre disparaît.  Pour la nuit, lunettes à infrarouges à vision nocturne. Les modèles actuels sont performants. Ils équipent tous les soldats du monde. Ils tuent la nuit aussi bien que le jour.
- Pour ceux qui refusent les prothèses visuelles ou ne veulent pas se cacher derrière un écran, il leur suffit de travailler la nuit dans un endroit bien éclairé : gare, hôpital, commissariat, péage, boite de nuit. Ils dormiront sans crainte le jour en ne tirant pas les rideaux pour ne pas être dans le noir.
La prochaine fois je guérirai ceux qui ont peur du vide, de se regarder dans une glace, des araignées.
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samedi 15 février 2014

AU JARDIN

Un jardin, c’est complet, ça associe des gestes grossiers, fatigues, sueur, qui font mal au dos, aux genoux, au charmant, au futile, à l'agréable. On respire une rose, on sent le jasmin, on chante avec le rossignol, on batifole avec un papillon on court derrière une limace.
Vous devriez essayer. Commencez par avoir une pensée !

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SI VOUS VOULEZ GAGNER LE CLASSEMENT

Interpol, la police internationale en a marre d’être mal connue, voire méconnue. Elle vient de lancer une opération de séduction auprès du public pour acquérir notoriété, prestige et reconnaissance des services rendus. Sa motivation réelle en fait est la jalousie maladive de son PDG envers ses collègues du FBI, du New Scotland Yard et du Quai des Orfèvres. Elle consistera à dresser un palmarès des 10 villes où vous avez le plus de chances d’être détroussé à la fin de votre première journée. Dix titres sont proposés. La (le) gagnante sera celle qui aura dressé la liste dans l’ordre exact de sa dangerosité pour votre intégrité personnelle.
Vous avez le choix entre :
  • ·         Barranquilla
  • ·         Vera Cruz
  • ·         Naples
  • ·         Paris (ligne Nation-Étoile)
  • ·         Rio de Janeiro
  • ·         Grozny
  • ·         Karachi
  • ·         Zurich
  • ·         Bangkok
  • ·         Le Cap

Une nouvelle modalité de vote va être expérimentée. Vous choisissez dans le secret de votre conscience (pour ceux qui sont conscients) ou dans celui de votre inconscience (pour les inconscients). Vous visualisez fortement et pensez intensément les villes dans l’ordre que vous avez attribué. C’est parti, le message subliminal est envoyé par transmission de pensée au mentaliste d’Interpol à son bureau de Lyon qui enregistre votre déposition.
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D'UN TÉMOIN DIGNE DE FOI

Trouvé dans un papyrus apocryphe de la mer morte quand elle était encore vivante : « Femme, femme, relève-toi et embrasse plutôt mes lèvres que mon pied ».

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vendredi 14 février 2014

L'INTERVIEW DU JOUR

- « Vous avez un sacré parcours. Je résume pour nos auditeurs :
Vous aviez un beau métier. Ça ne vous a pas empêché d'en changer plusieurs fois avant de prendre votre retraite. Vous avez beaucoup voyagé et tout essayé: l'aviation, l'équitation, la navigation, la plongée, la course, les ascensions. Bricoleur, vous avez joué au maçon, au plâtrier, au charpentier, au menuisier, au plombier, à l'électricien. Vous avez été apiculteur, boulanger, pâtissier. vous avez semé, planté, jardiné, curé les fossés. Vous avez écrit des livres, des scenarii, donné des conseils, joué au penseur, au blogueur.
Dites-moi, laquelle de toutes ces activités préférez-vous? »
- « Actuellement? La grasse matinée, la sieste, le sommeil. J'attends avec impatience ma dernière heure, celle du tout en 1. »
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UNE DÉCISION TRÈS ATTENDUE

Le président, tout à sa volonté de simplification tous azimuts, vient de décider que la fête des pères serait célébrée conjointement avec la fête des mères.

