Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


vendredi 31 janvier 2014

UN BEAU LIVRE À LIRE


Il y a des médecins de l’âme. Compatissants, compréhensifs, patients, attentifs, ils savent écouter, expliquer rassurer, calmer. Ils ouvrent des portes, éclairent l’obscur, apportent le calme, la paix, le bonheur.

Il y a des médecins du corps. Savants, intelligents, curieux, perspicaces, ils savent interroger, regarder, ausculter, palper, interpréter, diagnostiquer, ordonner, opérer, guérir.

Eu puis il y a Martin Winckler (La Maladie de Sachs). Il est l’un et l’autre et, dans son livre « En souvenir d’André » (POL Éditions), on comprend pourquoi et comment il arrive à habiter des extrémités qui, d’habitude, ne se rejoignent pas.

Il y évoque la mort en nous parlant de la vie. De la sienne peut-être. Il le fait avec gravité et tout en légèreté. Il déroule des vies qui finissent par se rejoindre et qui pourraient être la nôtre.

C’est un roman et non un manifeste. On comprend cependant pourquoi il a dû choisir l’exil au Québec, sans le dire, déprimé sans doute par une médecine sous la coupe de mandarins bornés et une société bloquée. Alors que d’autres se taisent, se terrent, ironisent, lui, ne désarme pas, proteste, combat, debout, poussé par le devoir, le besoin, l’amour et écrit ce beau roman plein de poésie, de tendresse, de colère.


_________

RENDONS À CÉSAR CE QUI APPARTIENT À CÉSAR

Sans vouloir minimiser le mérite du biologiste Robert Edwards et du gynécologue Patrick Steptoe, je signale que la naissance de l’enfant Jésus marque le premier exemple répertorié de réussite d’une fécondation in vitro. La preuve en a été apportée par sa maman qui, de notoriété publique, a toujours été certifiée et appelée « la Vierge Marie ». Cela atteste que sa grossesse ne doit rien à une opération du Saint Esprit aidé de l’archange Gabriel et tout au génie d’un médecin (ou deux) anonyme qui avait su anticiper, il y a plus de 2000 ans, les progrès de la gynécologie moderne et réalisé ce qui, à l’époque, pouvait apparaître comme un miracle. 

C’EST LUI QU’IL NOUS FAUT


Les motifs de la désolation sont légion. Nous ne pourrons pas être exhaustif malgré notre immense bonne volonté. Je me bornerai aux principaux :

-      le déficit pharaonique du commerce extérieur ;

-      la médiocrité du cinéma, de la chanson, du théâtre, de la peinture, de la sculpture, de l’enseignement et de l’éducation ;

-      la médiocrité de la classe politique responsable de la médiocrité de la politique économique, sociale, financière, sécuritaire, judiciaire, étrangère.

Pour que cessent le lamento général, le Burn Out systématique et la dépression galopante, je propose une thérapeutique révolutionnaire. Malgré son conservatisme borné, son caractère arriéré et son refus absolu d’évoluer dans le sens du futur, l’avance des sciences et des techniques lui permet de bénéficier (à la France) - de gré ce serait le mieux ou de force si le coma s’avère dépassé - de ma préconisation.

Elle est simple et découle du constat que chacun peut faire. La France est victime d’une panne générationnelle. Elle ne dispose plus des hommes et des femmes qui, dans le passé, en ont fait un phare de l’humanité. Le mal est général et atteint l’ensemble de la population active. Nous n’avons que des politiciens, des artistes intermittents ou de complément, des écrivains de gare routière, des peintres du dimanche, des chanteurs sans voix, etc.

Je demande un sursaut national, la reconnaissance du problème et le lancement d’un grand emprunt d’État. Il faut aller chercher les talents dont le pays a besoin chez ceux qui en ont eus. Il faut ressusciter les hommes et les femmes dont le génie a fait la grandeur de la France.

Étant donnée l’urgence du moment, la catastrophe naturelle qui règle le sommet de l’État, je demande que l’on ressuscite l’homme qui a su rétablir l’unité du pays, lui redonner confiance, courage, remettre les paysans au travail, rembourser la dette colossale, rétablir la sécurité dans les villes et les campagnes, réorganiser l’industrie et donna à la France son âge d’or.

C’est Henri IV qu’il nous faut comme président de la République car nous pouvons défaire ce que Ravaillac a fait.

Que Madame Touraine débloque les crédits et passe commande à notre institut de la génétique. Il est capable, à partir de prélèvements sur la tête – très bien conservée – d’Henri IV, de revitaliser quelques cellules souches et de mettre en culture un clone du Vert-galant qui aura toutes les qualités dont nous manquons.

Tous les Français se rallieront, comme ils le firent à partir de 1593 à son panache blanc.

P.S.1.- Source : « Histoire de la France » André Maurois, Club du livre sélectionné, T.1, chapitre VII « Comment Henri IV refit l’unité de la France ».

P.S.2.- Sully, le fidèle surintendant des finances d’Henri IV a été l’artisan du redressement. C’est lui qui remit en état les finances, remboursa la dette abaissa des impôts, supprima des péages, favorisa le transport, l’exportation, améliora les voies de communication, développa l’agriculture, favorisa l’industrie et améliora la défense du pays.

On peut dire qu’il fut le héros de l’ombre dans l’épopée du Navarrais. Le nouvel Henri IV aura donc encore besoin d’un Sully à ses côtés. La même opération de reconstruction doit être menée en allant rechercher dans son sépulcre de Nogent-le-Rotrou les cellules adéquates. 
______________

jeudi 30 janvier 2014

MON CONSEIL DU JOUR

Si vous ne savez pas quoi faire de votre argent, jetez-le par la fenêtre. Plus lourd que l’air, il tombera par terre. Attendez seulement que je passe sous elle pour le ramasser avant qu’il ne s’enterre.
__________

UNE PENSÉE DE TITINE

(faussement attribuée à Confucius)

Le fou ne comprend pas ce qui lui arrive.
Le sage comprend ce qui ne lui arrive pas.

__________

LES EXCUSES DE LA SNCF

Entendu en gare de St Pierre des Corps :


« Suite à un bogue informatique, le TGV de 10 h 35 en provenance de Paris-Montparnasse, partira avec 5 minutes d’avance, tandis que le T.E.R. de 10 h 30 en direction de Saumur, arrivera avec 5 minutes de retard. Nous présentons nos excuses aux voyageurs en correspondance. Les billets seront remboursés ou échangés.

La direction de la SNCF, le chef de gare, le personnel sédentaire, les agents itinérants et moi-même, en mon nom personnel, nous nous excusons de ce fâcheux contretemps et les remercions de rentrer leur colère et de garder le sourire ».

__________

LA RETRAITE, QUELLE GALÈRE !


Occuper sa retraite, quelle galère ! Je n’en peux plus, me disait l’autre jour l’ancien garde-champêtre, vivement la quille. Les malheureux, hélas, de plus en plus nombreux, font pour le mieux. Il y a plusieurs écoles, très concurrentielles, chacune avec des orientations différentes et leurs inconvénients. Citons :

-      celle qui prône le retour à la terre et préconise de cultiver son jardin. Mais, planter des arbres, des choux, c’est fatigant pour les lombaires. Il faut ensuite récolter et, dans l’entre-deux, biner, sarcler, traiter, re-bêcher et arroser. Le galérien en bavait moins.

-      une autre privilégie le ludique, l’hédonisme, le farniente et apprend à jouer à la belotte, à la manille, aux petits chevaux, au poker-menteur, à se promener, à bavarder, bref, à passer le temps jusqu’à l’épuiser. Que de l’ennui !

-      la plus tendance, pour ceux qui ont encore une bonne vue, une ouïe fine, de l’argent, de la curiosité, de bonnes jambes leur conseille d’aller au cinéma, au théâtre, aux musées, d’écouter de la musique, de lire, d’écrire, de voyager. En faisant tout ça et encore plus, ils se rempliront de sons, d’images, d’idées qui combleront leur vide intérieur. C’est une bonne solution pour ceux qui supportent les émotions fabriquées, les vies d’emprunt, les bruits étrangers.

-      et puis il y a ceux qui ont enfin le temps de réfléchir aux questions qu’ils n’avaient pas pris le temps de se poser 50 ans plus tôt, quand c’était important, nécessaire, mais ils étaient trop occupés à s’installer, à forniquer, à engendrer, à se pousser. Aujourd’hui c’est possible. Il n’y a plus à postuler, à intriguer, à jalouser, à lécher, à trahir, à investir, à s’enrichir, à s’élever. On découvre qu’on va partir, mais on ne sait pas où. Ça intrigue, inquiète. Est-ce que notre grande intelligence, notre esprit brillant, notre raison pure s’évaporent avec le reste ou retombent en poussière dans le terreau du cimetière ?

