Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


jeudi 30 janvier 2014

LA RETRAITE, QUELLE GALÈRE !


Occuper sa retraite, quelle galère ! Je n’en peux plus, me disait l’autre jour l’ancien garde-champêtre, vivement la quille. Les malheureux, hélas, de plus en plus nombreux, font pour le mieux. Il y a plusieurs écoles, très concurrentielles, chacune avec des orientations différentes et leurs inconvénients. Citons :

-      celle qui prône le retour à la terre et préconise de cultiver son jardin. Mais, planter des arbres, des choux, c’est fatigant pour les lombaires. Il faut ensuite récolter et, dans l’entre-deux, biner, sarcler, traiter, re-bêcher et arroser. Le galérien en bavait moins.

-      une autre privilégie le ludique, l’hédonisme, le farniente et apprend à jouer à la belotte, à la manille, aux petits chevaux, au poker-menteur, à se promener, à bavarder, bref, à passer le temps jusqu’à l’épuiser. Que de l’ennui !

-      la plus tendance, pour ceux qui ont encore une bonne vue, une ouïe fine, de l’argent, de la curiosité, de bonnes jambes leur conseille d’aller au cinéma, au théâtre, aux musées, d’écouter de la musique, de lire, d’écrire, de voyager. En faisant tout ça et encore plus, ils se rempliront de sons, d’images, d’idées qui combleront leur vide intérieur. C’est une bonne solution pour ceux qui supportent les émotions fabriquées, les vies d’emprunt, les bruits étrangers.

-      et puis il y a ceux qui ont enfin le temps de réfléchir aux questions qu’ils n’avaient pas pris le temps de se poser 50 ans plus tôt, quand c’était important, nécessaire, mais ils étaient trop occupés à s’installer, à forniquer, à engendrer, à se pousser. Aujourd’hui c’est possible. Il n’y a plus à postuler, à intriguer, à jalouser, à lécher, à trahir, à investir, à s’enrichir, à s’élever. On découvre qu’on va partir, mais on ne sait pas où. Ça intrigue, inquiète. Est-ce que notre grande intelligence, notre esprit brillant, notre raison pure s’évaporent avec le reste ou retombent en poussière dans le terreau du cimetière ?

S’il est masochiste et veut en savoir toujours plus, il va jusqu’à se demander si sa belle âme a sa place dans le cerveau ou si elle habite à côté…

Plus le temps passe, plus l’urgence de la fin se fait pressante. Les réponses aux questions sans réponse révèlent leur véritable nature et ces philosophes tardifs, furieux de s’être laissés prendre à un questionnement imbécile, se réveillent, la nature faisant bien les choses, la sagesse fait son apparition. Ils lisent Lucrèce, Épicure, les stoïciens, les cyniques et, habituellement, trouvent la sérénité avant l’ictus terminal.

Vous choisirez, dans ce panel d’offres, celle qui convient à votre riche personnalité et saura vous faire passer vos derniers moments le plus agréablement possible.


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