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CONSEILS TOURISTIQUES

Ne jouez pas au voyageur imprudent, pressé de partir. Un voyage, ça se prépare et, d’autant plus avant, qu’après, il est trop tard pour faire marche arrière. Donc suivez mes conseils avant les autres et commencez par :
1/ Savoir où vous voulez aller et ne confondez pas :
  • ·         Carthagène (Colombie) avec Carthagène (Tunisie) ;
  • ·         Venise (Italie) et Venice (USA) ;
  • ·         Cambridge (G.B.) et Cambridge (Massachusetts)
  • ·         Paris (France) et Paris (Texas) ;
  • ·         Genève (Suisse) et Genova (Italie + Colombie) ;
  • ·         Saint Petersburg (Russie) et Saint Pierre (Rome).

2/ Ce que vous voulez faire :
  • -      vous faire manger par un requin : la Réunion ;
  • -      vous faire enlever (autour du Sahara) ;
  • -      attraper un coup de soleil en plein hiver : Perth ou Avoriaz ;
  • -      vous faire voler votre montre à un feu rouge : Medellin ;
  • -      voir le soleil se coucher : n’importe quelle plage, n’importe où ;
  • -      prendre un bain de foule : Bénarès ;
  • -      faire un saut en enfer : Las Vegas ;
  • -      faire une plongée dans notre futur : la Silicon Valley ;
  • -      voir les entrailles de la terre : le fond d’une mine ;
  • -      manger du poisson cru : allez chez le poissonnier acheter 200 gr de cabillaud ;
  • -      voir du pays : prenez l’omnibus pour Bruxelles ;
  • -      avoir des émotions fortes : conduire en Écosse, marcher à Los Angeles, sauter au bout d’un élastique, entrer dans la cage aux lions, assister à une transplantation cardiaque, suivez pas mes conseils.

3/ Choisissez le moment propice :
  • -      n’allez pas à Calcutta en période de mousson ;
  • -      à Miami au moment d’un cyclone ;
  • -      voir les pyramides en Égypte quand ils font la révolution ;
  • -      à Venise pendant l’"acqua alta";
  • -      à Paris pendant une grève (métro, bus, RER, SNCF, éboueurs, taxis, musées, opéra, etc.) ;
  • -      à Pompéi quand l’Etna érupte ;
  • -      à Los Angeles le jour du Big One ;
  • -      chez moi quand j’y suis pas.

Moyennant ces sages préconisations, tout devrait bien se passer.  
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jeudi 13 février 2014

LE BEAU ET LE MAUVAIS TEMPS

Une fois de plus, je dois rétablir la vérité, combattre l’idée dominante, en finir avec le prêt-à-penser et continuer de vous contredire. Le beau temps ne mérite pas d’être béatifié et le mauvais satanisé.
Réglons son compte d’abord au beau temps. Ainsi, le ciel bleu perpétuel, le soleil éclatant, un air quasi-immobile seraient des attributs dignes du paradis et pour les rechercher vous êtes prêt à partir aux Marquises, aux Seychelles, aux Maldives, aux Baléares ou aux Tuamotu, au Sahara. Malheureusement vous allez y trouver plus sûrement des coups de soleil pour commencer et un mélanome pour finir. Le soleil permanent c’est la sécheresse, la dessiccation, la peau tannée puis flétrie et puis l’incendie qu’on n’arrive pas à éteindre car il n’y a pas d’eau dans le puits, dans l’oued, dans le ruisseau, la rivière, le fleuve ayant disparu depuis le tertiaire.
Rapidement vous allez regretter le mauvais temps que vous avez quitté en courant. C’est quoi le mauvais temps ? Un ciel nuageux, de la pluie, des orages, du vent, une température plutôt frisquette. Ça suffit pour vous plomber le moral (un moral que vous n’avez jamais eu). Réfléchissez, la pluie, le vent, le froid, ça fouette le sang, ça dynamise, ça donne envie de se bouger, de se remuer, pour se réchauffer. Ça oblige à s’activer, à travailler. On ne s’ennuie pas, on gagne de l’argent, on n’a plus peur de l’avenir, on se sent vivant, alerte, occupé, les articulations restent souples, les muscles toniques, le cœur vaillant. On comprend qu’on nous a mis là dans un but précis pour faire avancer les choses, construire un mur, planter un arbre. Même les dégâts du mauvais temps n’ont rien à voir avec ceux du grand beau temps. Une inondation se guérit toute seule ou il suffit de faire sauter le barrage qu’un con avait construit. Un coup de vent déracine les arbres malades, enlève les toitures mal arrimées, défonce des portes mal fermées.
Mais surtout le vent fort fait tourner les éoliennes et les moulins, chasse les mauvaises odeurs et la poussière, la pollution et fait remonter le courant aux voiliers.
Et à l’eau de la pluie, on lui doit des merveilles. C’est elle qui fait pousser les fleurs, les feuilles et l’herbe, les arbres, tourner les aubes, remplir les étangs, les rivières, permet aux poissons de frayer, de frétiller, aux pêcheurs de pêcher, aux marins de naviguer et à la neige de tomber.
Non, pour moi y a pas photo. Il faut parler du sale beau temps et du bon mauvais temps !