S’il est masochiste et veut en savoir toujours plus, il va jusqu’à se demander si sa belle âme a sa place dans le cerveau ou si elle habite à côté…

Plus le temps passe, plus l’urgence de la fin se fait pressante. Les réponses aux questions sans réponse révèlent leur véritable nature et ces philosophes tardifs, furieux de s’être laissés prendre à un questionnement imbécile, se réveillent, la nature faisant bien les choses, la sagesse fait son apparition. Ils lisent Lucrèce, Épicure, les stoïciens, les cyniques et, habituellement, trouvent la sérénité avant l’ictus terminal.

Vous choisirez, dans ce panel d’offres, celle qui convient à votre riche personnalité et saura vous faire passer vos derniers moments le plus agréablement possible.


__________

mercredi 29 janvier 2014

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a ceux qui doutent de tout et ceux qui doutent de rien. Dans la réalité, le verbe est en désaccord avec le complément d’objet indirect puisque les premiers ne font rien ou très peu car trop sceptiques tandis que les seconds infatigables et sans peur sont prêts à tout ou du moins à faire beaucoup.

___________

LA COLÈRE DU JOUR

La poussée des extrêmes et la montée des périls, la descente aux enfers et la chute du moral, l’augmentation du chômage et l’accélération du déclin ne doivent pas faire oublier, Tonnerre de Brest ! la tiédeur de la couette et les plaisirs de l’oreiller, qu’au bout de la semaine, c’est la fièvre du samedi soir et le tourbillon de la valse et, surtout, et qu’enfin, le 20 mars c’est la fin de l’hiver et le début du Printemps.  

___________

AVIS D’INONDATION À LA POPULATION

Le service des eaux de la mairie de Belle-Mer en Terre (17999) communique :

« Suite à une conjoncture lunaire qui n’avait pas été prévue par l’éphéméride des marées du phare des baleines, le coefficient de la prochaine pleine mer atteindra 278. Conséquence de cet étiage astronomique et inédit, les vagues dépasseront de 2,5 mètres le niveau de la digue qui protège le lieu-dit "Le jardin d’Éden", lotissement où 250 nouveaux et heureux propriétaires et locataires viennent d’aménager. Il faut s’attendre à une arrivée massive d’eau salée dans les rues, caves et, au moins, jusqu’au plafond du premier étage.

Les habitants concernés sont priés de se reporter à l’annexe 3 bis de leur permis de construire où sont détaillées les mesures à prendre dans un cas comme celui-ci :

-      fermeture hermétique du sas de la porte d’entrée de devant et de celle de service de derrière ;

-      fermeture des baies coulissantes du rez-de-chaussée renforcée par les étais prévus à cet usage :

-      fermeture des fenêtres du premier étage et des volets étanches ;

-      conduire les véhicules en état de marche sur le parking de la dune situé au milieu de la place du 14 juillet.

Les personnes qui souhaitent rester dans la chaleur de leur foyer devront se regrouper dans le grenier et se préparer à une éventuelle évacuation par hélicoptère.

Nous ne tolérerons aucune panique de la part de personne et le garde-champêtre a autorité pour verbaliser en cas de dérapage. Vous attendrez dans le calme que les pompes aient eu le temps d’évacuer l’eau surnuméraire des caves, égouts, des rues, pour débarrasser le plancher des poissons morts. Grâce à la diligence du service technique les beaux-marins et les belles-marines devraient rapidement retrouver le sec et le calme.

Merci de votre attention et de votre compréhension». 


___________

mardi 28 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR

Si vous voulez avoir une fin plaisante, apprenez à mourir de rire.

_________

LE CERCLE VERTUEUX


La civilisation des loisirs à laquelle s’adonnent certaines nations a besoin pour prospérer de la civilisation du travail qui en pousse d’autres à se fatiguer pour gagner de l’argent qui leur permet de manger et d’en prêter à ceux qui préfèrent s’amuser, dormir et rêver.

Qu’est-ce qui arrive le jour où les uns demandent de rembourser l’argent dû aux autres qui, sans travail n’on pas de revenus. Il leur faut se remettre au travail pour gagner l’argent de la dette. Avec cet argent, les travailleurs peuvent enfin prendre des vacances, apprendre à ne rien faire et regarder les feignants d’avant s’éreinter à travailler.

Tout le monde est content. Les uns de se reposer enfin, les autres à l’idée de redevenir bientôt capables de s'endetter pour n’avoir plus, un temps, à travailler.


___________

UNE FATALITÉ FRANÇAISE


Depuis Alesia, Crécy, Azincourt et j’en saute quelques unes pour arriver à Trafalgar, la Bérézina, Sedan, Mers el-Kébir, au sabordage de la flotte à Toulon, Dien Bien Phu, Kaboul, le haut état major de l’armée française a le culte de la défaite et, même une fois, avait su, avant 1940, préparer la débâcle.
À chaque fois, il fait pleurer de honte et de chagrin par sa volonté de suivre des stratégies imbéciles, de prendre des décisions idiotes et de sacrifier des soldats innocents. Toujours avec morgue, orgueil et dans le déshonneur qui suit.

Seuls se réjouissent les ennemis de notre pauvre et vieux pays défendu par des incapables aussi dangereux. Ils obéissent sans déserter, sans démissionner, sans se suicider, à une clique de politiciens dégénérés. C’est dire que l’avenir n’est pas drôle pour ceux qui s’enlisent dans les sables du désert ou sont aux aguets à l’ombre d’un baobab.



Pour plus de renseignements sur l’armée française, se reporter au Dico sans queue ni tête à « A comme Armée Française »


___________

lundi 27 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR SI VOUS VOULEZ FAIRE DÉPLAISIR

Merci, votre exemple (avis, conseil, opinion au choix) est à méditer et à ne pas suivre.

______

DIALOGUE DE SOURDS CONSTRUCTIF

Lui : « Encore une fois, c’est extraordinaire, étonnant, que du bonheur ! je ne trouve pas mes mots ! »

Moi : « Vous n’exagérez pas un peu ? »

Lui : « Non, vraiment, je suis sincère. Je n’ai rien lu d’aussi intéressant ailleurs ».

Moi : « Qu’est-ce que vous avez aimé ? »

Lui : « Tout, la virulence de la dénonciation d’une situation insupportable, l’étonnement légitime devant l’indifférence des soi-disant responsables et le silence des uns et des autres ».

Moi : « Cela vous a étonné, vous aussi ? »

Lui : « Comment ne pas l’être, ne pas réagir devant tant de lâcheté, de médiocrité ? »

Moi : « À croire que les gens s’en accommodent, qu’ils aiment ça et pas ceux qui contestent, protestent proposent des idées originales, des pensées profondes ».

Lui : « Oui, Attali est de cette trempe. Ses perspectives à la dernière page du dernier Express est comme toujours une belle contestation de l’enseignement dit supérieur et il fait des propositions évidentes, claires, révolutionnaires. Il met le doigt où ça fait mal et montre comment s’en sortir par le haut avec panache. Une nouvelle fois il est éblouissant. Ah, si Sarkozy n’avait suivi que la moitié de ses suggestions, il serait encore en selle et en route pour le Panthéon.

Si on l’écoutait, l’Université retrouverait toutes ses facultés et ne serait plus sourde, muette et aveugle, devant les temps qui arrivent en changeant. Attali, quel Cid ! »
_________


dimanche 26 janvier 2014

UNE RÉFLEXION SANS INTÊRET

Le temps perdu à lire de fausses nouvelles n’a aucun rapport avec le pain perdu à savourer avec du sucre.

_________

UNE PENSÉE MÉTÉO-PHILOSOPHIQUE

Il y a trop de mauvais temps pour avoir envie qu’il dure plus longtemps.

_________

LA QUESTION DU JOUR

À votre avis, quand perd-on vraiment son temps :

  • -      à parler ou à se taire ?

  • -      à regarder ou à fermer les yeux ?

  • -      à reculer ou à avancer ?

  • -      à l’aller ou au retour ?

  • -      à ne rien faire ou à en faire trop ?

  • -      au début ou à la fin ?


_________

LE CAS CLINIQUE DU JOUR

Un sourd-muet aveugle est sérieusement handicapé mais il peut s’en sortir, nous dit en souriant un rééducateur spécialisé dan la rééducation des sourds-muets-aveugles et il explique :

-      avec un implant cochléaire, il peut entendre ;
-      avec le braille, il peut lire ;
-      avec une machine à écrire, il peut écrire (on privilégie l’hypothèse qu’il n’est pas un double manchot) ;
-      et sa mutité lui laisse le temps de réfléchir plus longtemps.

Mais, ajouta-t-il en pleurant : je ne peux rien pour celui qui n’écoute pas ce qu’on lui répète, qui ne voit pas ce qui est évident et qui ne sait pas quoi dire. C’est un incurable irrécupérable !

_________

samedi 25 janvier 2014

LA PIÈCE DU JOUR

Nous autres, les critiques de théâtre avons parfois du mal à garder l’objectivité  qui sied à notre interprétation de la fonction épidictique de la rhétorique aristotélicienne.

Je m’y suis contraint au sortir de la première, au théâtre Austerlitz, de la reprise du Fantôme de Madame dans une mise en scène d’Igor Ivanovitch. Dans ma critique, je ne livre que des sentiments  débarrassés de toute passion parasite.

L’honnêteté me force à dire que l’imagination de l’auteur rejoint le sublime du Dante de la descente aux enfers. Il nous foudroie par le réalisme de la révélation du sordide des mœurs aristocratiques. Les personnages ont une force qui dépasse celle des possédés de Dostoïevski. La réalisation est stupéfiante de créativité et parait une production de DreamWorks. La subtilité du  jeu des acteurs, leur engagement débridé  transcendent des dialogues écrits au couteau dans une langue parnassienne, un monologue qui nous a fait oublier celui d’Hamlet et des silences qui nous replongent dans le grand Bleu.

Les spectateurs,  en 1942  , du Théâtre Saint-Georges ne savaient pas qu’ils regardaient un chef d’œuvre qui se cachait sous le vaudeville égrillard censé leur faire oublier les temps qui sévissaient dehors.

Merci à Igor Ivanovitch d’être venu de sa Sibérie pour nous révéler la dimension shakespearienne, la consistance racinienne et la jeunesse éternelle du Fantôme de Madame. 

PUB RÉDACTIONNELLE


Vous, les lecteurs de «Détective», de la Série Noire, Blême, Rouge Sang, des « Rois Maudits », de Steve Kong, de Stephen King, de Pagan, qui adorez « Saw », « Bones », « Dexter », « Faites entrer le coupable », vous allez aimer « le Journal de Minuit, l’heure du crime », un quotidien nouveau pour les travailleurs de la nuit, les insomniaques, les noctambules, les nyctalopes.

Toutes les informations proviennent de source sûre. Elles sortent de la bouche des victimes sur leur lit d’hôpital, quand elles ont survécu au carnage. Ce sont les aveux de l’assassin qu’il a livrés à notre reporter dans le couloir de la mort, dans le parloir du cachot de sa prison de haute sécurité où il purge sa perpétuité. S’il attend encore sa mise en examen, vous trouverez en intégralité les confidences du juge en charge du secret de l’instruction ou du gendarme arrivé le premier sur les lieux du crime.

Nos autres sources sont protégées par le secret professionnel et nous ne ferons qu’en énumérer quelques unes : il y a les affranchis, les infiltrés, les repentis, les indicateurs, les agents doubles et tous les autres qui aiment naviguer en eaux troubles. Ils travaillent dans l’ombre, au péril de leur vie et de celle de leurs proches, quand ils habitent en Balagne, en banlieue, à Marseille, à Neuilly.

Nous devrons nos exclusivités à des informateurs bien placés aux endroits stratégiques de la grande délinquance, de la haute pègre et du banditisme de grand chemin.

Ce ne sont pas nos seules sources et nous recevons les confidences d’époux trompés, de candidats malchanceux, de retraités d’office. Les dénonciations par lettres anonymes alimenteront une rubrique dont nous attendons beaucoup et qui s’appellera « Rumeurs des bas fonds ».

L’argent est un puissant stimulant pour motiver nos informateurs qui travaillent en free-lance. Ils le font en complément de ressources. On a, dans cette catégorie, les matons, les huissiers, les aides-soignants, les femmes de ménage, les greffiers, les concierges, les coiffeurs pour dames, les péagistes, les plagistes. Nous avons un service qui traite uniquement avec les chicoteurs de poubelles.

Nous faisons un journalisme d’investigation, de dénonciation et de salubrité publique. Notre but est de punir les coupables, de clouer au pilori les faux innocents et d’étaler au grand jour les crimes censurés. Il apporte une bolée d'eau pure à la presse de caniveau.

« Le Journal de Minuit » n’est pas pour ceux qui s’intéressent aux coucheries royales ou présidentielles, aux OPA hostiles, aux classements des grandes écoles, aux krachs du CAC 40, aux fortunes des chirurgiens capillaires, au dernier lifting de Madame X. Vous n’y trouverez pas de recettes de cuisine, de prévisions météo, de prédictions astrologiques, de mots fléchés, croisés, le récit de la nuit des noces secrètes de madame L. R. avec monsieur F. M.. Il n’y aura que du véridique, du cru, du sanguinolent, des pleurs, du suspens, de l’incroyable vrai. Enfin, tout ce qui, dans la vie, donne envie de mourir.


Notre slogan : Le Journal de Minuit : le journal de vos nuits blanches et, quand vous dormez, celui de vos cauchemars.

__________

vendredi 24 janvier 2014

RÉPONSE CIRCONSTANCIÉE À QUI DE DROIT


La règle de trois est la preuve arithmétique de l’intelligence supérieure de l’homme et sa qualification pour une vie éternelle en milieu protégé. Mais beaucoup d’exemples de la vie animale font douter de son exclusivité dans le domaine des fonctions intellectuelles, artistiques, sociologiques. Les exemples sont nombreux : l’araneus diadematus tisse une toile orbiculaire à l’architecture d’une beauté absolue : la technique d’élevage de l’hippocampe moucheté fait des papas poules des pères dénaturés et ne parlons pas de la division du travail dans la fourmilière ou la ruche. Le système de navigation des oies cendrées, des hirondelles de cheminée et des pigeons voyageurs a une précision et une miniaturisation qui surpassent le plus performant des GPS ou la centrale de navigation de la plus récente des fusées balistiques. Le savoir-faire des uns, la complexité de la vie sociale des autres prouvent à l’envie que nous ne sommes pas les seuls à être une merveille naturelle.

Beaucoup ne reconnaîtront jamais le droit à une égalité de valeurs et de traitement pour toutes ces bestioles qu’ils éradiquant, écrasent, assassinent, massacrent avec une insouciance qu’ils doivent à l’impunité. Une exception accepte une parenté, une fraternité et les respecte. Un animalophile de mes amis se demande même si l’escargot de Bourgogne – commensal  fidèle de son carré de laitues et de batavias n’a pas, grâce  sa lente sagesse, sa méditation silencieuse et sa patiente obstination, dans un repli d’une circonvolution, l’équivalent d’une Iliade et de son Odyssée. Seule l’absence de cordes vocales l’empêcherait de la conter et le manque de doigts de l’écrire. Je le vois saliver (l’escargot) rien que d’y penser et on ne peut douter de son envie d’en parler.

Mon ami le protège, l’observe, attendant le signe qui lui permettra d’engager le dialogue avec son hélix pomatia domestique. Pour le moment, il ne sort pas de sa coquille dont il a obturé la porte, en retraite philosophique dont il ne veut pas être dérangé.

Comme dans l’espèce humaine, il y a chez nos voisins terrestres et souterrains des degrés dans l’intelligence ou la débrouillardise. Certains profitent des autres ou se tirent mieux d’affaire. Ainsi la fourmi se fournit en sucre en trayant le puceron. Notre escargot silencieux penseur est moins exposé que la limace qui se promène toute nue tandis que lui a son home mobile sur le dos. Il lui permet de se mettre à couvert n’importe où.

Pour plus d’exemples, relisez monsieur Fabre ou regardez des documentaires animaliers sur Terre Vivante.