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MON CONSEIL DU JOUR

Je connais un fou de cinéma qui a fini par prendre ses rêves pour la réalité :
Obsédé par les « Enfants du Paradis » il prépare sa retraite à Bora-Bora.
Après avoir vu « Une nuit au Musée » il ne visite le Louvre qu’en nocturne.
Il vient de voir « Une nuit en enfer » de Rodriguez et me demande comment faire pour y aller.
- « Tu as deux possibilités : soit tu attends encore un peu et essaies de mourir en état de péché mortel – mais ça t’oblige à prendre des risques – soit tu vas passer une journée à Las Vegas, Nevada ; Tu seras comblé et dégoûté et iras te confesser ».
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UN EXTRATERRESTRE

Il ne faisait rien comme les autres :
-il marchait à contre-courant ;
- il dormait les yeux ouverts ;
- pour voyager, il s’enfermait en lui-même ;
- à force de ne dévorer que les livres, il était devenu l’ombre de lui-même ;
- on avait du mal à le reconnaître car il n’y avait pas que son humeur qui était changeante.
De toute façon il se moquait de passer inaperçu car il ne connaissait personne.
Quand il partira, personne ne s’apercevra de sa disparition et ce n’est pas sûr qu’il se rendra compte qu’il est arrivé, distrait comme il est.

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CHRONIQUE THÉÂTRALE

Cette soirée restera dans les annales théâtrales. À la fin du troisième acte, les applaudissements du public furent vifs et prolongés. Sitôt le rideau baissé, les spectateurs se levèrent et quittèrent la salle, non pas pour deviser dans les couloirs, boire à la buvette ou aller aux toilettes mais pour vider les lieux et rentrer chez eux, croyant la pièce terminée. Certains spectateurs s’étaient bien étonnés que les acteurs ne viennent pas saluer comme c’est l’usage. Mais ils crurent à une grève surprise des intermittents du spectacle qui formaient le gros de la troupe.
Ce fut le prétexte à d’intenses discussions et à l’âpres controverses. Certains se moquèrent de l’incompréhension du public, d’autres des intentions peu claires de l’auteur. Un sociologue disserta savamment sur la dynamique de groupe et l’effet de masse. Un humoriste qui n’avait jamais fait rire proposant de généraliser l’exemple et de diminuer par deux le prix de places de théâtre en tirant le rideau à la moitié de la représentation.
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mercredi 12 février 2014

UN INTERMITTENT DU SOMMET

La vacance du pouvoir matrimonial à la tête de l’État n’est pas sans inquiéter les constitutionnalistes réunis en congrès. Leur doyen propose que le mariage morganatique avec le ou la concubine notoire soit acquis de facto, à titre précaire avec tacite reconduction, durant le mandant présidentiel. Il ou elle bénéficierait ainsi d’un statut officiel de plein exercice plus en rapport avec la dignité de la fonction présidentielle et le prestige de la France.

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LE MOT DU CYNIQUE

Si vous avez faim, apprenez à jeûner.