La contemplation de la vie humaine et animale amène à une comparaison peu flatteuse pour celle-là. Une forêt vierge laissée à elle-même reste vierge tant qu’elle est livrée à elle-même. Seules les intempéries peuvent venir la violenter un instant. Une population humaine ne peut vivre ensemble sans entrer dans l’histoire qui sera une succession de guerres, de révoltes, de révolutions, de fractions, de frictions. Même les familles se déchirent, se font des procès. La chienlit n’est jamais loin. L’intelligence  de l’homme crée immanquablement le chaos, la pagaille, la discorde, les grèves, les prisons ; celle des animaux, l’harmonie, la paix, la concorde, la cohabitation sans racisme, sans rancune. Ils acceptent de vivre en copropriété sans avoir besoin de syndic. Les animaux, petits ou grands, ne sont pas bêtes.


__________

jeudi 23 janvier 2014

L’AUTRE QUESTION EN SUSPENSION


Pourquoi un travailleur au chômage et qui n’en profite pas pour penser serait plus à blâmer qu’un penseur au repos qui n’en profite pas pour travailler ?
___________

LA DISERTATION MINUTE

Êtes-vous de ceux qui préfèrent quelqu’un qui en fait trop ou de ceux qui préfèrent quelqu’un qui n’en fait pas assez ?

Développez. Dépêchez-vous, dans une minute je ramasse les copies !

___________

LE COIN DU NEUROLOGUE


Si vous êtes incapable de voir ce que vous regardez, d’exprimer une pensée cohérente, de raconter une histoire drôle, d’avoir une réflexion intéressante, de faire un commentaire pertinent, de répondre à la question, d’écrire une phrase, de lire une ligne, ne culpabilisez plus, ce n’est pas de la mauvaise volonté, un manque d’attention, un défaut d’intelligence ni même une bêtise congénitale et encore moins une banale constipation des sentiments au stade terminal. Vous êtes innocent, c’est plus fort que vous : vous êtes simplement victime de ce qui fait la joie du neurologue quand il lui arrive d’en faire le diagnostic.

Vous associez à une agnosie, une agraphie, une alexie. Le tout peut se combiner en une aphasie de Wernicke quand, extrémiste, vous ne faites pas les choses à moitié.

Si vous ne comprenez pas le grec de cuisine et préférez un bon français, on peut résumer votre situation en écrivant que vous avez un trouble de la reconnaissance des objets jusqu’alors parfaitement identifiés. Cette cécité psychique se combine à une perte de l’écriture et, malheureusement pour les libraires, à une incompréhension du langage écrit.

Pour vous rassurer, soyez sûr que vous n’avez pas une véritable surdité verbale ni une aphémie de Déjerine. C’eût été embarrassant pour vous et votre entourage.

Votre problème ne se situe, ni au niveau du pancréas ni de la vésicule biliaire et encore moins à celui de l’auricule de votre oreillette gauche (celle qui est située au-dessus du ventricule).Il signe simplement  une petite lésion de votre hémisphère gauche et qui intéresse le gyrus supramarginalis, le pli courbe et la partie adjacente des 1ère  et 3ème circonvolutions temporales.

C’est bien dommage et cela peut susciter des réflexions désobligeantes qui, heureusement, vous ne comprenez pas.

Tout est donc pour vous, malgré tout, au mieux dans le meilleur des mondes.


_________________

mercredi 22 janvier 2014

CHRONIQUE GASTRONOMIQUE

Si vous aimez le monde de la mer, je peux vous donner l’adresse d’un poissonnier-traiteur qui vaut la traversée. Je vous recommande en particulier ses tripes de marsouin à la mode de Fécamp et son pâté breton à base d’huîtres sauvages, de palourdes farcies et de chair de tourteau. Il faut goûter aussi à sa compotée de soles meunières marinées dans un coulis d’œufs de flétan et de crevettes grillées. Si vous pouvez vous le payer, essayez son loup de mer à l’arête, fourrée de lieu commun sur un lit de varech (bio). Puriste, il cuisine à l’huile de foie de morue de première pression.

__________

LA CURIOSITÉ DU JOUR

L’absence de battements du cœur permet de distinguer le mort du vivant.
L’absence d’esprit critique ne permet pas de distinguer le vrai du faux.
Curieux, non ?

___________

LA QUESTION DE L’AUTRE SEMAINE

J’ai beaucoup aimé la question irrévérencieuse posée par un journaliste impudent (et étranger) :

« Monsieur le président de la République Française, comment expliquez-vous qu’un homme ordinaire, devenu un président normal, soit aujourd’hui le polygame français doté du pouvoir exécutif le plus grand ? »

___________

mardi 21 janvier 2014

LE CONSEIL D’HIER, POUR LES RETARDATAIRES

Si vous avez peur de vous ennuyer et envie de vous amuser, joignez l’utile à l’agréable.

__________

Ceux qui ont érigé la paresse en droit fondamental ont compris, avant le reste du monde, qu’elle était une défense naturelle contre la fatigue musculaire et cérébrale. Une politique de prévention éthiquement opposable passait logiquement par un encouragement au développement du repos, du farniente, du chômage et la disparition programmée des efforts productifs, principale source des maux déjà dénoncés.

Il leur faut décourager par tous les moyens les efforts désespérés des voyous qui ne se lassent pas de faire des offres d’emploi pour s’engraisser de la fatigue des travailleurs et des travailleuses réduits au travail. Ils ne triompheront pas de ceux qui offrent des vacances pour profiter des congés payés et évacuer une énergie qui n’a heureusement plus à s’employer ailleurs car trop fatigante.

______

AU TRIBUN INCONNU


En ce jour qui restera unique dans les annales du temps, nous rendrons hommage au tribun inconnu qui, le premier, occupa une tribune libre.

Il fut celui qui osa, enfin, défier le conservatisme borné, hérité d’habitudes ancestrales et qui paralysait les arts, les lettres, la science.

Considérée par la pensée dominatrice comme irrespectueuse, insignifiante, incorrecte, intempestive, la tribune libre a fourni depuis toujours aux intelligences supérieures, aux esprits éclairés, aux inventeurs, le moyen de libérer l’humanité de la peur, des archaïsmes, de la bêtise.

Saluons donc, en ce jour mémorable, les tribuns libres qui ont instruit, appelé à la révolte, appris à respirer, à vivre.

Il y a des tribunes libres qui retentissent encore et pour toujours :

-      Le sermon sur la montagne ;
-      Le cri d’Antigone ;
-      Le désespoir enragé de don Diègue ;
-      La trahison des clercs ;
-      Les animaux malades de la peste ;
-      Le « J’accuse » ;
-      Français, encore un effort ;
-      Le discours du roi ;
-      L’appel du 18 juin 1940 ;
-      Le discours de Malraux ;
-      Le chant des partisans.

Un autre jour, nous parlerons, pour n’en dire rien de bien, des tribunes prisonnières des politiciens, des idéologues, des sectaires, des tartuffes et d’où ils tiennent des discours, font des sermons, lancent des harangues, des diatribes, pour nous soumettre, nous mentir, nous trahir.


___________

LE CONSEIL POUR DEMAIN

Compte tenu de l’état des lieux, de la situation du moment et des perspectives d’avenir, il faudrait consolider les fondations, installer une climatisation et renforcer l’isolation.

__________

lundi 20 janvier 2014

Une fois de plus, vous avez raison, vous auriez tant à dire si vous n’aviez pas tellement à faire et que vous eussiez le temps d’y penser.

______

AU BONHEUR DES DAMES

Il marchait lentement ;
il réfléchissait longuement ;
il mangeait tranquillement ;
il parlait calmement ;
il attendait patiemment ;
il regardait placidement ;
il avait un surnom qu’on peut lire dans le titre.
_________


L’INVENTION DU SIÈCLE À VENIR, DISPONIBLE DÈS AUJOURD’HUI


Un fameux prix Nobel de médecine physique vient de lever le voile sur sa dernière invention : la douche à sec pour les hydrophobes, ceux qui n’aiment pas se mouiller ou qui ne veulent pas s’essuyer.


Concept : il s’agit d’une douche en circuit fermé, recyclable aux étonnantes propriétés : nettoyage en profondeur de la peau avec désincrustation des taches, points noirs et aux saletés visibles et invisibles. Une fonction ponçage concomitante est associée gratuitement.

Description et mise en œuvre : l’ensemble fonctionne sur secteur, batterie ou courant continue 12 V par cellule photovoltaïque.


La douche peut être fixe et remplacera celle existante. L’encombrement est le même. Il existe un modèle mobile dépliable, la partie technique miniaturisée tient dans un attaché-case. Il est destiné aux gens qui voyagent.


Principe : L’eau est remplacée par un courant enveloppant circulaire d’une poussière de pierre ponce issue des retombées d’un volcan islandais encore en activité et éloigné de toutes sources de pollution.


Le jet d’air à la température du corps propulse, à la vitesse adéquate, un courant de poussière calibrée en fonction de la finesse cutanée et de la tendreté de la chair. Il provoque une dermo-abrasion contrôlée pour enlever la première couche des cellules mortes de l’épiderme et avec elle toutes les cochonneries récoltées durant la journée (et la nuit) ainsi que la sueur, les mauvaises odeurs, les poussières de la rue, de la maison, les poils du chat, du chien, des souris, les acariens mangeurs de peau morte, etc.

La poudre abrasive, après son action épurative est éliminée par une ventilation-aspiration. Elle subit un nettoyage accéléré avec tamisage, passage dans un bain d’enzymes protéolytiques qui la débarrasse de tous les éléments organiques récoltés. Ultime traitement : un passage sous une rampe de micro-ondes provoque la stérilisation complète de la pierre ponce en poudre qui est prête pour un nouveau cycle.

Des options complémentaires ont été ajoutées pour satisfaire les cas particuliers.

Les peaux salies par des matières grasses particulièrement rebelles auront intérêt à prendre le modèle spécial peaux oléagineuses. La poudre subit l’enrobage d’un détergent biologique dermo-compatible. Le modèle concerne en particulier les charcutiers, les mécaniciens auto et poids lourds et, bien entendu, les adolescent(e)s acnéiques ou comédoneux.


Ceux qui ont la nostalgie de vacances en Laponie choisiront l’option sauna.


Après la douche sèche classique, une ventilation d’air chaud (sec ou humide) d’une température et d’une durée adéquates sera suivie, si vous le souhaitez, d’une immersion rapide dans un air à 0°C qui vous rappellera votre plongeon dans l’eau glacée du lac.


Avantages : Ils sont multiples et incomparables :


Elle économise l’eau de qualité devenue rare, donc précieuse. Celle que vous utilisez pour vos ablutions habituelles est celle du robinet. Elle est pour 99% de l’H2O mais son reste est constitué de métaux lourds, de pesticides, de sulfates, de nitrates et, dans certaines régions plus agricoles que d’autres, de lombricides, d’herbicides, des fongicides, insecticides, etc.. Tous ces produits allergisants, cancérigènes, stérilisants, remplacent sur votre peau ce que le courant d’eau a enlevé et pénètrent lentement dans votre corps. Bonjour les dégâts. Avec l’invention du père Nobel, tout cela appartient au passé. Vous trouverez cette peau de velours, celle dont vous avez rêvé et que vous n’avez jamais eue.

Dépêchez-vous de passer commande. Il n’y en aura pas pour tout le monde !



__________

dimanche 19 janvier 2014

MAUVAIS PERDANT

Il avait toujours fait la course en tête par orgueil, esprit de chef, sens de l’honneur, goût des honneurs. Le jour où il arriva deuxième, il refusa de le croire, ne se reconnut pas dans le perdant qu’il voyait dans la glace. Furieux d’être pris pour un autre, il se jeta par la fenêtre, dans le vide, certain, cette dernière fois, de ne pas être rattrapé.

__________

LE CONSEIL DU JOUR

Vous avez le cœur bien accroché sur la main ; la tête froide sous le bonnet ; l’humeur joyeuse et de l’humour à revendre, le sang chaud et les nerfs solides : vous avez raison d’être content de vous. Surtout, ne changez pas.

_____________

L’HOMME PROVIDENTIEL

Si vous êtes fidèle à vos idées, à votre amour, à vos amis ; si vous êtes honnête, courageux, travailleur ; si vous n’aimez pas les hypocrites, les paresseux, les courtisans, les menteurs, les sectaires, les fanatiques, vous êtes l’homme qu’il nous faut, celui de la situation, celui que l’on attend, dont la France a besoin : devenez Président.

_______

samedi 18 janvier 2014

LEUR VIE EST BELLE

Ils la passent :
  • à manger des cochonneries ;
  • à boire des saloperies ;
  • à regarder des idioties ;
  • à lire des inepties ;

mais, heureusement pour eux, ça dure pas longtemps car ils s’ennuient à mourir.

__________

LA PSYCHIATRIE POUR LES NULS


Vous connaissez assez bien la neurologie et savez ce qu’est un réflexe. Pas la peine de s’y éterniser. Par contre, la psychiatrie, c’est terra incognita. Il est temps d’y palier pour éviter d’y tomber. Il y a des mots, des termes incontournables, même dans une conversation de café du commerce. On se bornera dans ce premier chapitre à quelques définitions de base.

Paranoïa.


C’est la défiance systématique des autres et qui peut aller pour les plus extrémistes à la peur de soi.

Schizophrénie.


C’est la cohabitation de deux personnalités divergentes. D’où des problèmes de Copropriété.

Maniaco-dépression.


Là encore– mais seulement en alternance – on a un problème de cohabitation avec la succession d’une vision en noir de la réalité alors que la normalité dirait qu’elle est seulement grisâtre.

Elle provoque une tristesse pouvant atteindre des degrés extrêmes et insoutenables entraînant une fin regrettable mais considérée par certains psychiatres comme naturelle. Mais l’humeur heureusement changeante, bascule ensuite vers l’euphorie, l’agitation et un activisme qui peut être fatigant pour lui et l’entourage.

Le T.O.C.


Ou trouble obsessionnel compulsif. C’est amusant seulement quand on en parle. Quand on en subit un, c’est épuisant de passer son temps à se laver les mains, à compter ses pas, à vérifier si on a fermé le gaz, l’électricité, la porte, le portail,. Si vous avez un T.O.C., ça se soigne et ça peut même guérir.

Hystérie.


Se conjugue surtout au féminin mais depuis que l’incertitude règne sur le partage des sexes, se voit aussi au masculin. C’est une situation qui peut être embarrassante quand elle s’exprime de façon spectaculaire. Sa forme habituelle et discrète, familiale, acceptable et le plus souvent ignorée.

Le psychorigide.


Décrié et à réhabiliter! On le décrit comme la statue du commandeur : brut de décoffrage, confit en certitude, incapable de changer d’idée, n’en démordant pas, etc. Il n’est pas dans l’air du temps le psychorigide. On lui préfère le mollasson, l’indécis, la girouette, le consensuel, l’homme de cour, habile à suivre le vent, à signer le compromis. Le psychorigide, quand il est intelligent et de bonne moralité, peut devenir une grande figure s’il a une certaine idée à défendre, s’y tient, combat pour elle. C’est alors un chef, un leader, un homme ou une femme d’État. Désavoué, il démissionne, fidèle à son idée, la seule, la bonne, indifférent à celles des autres, interchangeables, miscibles, périssables, négligeables.

Il est dangereux quand son idée est mauvaise et son fond pourri. S’il devient empereur ou dictateur, c’est la catastrophe. Malheur à ceux qui ne partagent pas sa bonne idée. Il fait le bonheur des fanatiques, des idéologues, des sectaires qui ont la même et qui trouvent avec lui le moyen de l’imposer à ceux qui en ont une autre.

____________

Attention, ces notions si intéressantes ne s’appliquent pas à vous. Vous n’êtes rien de tout cela. Vous êtes un modèle d’équilibre psychiatrique. Vous êtes un produit standard avec juste un petit brin de folie qui fait de vous un être d’exception, follement original, spirituel comme tous vos admirateurs (trices) le proclament.

Non, je vous répète que ce n’est pas une attaque personnelle. Vous n’êtes pas concerné.

Ne soyez pas triste mais arrêtez aussi de m’embrasser et de vous moucher. Vous devriez vous changer les idées avec « Comment faire pour arrêter… ».  


__________

vendredi 17 janvier 2014

LE VOYAGE INSTANTANÉ


C’est facile, comme le café instantané.

Assis dans un fauteuil, sirotant un verre de Nimbu Paani, vous recevez un seau d’eau tiède sur la tête : vous êtes à Calcutta, en pleine mousson, tout mouillé à une terrasse du Pipal Tree Hotel.

Debout devant un ventilateur surpuissant, une pluie à plus un ou deux degrés se déverse sur vous. Fouetté par le vent et aspergé par une eau glacée, vous vous sentez transporté au pôle sud (plus cher, plus chic, plus loin que le Nord) ou, si vous préférez rester en territoire français, en Terre Adélie. Mais le dépaysement est minoré : les pingouins parlent français. Le choc est plus thermique que visuel. En une seconde chrono vous allez avoir l’impression de mourir de froid dans un vent glacial, d’autant que vous êtes en maillot de bain. Nous vous conseillons un retour rapide à Calcutta, un jour de pleine mousson, pour éviter l’hypothermie.