NORMAL

Vous vous étonnez de ne pas avoir d’écho ?
Normal. Vous parlez dans le vide.
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ODE À MON SAULE


Quand le ciel est bas, le jour court, mon saule, pour y voir clair s’effeuille. Tout dénudé, il est tout beau avec ses bois dorés si minces qui tombent comme des lianes. Il est large long, haut, il pousse vite et bien. Il est altier comme un peuplier, souple comme un bambou. Il a la majesté d’un chêne qui aurait la tendresse d’un charme. Il n’a ni pépin ni noyau comme le pommier ou le cerisier. Il ne laisse rien couler comme l’érable ou le sapin. Sa beauté lui suffit comme défense et il ne lance pas de marrons ni donne de châtaignes. C’est un tombeur, pas un pleureur, mon Salix Babylonica.
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CURIEUX,NON ?

On ferme les yeux, on est dans le noir. On ouvre les yeux et pourtant c’est difficile d’y voir clair.
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mardi 11 février 2014

POUR EN FINIR AVEC LE DÉSORDRE CLIMATIQUE


Face aux atermoiements, aux demi-mesures jamais appliquées, aux décisions imbéciles, je propose solennellement une solution radicale à ce problème infernal: la redistribution logique des températures à l'échelle du globe avec le froid au Nord, le chaud au Sud et le tempéré largement reparti pour que tout le monde y tienne, de part et d'autre de l'Équateur.

Facile à dire, me direz-vous mais, comment faire?

Le climat qui oscille de l'ébullition à la congélation n'est que la victime d'un vice de construction resté caché et jamais dénoncé par lâcheté, peur des représailles et complicité avec le sommet. La responsabilité du créateur de toutes choses est engagée jusqu'au trognon. Une class- action est légitime, m'a confirmé un avocat de renom après consultation des principales cours constitutionnelles.

Avant le procès, il faut tenter, comme toujours, une conciliation avec exposé du litige, dépôt des doléances et réquisitions d'usage. Les religions monothéistes paraissent, quoi qu'en pensent les animistes, les plus qualifiées pour servir d'intermédiaire. Elles devront, pour un temps, arrêter de se haïr, de se battre et pour certaines de s'entre-tuer à plusieurs endroits. Elles auront à se concerter et enverront une délégation à leur dieu respectif à charge pour lui de prendre rendez-vous avec le Tout Puissant, le Dieu suprême, le responsable total. Ils lui soumettront le dilemme, lui demanderont de rectifier son erreur pour que l'irréparable soit épargné à ses adorateurs.

J'attends leur réponse et vous tiens au courant pour la suite à donner.
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LA RÉVÉLATION DU SIÈCLE

Un mentaliste fameux révèle ce que le sourire de la Joconde disait : "Si vous saviez ce que je pense, vous seriez pressé de partir ».

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UN IMPERTINENT

Hé, vous, vous ne vous levez pas quand Il entre ?
Non et j’attends qu’il soit assis pour partir.

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UNE FIN PRÉVISIBLE

Homme de foi, il était en train de soulever une montagne quand il la perdit brusquement. Sanction immédiate, il mourut écrasé.

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lundi 10 février 2014

JUSTICE POUR LE VENT

On n’est pas content quand le vent souffle. C’est tout de suite l’alerte orange ou rouge. Mais, tonnerre de Brest ! l’air a bien le droit de voyager, lui aussi. Il le fait à une allure très raisonnable, avec une vitesse qui dépasse rarement les 60 à l’heure à l’intérieur des terres. Il réserve ses pointes à 120-130  en Bretagne et à des endroits réservés. Non, vraiment, je trouve qu’on est trop injuste. Je dirais même que c’est du racisme.

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UN VRAI AMI


« T’es trop bête », m’assène, peu amène, mon ami X. « Qu’est-ce que tu n’as pas été encore chercher ? ».
Je n’ai pas le temps de lui expliquer que je n’avais eu qu’à fermer les yeux que mon moral en avait pris un coup. Venant de lui, l’avis ne pouvait être que pertinent. C’était l’Expert patenté, le spécialiste hors cadre. Toutes ses décisions, depuis son origine, étaient idiotes : il avait tété le sein tari depuis longtemps de sa nounou et ne doubla son poids qu’à 6 mois. Il choisit le latin comme langue vivante. La première fois qu’il se maria, ce fut avec Mario, qu’il avait pris pour une Maria, etc. Donc, question bêtise, il sait de quoi il parle…
Heureusement ma consternation ne dura qu’une nanoseconde, le temps de me rappeler que, même dans le choix des mots, il se trompait. En fait, il me disait que je suis super-futé. Merci l’ami.
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CURIEUX,NON ?