Mon agence de voyages instantanés n’organise pas que des incursions dans l’Inde mystérieuse ou à l’extrémité sud du globe. Elle vous propose – en exclusivité – beaucoup d’autres destinations insolites où vous vivrez des aventures étonnantes. Vous pourrez, pour un prix très étudié, sans bouger de chez vous :

-      Tenter la face Nord de l’Eiger ;
-      Vivre un typhon à la Jamaïque ;
-      Survivre à un tremblement de terre à Nagasaki ;
-      Affronter une tempête de sable dans le désert de Gobi ;
-      Expérimenter un enlisement dans les sables mouvants du Mont St. Michel.

Nous nous chargeons de tout. Une équipe spécialisée débarque chez vous, installe le décor de votre choix et l’ambiance sonore (elle vous met en situation psychologique). Généralement il y a une répétition – à blanc – de la séquence afin que l’émotion puisse s’exprimer avec l’intensité souhaitée (trois niveaux sont possibles : minimum – moyen – maximum. Pour cette option un certificat de bonne santé est requis).

Le voyage est enregistré par une vidéo qui aura beaucoup de succès auprès de vos amis, accompagnée d’une interview réalisée à chaud par un élève de Nelson Monfort. C’est un souvenir que vous réécouterez en famille avec plaisir et un petit plus qui signe l’originalité de notre agence.

N’hésitez pas, le concept est unique. Le voyage est écologique, sans taxe ni empreinte carbone. Il respecte l’environnement. Pas de vaccination, de risque de paludisme, pas de piratage, de visas, de grèves des contrôleurs du ciel, des pilotes d’Air-France, de crash, de turista, etc.

Il est temps de s’inscrire pour ce qui va être le succès de l’année : le voyage sur Mars. Il y a déjà une liste d’attente.


_________

jeudi 16 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR


Puisque vous n’avez rien à dire, à redire, à dédire, à médire, par pitié : taisez-vous !

_________

SERVICES À LA PERSONNE


Vous auriez tant à dire mais vous ne le pouvez pas. C’est la faute à une éducation répressive, à un excès de scrupules, à une timidité maladive, à un manque de courage, à une trouille congénitale, à un défaut d’élocution, à une perte des moyens, à une insuffisance de vocabulaire, d’orthographe et, il faut l’avouer, même si cela vous coûte, de grammaire ou, le plus souvent, à une banale constipation des sentiments.

Bref, vous restez coi(te) et vous enragez, vous trépignez intérieurement, faute de pouvoir ou de savoir exprimer tout ce qui vous reste sur le cœur (ou sur l’estomac).

Ce que vous avez en réserve mériterait pourtant d’être étalé au grand jour. Vous devriez vous libérer de vos frustrations en réglant vos comptes, en remettant à leur place ceux qui le méritent, en leur disant leurs 4 vérités. Ils verraient de quel bois vous vous chauffez. Ça vous fait tellement de bien de le penser, imaginez celui que vous auriez en le disant à haute et intelligible voix, en l’écrivant avec la férocité dont vous seriez capable, si vous ne la maîtrisiez pas trop bien.

C’est là que j’interviens et suis votre serviteur. Pour un prix modique, fixé avec tact et mesure, adapté au solde de votre compte bancaire, je me substitue à votre empêchement idiosyncratique ; j’interviens à votre place, je me confronte avec votre problème. Je suis votre double parlant et agissant en lieu et place. Vous restez dans l’ombre, incognito, comptant les coups, assistant à la scène par procuration.

Vous m’aurez auparavant expliqué votre dilemme, votre problème. Vous travaillez depuis si longtemps sur le dossier d’accusation que cela vous est facile. Je suis une oreille attentive, compatissante, empathique. Je sais que vous avez raison, qu’il est temps de vider votre sac pour prendre un nouveau départ, vous venger et tout et tout.

Une fois au parfum, j’écris le texte, je vous le soumets pour peaufiner les détails et pouvoir appuyer plus fortement là où ça fait mal. Je m’adapte à toutes les confrontations. Mon répertoire est suffisamment vaste pour me le permettre.

 J’exécute le plus souvent mon numéro de redresseur de torts face à :


·         un(e) conjoint(e) abusif(ve), égoïste qui abuse de votre temps, de votre argent, de votre corps ;
·         un patron qui vous exploite, vous méprise, vous pelote, vous paie mal ;
·         un(e) ami(e) qui vous énerve, vous ennuie, vous doit de l’argent ;
·         un fils, une fille qui s’incruste, ne travaille pas, vous prend pour son valet, sa bonne, vous vole et que vous aimeriez envoyer au diable ;
·         un voisin bruyant, mal élevé, violent. 


Selon le cas, je prends rendez-vous ou je crée un face-à-face fortuit. Là, les yeux dans les yeux, je lâche le paquet. Je déballe, j’assène, je menace, je dénonce, j’étrille. Généralement la surprise est totale. Il (elle) ne se savait pas si transparent(e), si connu(e) d’un inconnu. Abasourdi(e) il (elle) est trop estomaqué(e) pour réagir. De toute façon je ne laisse pas le temps d’une réplique, j’occupe le terrain que j’abandonne quand j’ai fini ma diatribe. Je me retire alors, grand seigneur, après l’estocade et laisse l’autre K.O. debout. Tout est enregistré et la cassette est remise avec la facture. L’écouter est pour le(la) client(e) une récompense dont il (elle) ne se lassera pas de la rediffusion.

Je peux aussi écrire une lettre circonstanciée pour qui veut régler des comptes à distance. Il s’agit habituellement de manifester une désapprobation complète, de ridiculiser une prise de position qui contredit la vôtre, de se moquer cruellement d’une habitude que vous trouvez insupportable, de critiquer vertement et même éventuellement de proférer des menaces, des insultes (je recommande dans ce cas la forme anonyme, elle est efficace, plus inquiétante et moins dangereuse que l’explicite). Je dispose dans l’exercice de cette écriture d’une belle variété de styles, d’une grande richesse de vocabulaire et d’une orthographe sans faute de grammaire. Le tarif est bien sûr fonction du nombre de caractères ou forfaitaire.

La discrétion est assurée totale. Mon service à la personne remplace avantageusement une psychanalyse. Il a, dans le passé, sauvé bien des ménages, fait obtenir des augmentations, apaisé des dissonances familiales, permis d’éloigner de faux amis et même à deux ou trois reprises de récupérer de l’argent emprunté. Grâce à lui, beaucoup ont retrouvé le sommeil, la tranquillité et arrêté les antidépresseurs. Il devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.



___________


mercredi 15 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR

Soyez logique : si vous ne savez pas quoi faire, évitez d’en faire trop.

________

LE CONSTAT DU JOUR

Les riches sont unanimes : pour le devenir, il faut s’endetter. Pour le rester, il faut rembourser.
________

LE PORTRAIT DU JOUR


  • Pressé d’arriver, il naquit prématuré.
  • Après, ça ne fit qu’empirer.
  • Pour ne pas rater le début il partait avant la fin.
  • Au cent mètres, il coiffait le vainqueur sur la ligne de départ.
  • Le jour de ses noces, en avance, il se lassa d’attendre et divorça avant d’être marié.
  • Il était du genre à répondre aux questions avant qu’elles ne soient posées.
  • Il n’étonna personne quand, voyant venir l’agonie, il se suicida.

________

lundi 13 janvier 2014

UNE VÉRITÉ QUI FAIT MAL

L’enfant de salaud est souvent aussi le fils d’une belle salope.

________

DANS LA SÉRIE IL Y A


Il y a l’optimiste qui sait qu’il ira au paradis.

Il y a le pessimiste qui craint de se retrouver en enfer.

Et vous qui n’êtes ni l’un ni l’autre, vous espérez quoi ?

Dormir dans le silence total, le repos complet, sans être distrait pas des rêves, effrayé par des cauchemars, sans souffrances, sans souvenirs, tranquille, serein, apaisé. Le bonheur absolu et pour toujours.