On ferme les yeux, on est dans le noir. On ouvre les yeux et pourtant c’est difficile d’y voir clair.
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ABOLITIONNISTES DE TOUS LES PAYS

Après celles de l’Édit de Nantes en 1685, des privilèges dans la nuit du 4 août 1789, de l’esclavage en 1848, l’abolition avait marqué le pas. Les abolitionnistes ont attendu leur heure et ils sont de retour, plus déterminés que jamais et décidés à quasiment tout abolir. On les sent animés d’une fureur sacrilège qui eut effrayé même leurs ancêtres. Après s’être attaqués à l’histoire, à l’orthographe, à la grammaire, à la psychiatrie, à la psychanalyse, à la peine de mort, aux table de divisions et de soustractions, ils sont pour l’abolition du sexe, de la différence, seule façon d’abolir l’oppression, les variations, la dépression.
Français, encore un effort : abolissons le genre humain et la terre redeviendra habitable.
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À QUI DE DROIT

Si vous étiez moins content de vous, vous seriez plus content de moi.

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dimanche 9 février 2014

UN HOMME EXACT

-       « Vous êtes un homme heureux ».
-       « Pourquoi ? »
-       « Un rien vous fait rire ».
-       « Non, deux ».
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UN SAGE


Il n’avait surmonté son double handicap : belle gueule, grande intelligence que parce qu’il était sourd et muet.
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LE BON CHOIX

Comment avez-vous fait ? Ça vous a été si facile, alors que pour moi c’était impossible !
C’était pourtant bien simple. C’est que vous cherchiez une porte d’entrée alors qu’il y a seulement une sortie.

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L'ÉCHAPPÉE BELLE

On l’a échappé belle. Si la terre était un cube au lieu d’une sphère, on ne marcherait droit que sur les arêtes et au centre de chaque face. Vous nous voyez ailleurs plus ou moins penchés pour garder l’équilibre. Sacré pesanteur !
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LE CONSTAT DU JOUR

Il y a beaucoup à dire et il y a beaucoup à faire. Le drame c’est que parler fatigue moins que travailler et c’est pourquoi il y a beaucoup de beaux parleurs et peu de grands travailleurs.
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samedi 8 février 2014

UN AVIS AUTORISÉ

Monsieur le curé, pourquoi la prière du matin est plus efficace que celle du soir ?

C’est, bien simple, mon enfant, le bon Dieu est, comme beaucoup de grands vieillards trésvieux, plutôt couche-tôt et, le soir, il n’écoute que son sommeil. 
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DANS LA SÉRIE CÉLÈBRE SI C’ÉTAIT À REFAIRE

-« Que feriez-vous ? »
- « Je m’abstiendrais ».
- « Sans regret ? »
- « Si, de l’avoir fait ».

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LE CONSEIL DU JOUR

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Si vous êtes obligé de vous reposer alors que vous ne faites rien, peut-être devriez-vous changer d’habitude et travailler beaucoup pour ne pas avoir le temps de vous arrêter.

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UN PEU DE COMPASSION

Quand on voit les errements de votre gouverne personnelle, vous devriez être plus tolérant envers monsieur Hollande qui doit gouverner 67 millions de gens comme vous.

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LE ROI DES BIOGRAPHES

Nestor Alexandre Martin-Dupont va vous étonner avec son nouvel opus.

Après sa monumentale vie du 3ème fils de Noé, la saga de la nounou du regretté Dauphin, les 3 volumes consacrés à la jeunesse, à la maturité et à la vieillesse de la grand-mère de Napoléon, notre meilleur spécialiste de la biographie vient encore de frapper fort avec 657 pages qui feront date dans les annales de pédiatrie et d’obstétrique. Il nous livre, après un travail qui a occupé à plein temps 25 documentalistes, des conversations approfondies avec toutes les personnes concernées ayant eu vent de l’affaire et une rédaction de 2,5 ans, une biographie autorisée du premier mort-né de la maternité de Port-Royal (1815).
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DRAME CHEZ LES BORNIOL