________

UN HOMME ORDINAIRE Vs SUPERMAN


Je connais le patron d’une petite entreprise de maçonnerie. Il travaille dans le neuf et l’ancien. 5 compagnons. Sa femme tient le secrétariat. Très occupé, le bonhomme passe son temps à courir d’un chantier à l’autre pour surveiller, donner un coup de main, les approvisionner en sable, ciment, briques, parpaings, ferraille. Il discute avec le métreur, l’architecte, les clients. Il se bat avec les mauvais payeurs, l’URSSAF, la banque. Le samedi il fait les devis, reçoit les futurs clients car il faut travailler pour payer les salaires, les impôts, les dettes et manger. Il aimerait bien souffler, se reposer, s’occuper des enfants et de sa femme qui attend avec impatience les intempéries de l’hiver et son chômage technique.

Je connais aussi un président. Bien forcé car il est omniprésent. On ne voit, on n’entend, on ne parle que de lui. Il préside une grosse affaire, un pays de 65,5 millions d’habitants, grand comme la France. Il est en place depuis peu. Il a été nommé par un conseil d’administration élargi pour redresser la situation et éviter la faillite. Il a emporté la place car il a fait de belles promesses. Il allait faire le travail que les anciens présidents, des incapables, n’avaient pas fait. Avec lui l’activité allait reprendre, les exportations repartir, la dette (1 870 milliards d’euros) fondre. Les chômeurs seraient rembauchés. Les pauvres n’auraient plus froid ni faim. L’éducation se remettrait à éduquer, les banlieues redeviendraient fréquentables. Les pompiers n’y seraient pas lynchés, les policiers caillassés.

Il allait s’occuper personnellement de tout et de tous et veiller à ce que les ordres, les lois, les règlements soient exécutés, les amendes et les contraventions payées. Il allait mettre de l’ordre dans le désordre, faire payer les riches, donner de la richesse aux pauvres, du travail aux sans travaux, de la santé aux malades, le sourire aux dépressifs, le sommeil aux insomniaques, l’espoir aux anxieux, et toujours un peu farceur, off the record, il promettait à la journaliste de lui donner le numéro gagnant du Loto.

J’ai calculé qu’en consacrant une seconde par semaine à chacun des problèmes qu’il allait résoudre, il ne lui restait que trois minutes par jour pour effectuer les gestes élémentaires de la vie : dormir, s’habiller, se nettoyer, manger, etc.

C’est peu, même si on est pressé. Comment allait-il survivre à un tel régime ? À le voir, très bien  : rubicond, guilleret, primesautier, un peu empâté. Comment fait-il, par quel miracle tient-il le coup ? Une grâce d’État, sans doute.

Mais on vient d’apprendre le meilleur. Il trouvait encore le temps, les forces, ce président peu ordinaire, une anomalie de la nature humaine, de courir le guilledou, la bagatelle, de conter fleurette, d’avoir des 5 à 7, des amours clandestins, de rajeunir son harem.

Nous avons la chance, le privilège d’avoir comme président un clone de Superman, du Tigre de Bengale. Comment s’étonner qu’on paiera très cher un homme d’une telle valeur ?



__________

dimanche 12 janvier 2014

DES VŒUX EXEMPLAIRES


Puisque vous êtes un mordu des vœux et que vous ne démordez pas de vos « bonne année, bonne santé », je vous propose une révolution culturelle, même si elle doit provoquer une révolte dans vos petites cellules grises. Cela devrait être :

« Cette année, j’ai décidé de changer de tactique et donc ma stratégie. Je passe à l’offensive. J’abandonne le souhait. Je donne des ordres. Mieux que des ordres qui ne sont pas toujours exécutés ni suivis d’effets, je vous dis ce que 2014 vous apportera.

Je suis allé à la source, voir Madame Irma, une devineresse, celle à qui je dois tout et que je vous prête pour une fois. Ce n’est pas une diseuse de bonnes aventures, une liseuse de la main, une boule de cristal ambulante. Non, ma madame Irma est une voyante. Elle voit l’avenir aussi bien que vous lisez hier dans le journal d’aujourd’hui.

Et qu’a prévu madame Irma pour votre année à venir ? Je vais vous le dire. Ce sera mon cadeau de nouvel An avec 12 jours de retard. Vous allez être gâté puisque en 2014 vous allez :

-      Avoir une conversation très intéressante avec une personne qui va vous apprendre beaucoup ;

-      Prendre enfin le temps de réfléchir au problème qui vous agite depuis toujours. Après cet effort, vous trouverez une solution satisfaisante qui vous permettra de dormir tranquillement et d’être frais et dispos pour la journée ;

-      Éviter un accident qui, s’il s’était produit, aurait raccourci de façon intempestive l’année en cours ;

-      Apprendre par une indiscrétion que la mauvaise opinion que vous avez de vous n’est pas partagée par une proche en qui vous avez confiance. Votre pessimisme sera très amputé par cette bonne surprise et votre confiance en vous-même va être revigorée durablement ;

-      Trouver dans les soldes - et à un prix très intéressant – ce qui vous faisait envie depuis si longtemps ;

-      Réussir les recettes que vous ratiez habituellement car vous allez changer de livre de cuisine et votre cuisinière électrique pour une au gaz ;

-      Prendre l’habitude d’arrêter d’écouter votre horloge intérieure et suivre plutôt les bons conseils de ceux qui savent;

-      Globalement, madame Irma a constaté – et je suis jaloux – que 2014 n’aura pour vous que du beau, du bon, du bonheur. »

P.S. 1. Ce discours peut servir plusieurs fois. Il est assez souple pour s’adapter à qui vous voulez. Vous ajoutez ou retranchez à votre convenance.

P.S. 2.- Madame Irma dégage toute responsabilité dans le devenir de ses prédictions car elle n’a pas les moyens de payer un avocat. Sa fiabilité dépasse cependant celle de la météo nationale.


__________

NOS GRANDES ÉCOLES MOINS UNE


L’école des mines est une école valeureuse qui forme des démineurs courageux.

L’école des Arts et Métiers est une pépinière d’artistes et d’artisans d’une qualité qui fait plaisir à voir.

L’école polytechnique est polyvalente et rend excellent dans les chiffres et les lettres.

Les innombrables écoles de commerce fabriquent des cohortes de commerciaux et de commerciales qui savent vendre aussi bien les vessies que les lanternes.

Et, malheureusement, nous avons l’école des Sciences Politiques qui ne sert à rien ou à mal puisque la science n’étant pas politique, elle n’est ni de droite, ni de gauche, ni même centriste. Quand elle est inféodée à une idéologie, cela donne Lyssenko et la biologie et la génétique soviétiques dirigées pendant 30 ans par un fou.  

Et tout aussi bien la politique n’est pas une science car celle-ci ne supporte qu’une vérité pure et dure. Elle n’est pas une opinion, une inclinaison, une construction , une religion, une illusion, une prétention, un mirage. Les pauvres élèves en sorte tout déformés et feront de très bons politiciens sachant parler pour ne rien dire, pleins d’idées fausses sur les vrais problèmes, se prenant pour les savants d’une science qui n’existe pas.



__________

samedi 11 janvier 2014

LE CONTE DES MÉCOMPTES


Une source habituellement bien informée communique, sous toute réserve, le bruit qui agite les milieux concernés. Le gouvernement, dans son effort courageux d’assainissement des dépenses publiques et de justice fiscale a décidé de supprimer les aides à la presse et de remonter leur TVA au niveau commun. En butte à un effondrement de leurs recettes publicitaires et à la fuite des lecteurs, ces décisions vont obliger le Figaro, Libération, le Monde, à une recapitalisation massive. Les propriétaires actuels, échaudés par leurs pertes colossales, ont manifesté depuis longtemps leur volonté de se désengager de ce secteur économiquement devenu non viable. Messieurs Dassault, Rothschild et Pégasse, Neel, Bergé sont prêts à céder la place à des investisseurs courageux et fortunés. Heureusement ils existent et viennent de se manifester. C’est là que la surprise est grande puisqu’il s’agit d’un basculement politique, idéologique, un changement de paradigme. Tous les repreneurs sont des français d’origine arabe et de confession musulmane.

1/ Monsieur Afif M. créateur d’une chaîne de restauration rapide basée sur le kebab, le couscous et la pâtisserie moyen-orientale (dont les 3000 franchises régalent tout le bassin méditerranéen et qui s’attaque maintenant aux rivages de la mer du Nord), a fait une offre de rachat du Monde très alléchante. Pas de licenciement, remboursement de la dette, liberté de la rédaction, monsieur Dreyfus pourra rester président du directoire.