DRAME CHEZ LES BORNIOL

Les ordinateurs de l’ordonnateur des pompes funèbres générales se sont trompés. Ils ont confondu les clients et veulent enterrer les vivants et faire payer les morts.
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vendredi 7 février 2014

SI LE CŒUR VOUS EN DIT

Avec sa saveur aussi épouvantable que son odeur, l’offre alléchante ne pouvait séduire qu’un cadavre de 8 à 10 jours…

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MAISON À VENDRE

C’est une occasion en or, à saisir, un prototype hors normes. Pour un prix très étudié, vous avez une maison ancrée dans la réalité et qui répond à votre demande avec :
-      Un plancher hors sol ;
-      Un plafond suspendu ;
-      Des murs étanches respirants ;
-      Un toit imperméable à l’eau, au froid, à la chaleur ;
-      Une cave insubmersible ;
-      Un air stérile, une eau propre ;
-      Une fosse aseptique, une lumière diffuse ;
-      Une énergie intégrale, positive, renouvelable ;
-      Un chauffage thermique biocompatible ;
et, cerise sur la cheminée, une assurance tous risques intégrée éternelle !
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LA RÉALITÉ DES RÈVES

Le sommeil serait reposant et bienfaisant si les rêves n’étaient pas souvent stupides et les cauchemars fréquents. C’est la preuve que si la conscience est raisonnable, l’inconscience est folle, folle, folle comme les idées qui veulent nous faire croire à l’impossible. Ce sont des restes du sommeil. Quelles tristesse de savoir qu’il y en a tant qui ne vivent qu’à demi- éveillés.

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ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE

La société civile commençait à s’impatienter et à s’interroger devant le silence de la société savante. Que devenait le grand accélérateur de la lumière du CERN ? Cette bête monstrueuse dévoreuse d’électricité, d’or et d’argent, tournait-elle dans un vide quasi-sidéral pour rien ? Que faisaient les futurs Nobel de physique en dehors de paraître très occupés ?
Je ne sais pas pour vous mais moi, je me posais ces questions. J’ai eu la réponse, très claire, très rassurante quand l’un des responsables a rompu son contrat de confidentialité, n’en pouvant plus de se taire, et m’a révélé la vérité.
Je vous la dirai si j’arrive à m’en rappeler…
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jeudi 6 février 2014

LES ADIEUX DU COMMANDANT

Après cette belle croisière au court cours qui nous a conduits de A à B, vous allez retrouver la terre ferme dès que nous serons arrivés à bon port. Nous espérons que vous garderez un bon souvenir et que vous regretterez seulement les occasions manquées, les peines perdues, les rêves évanouis, les mots rentrés, les paris stupides enfin tout ce que vous auriez pu éviter. J’espère que vous ne raterez pas, pour finir en beauté, votre sortie.
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RÉFLÉCHISSEZ AVANT DE VOUS DÉCIDER

Vous avez deux possibilités :
La première intéressera les gens pressés d’arriver avant la dernière minute, qui ont tout vu ou n’attendent plus rien.
La deuxième concernera les nonchalants, aimant les ennuis, les soucis, les guerres, les fatigues, souffrir, mourir à petit feu et les quelques compensations que leur offrent une glace à la vanille, une petite privauté, un clair de lune, une bonne blague.
Il y en a pour tous et des deux côtés. Prenez votre temps avant de vous décider. Vous avez un quart d’heure pour y réfléchir.
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UN AMOUR FOU

-      « Je vous aime beaucoup ».
-      « Pourquoi ? »
-      « Je suis bipolaire. Tantôt pleurnichard, tantôt rigolard. Vous me comblez : avec vous je suis les deux à la fois : vous me faites mourir de rire ».
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LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LA BELLE AU BOIS DORMANT

Dès qu’elle a été connue, elle a été censurée. Si vous voulez connaître l’histoire véridique de la Belle au Bois Dormant, celle que ni les Grimm ni Perrault n’ont racontée, ne sautez pas cette page.
Il était donc une fois une belle princesse à qui une méchante fée a jeté un sort. Elle ne se réveillera que le jour où un baiser , au mieux, viendra la déranger.
100 années se passent, à dormir pour tout le monde dans le château perdu au fond des bois. Puis un jour de chasse, un beau prince grand et fort tombe sur le château endormi, se promène et découvre la chambre de la demoiselle, la voit allongée sur son lit de brocart à baldaquin, se penche sur elle et ne va pas plus loin.Il s’enfuit épouvanté, chassé par l’haleine de la princesse, si fétide que celle d’une bouche d’égout aurait semblé suave, dégoûté par la saleté de son merveilleux visage et effrayé par les araignées géantes qui colonisaient sa somptueuse chevelure dorée.
La pauvre, en effet, ne s’était ni lavée ni essuyée ni maquillée ni lavé les dents depuis un siècle. Personne, et elle la première, ne s’était occupé de sa toilette et même un cœur aussi vaillant et bien accroché que celui du prince charmant n’aurait pu résister à la puanteur de la couche princière.
Une semaine plus tard, poursuivant un lièvre retors, un traine-savate, un mendigot, un gibier de potence, un va-nu-pieds, un renégat, bref, un bon à rien, même pas à prendre une douche, franchit la poterne après le point levis, furète de ci-de là en quête d’un mauvais coup, tout étonné de rester libre, il monte à l’étage, trouve la porte ouverte et la princesse toujours dormante, s’approche d’elle. Lui, qui vivait dans un nuage qui tenait à distance les vipères, les araignées, les puces, les poux et ne tolérait que les mouches vertes et leurs asticots, trouva la princesse goûteuse, enivrante, appétissante et, l’embrassant goulûment, la réveilla brusquement. C’est ainsi qu’on célébra les noces de la Belle avec une bête petite, laide, sale, méchante, bossue, moitié sourde, demi-aveugle d’un œil, borgne de l’autre.
Furent-ils heureux ? Eurent-ils beaucoup d’enfants ? Cette version originale du conte ne le dit pas. Rien, hélas ne le laisse supposer !
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mercredi 5 février 2014

INTERROGATION ÉCRITE


Le petit-fils que j’aurais pu avoir si j’avais eu un fils m’a avoué sa perplexité quand l’ordinateur lui a demandé à sa visite d’embauche : « Préférez-vous mourir dans une explosion provoquée par une fission ou par une fusion ? ».
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LE GÉNIE MÉCONNU

En vieillissant, pour regagner le temps perdu, on pense de plus en plus et vers la fin une pensée chasse l’autre tellement vite qu’on n’ pas le temps de s’en souvenir. C’est bien dommage car j’ai peut-être inventé le moteur perpétuel, la pierre philosophale, résolu la quadrature du cercle et je ne m’en souviens pas…

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UNE PAUME QUI EN DIT LONG

En lisant dans les lignes de ma main, elle m’en a appris de belles et quelques pas mures.
J’ai une ligne de force qui, vers la fin, donne un signe de faiblesse à combattre par quelques compléments alimentaires et un régime un peu plus sucré.
La ligne de vie, de facture classique, avec un caractère bourgeois de bonne tenue traverse la paume, m’a-t-elle dit avec une détermination de bon aloi, sur un chemin bien dégagé ; la fin se perd dans le lointain.
Cependant, a-t-elle ajouté, avec une petite perplexité vite rassurante, il y a cette oblique qui la transperce à deux reprises et qui a pu donner quelques émotions à ceux qui s’intéressent à vous ,heureusement plus de peur que de mal.
Quand vous préhendez, je vois deux parallèles qui s’imbriquent dans la paume, de la gauche à la droite. D’habitude elles vont de la droite à la gauche. C’est le signe que vous avez eu des vies parallèle que vous gardez secrètes car elles ne s’expriment que le poing fermé. Dans cette position, je ne vois rien et ne peux en dire plus. Ça fera 30 euros.
P.S. Si vous voulez savoir ce que votre main veut dire, je peux vous recommander à madame Irma.

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UN CONSEIL POUR L’AVENIR

Chère amie, vous qui croyez au paradis et à tout ce qui va avec, et qui êtes si sûre d’être parmi les heureuses élues, reprenez, croyez-moi, de ce gâteau au chocolat. Il est divin et je ne suis pas certain que dans 1 milliard d’années la recette se sera conservée.
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