2/ Monsieur Afzal-A. K., président directeur général de la banque franco-arabe du Golfe persique, français de longue souche (son père, engagé volontaire, a fait la guerre d’Indochine après avoir été tankiste dans la 2ème DB). Polytechnicien, énarque, inspecteur des finances, il a crée la banque en 1988, après avoir longtemps travaillé chez Goldman Sachs. Il en a fait l’interlocuteur privilégié des émirats du Golfe et sa banque est devenue, sous son impulsion, la première puissance financière de la place de Paris. Il se dit prêt à sauver Libération après le retrait de Monsieur de Rothschild. Là encore, il assure vouloir relancer le titre, procéder aux investissements nécessaires et redonner confiance aux journalistes dans la direction et l’avenir de leur journal.

3/ Enfin, une troisième personnalité bien connue du monde industriel, beaucoup moins du grand public, complètement ignorée des médias. Monsieur Charif B., petit-fils de harki, son père avait su lui donner les armes morales et intellectuelles pour créer l’empire industriel qui en a fait l’un des hommes les plus riches d’Europe. Il propose aujourd’hui à monsieur Dassault de racheter le Figaro, lui aussi victime de la récession du secteur.  Des assurances ont été données à la rédaction qu’aucune pression ne sera exercée sur elle et que le changement de propriétaire laissera le Figaro fidèle à sa devise.

On attend  la réaction du gouvernement à ce bouleversement possible dans la capitalisation de nos trois médias nationaux. 


Affaire à suivre

______________

vendredi 10 janvier 2014

MON IDÉE DU JOUR

Je sais comment devenir riche : je mets ceux qui ont du temps à perdre ou qui ne savent pas quoi en faire (les retraités, les chômeurs, les figurants du travail) en relation avec ceux qui courent après, n’en ont pas assez pour tout faire. Ils échangent leur temps. Tout le monde est content et moi je prends mon pourcentage au passage.

___________

LE CONSEIL DU JOUR

Puisque pour aller au bout de l’infini il faut une éternité, prenez le temps, avant de partir, de régulariser votre situation et d’expédier les affaires urgentes.

___________

mercredi 8 janvier 2014

RÉSUMÉ DES CHAPITRES PRÉCÉDENTS


Personne ne connaît la date de l’origine des malheurs du monde ni ses causes. Les paléontologues et les archéologues fouillent le sol, les généticiens interrogent le génome à la recherche d’un croisement d’un hominidé avec un lémurien bête et méchant. Seuls les théologiens ont, dans le passé, donné une explication ex-cathedra dont le lyrisme poétique est aujourd’hui reconnu à vraie valeur.

J’ai une opinion sur le sujet et comme  la liberté de penser est en sursis précaire je me dépêche de l’exposer et d’ajouter aux chapitres précédents celui d'aujourd’hui, où la constipation des sentiments et son commensal, le mépris, sont à l’œuvre dans le monde du travail.


LES AVATARS DE L’ADOLESCENCE


Ou l’origine des malheurs du monde

CHAPITRE X


LE MONDE DU TRAVAIL



La lutte des classes, les conflits syndicaux sont les champs d'action d'antagonismes dont l'émergence, le développement ont les mêmes origines. L'identification des partenaires au schéma traditionnel est facile. D'un côté, les salariés revendiquent - selon les cas - une amélioration des conditions de travail, une réduction de sa durée, une augmentation des salaires et, parfois formulée, toujours sous-entendue, une juste prise en considération de leur rôle afin de ne pas être relégués au rôle d'une force de production à laquelle on n'explique pas les orientations, les projets, les résultats. Ils souhaitent en général être associés aux décisions qui mettent en jeu l'avenir de l'entreprise puisque leur vie professionnelle en dépend. Ils représentent donc des hommes, des femmes en situation de demande. Leurs positions sociale, culturelle, sociologique les placent face à d'autres hommes et femmes dont le pouvoir issu d'une hiérarchie et concrétise par des salaires, des responsabilités, des diplômes est supérieur. Si nous gommons les âges, les lieux, les discours et leur vocabulaire obligé, les piquets de grève, les séquestrations, les charges de C.R.S., les négociations, nous retrouvons la situation de parents confrontés aux demandes d'argent, de vacances, de sorties ou plus simplement de compréhension de leurs adolescents. Il est parfois difficile de décider qui a tort et qui a raison. L'exigence peut être excessive, irrecevable si l'argent fait défaut dans la famille. L'adolescent est déraisonnable dans ce cas de réclamer plus que ce que l'on peut lui donner. Cependant s'il ne connaît pas l'impécuniosité du père parce que celui-ci n'a pas pris la peine d'expliquer au fils ses difficultés financières et a fortiori si ce dernier voit que de l'argent est gaspillé pour des dépenses somptueuses, superflues, sa révolte est légitime. Ce canevas et ses variantes sont souvent à l'œuvre dans le début d'une grève.

Le patronat n'a pas réussi, même dans sa forme de S.A.R.L., à éliminer de son comportement sa racine patriarcale. Il en a conservé des réflexes, des mentalités, des certitudes qu'il modernise, poussé par la nécessité plus que par l'envie. Même l'exemple d'autres pays où un changement de comportement a débloqué le dialogue social, où le patron a compris que sa dignité et son bilan financier faisaient bon ménage avec une juste considération des syndicats dont il fallait favoriser le développement, n'a pas suffi, chez nous, à l'abandon d'habitudes venues d'un autre âge. Son bilan est le même dans une famille où les parents imbus de leurs prérogatives ne prennent pas en considération les besoins multiples et nouveaux qui assaillent leurs adolescents. La rancune peut s'accumuler et s’exprimera sous une forme ou une autre tout au long de la vie; elle peut jaillir et exploser à la face des parents éberlués, confits dans leur bonne foi, inaugurant un cycle de relations détestables dont personne ne sortira indemne.

Cette tétanisation des partenaires sociaux sur des positions irréductibles n'est pas que la réactivation d'un antagonisme parents/adolescents. Le mépris joue son rôle. Inavoué car obscène, il conditionne aussi, cachée derrière les bonnes raisons financières, la position du patronat. L'appareil d'État est peu disposé, lui, pour les mêmes raisons, sauf quand l'urgence le contraint, à imposer une justice sociale qui l'obligerait au même réajustement pour ses propres agents.

Le refus de relever de quelques pourcents un salaire proche du salaire minimum signifie que la direction estime que l'ouvrier est justement rétribué et qu'il n'y a pas lieu de l'augmenter. Ce salaire représente une fraction de celui du PDG (parfois le millième) et des cadres supérieurs qui décident de la politique salariale. Le traitement est le reflet de la valeur. La décote du salaire du salarié de base ne fait que refléter la prétendue différence de valeur entre les deux hommes.

L'art de vivre des dirigeants (distraction, appétit culturel, habitat, voyages) ne peut se satisfaire d'un salaire voisin du SMIC. Il doit nécessairement être à la mesure de leurs besoins. Mais que feraient, semblent-ils penser, d'une telle somme, des besogneux, habitués à se satisfaire de choses simples, sans goût raffiné et dispendieux?

L'orgueil d'appartenir à une caste supérieure et d'avoir conquis une telle situation est flatté, à la fois par le pouvoir de l'argent et le pouvoir de décision.

La dialectique essaie de masquer cette réalité. Elle ne cache pas le mépris que suppose un tel cynisme vis-à-vis de ceux qui sont considérés comme des sous-hommes.

On revit au 21ème siècle la situation du manant face au seigneur. L’un vivait dans le luxe, l’autre survivait dans la misère. Aujourd’hui ce n’est pas la particule qui fait la différence mais l’éducation, le diplôme, l’orientation. À l’arrivée, l’opposition entre celui qui a le pouvoir et celui qui le subit est aussi forte, aussi radicale et se manifeste avec la même férocité, le même mépris et les mêmes conséquences. La fraction qui a les clefs fixe elle-même le prix de sa domination avec des salaires qui sont ceux qu’avaient les princes, se rétribuent en prébendes, en passe-droits, en parachutes et retraites dorés, en avantages en nature, en stock-options, en droit à l’impunité. Elle le fait car elle méprise ceux qu’elle exploite sans se soucier de l’image qu’elle donne, sans s’inquiéter du prix qu’elle aura, un jour, à payer.


____________

L’HOMME, CET INCONNU

Homme, animal à sang chaud, appartenant à l’espèce des hominiens. Il y a longtemps, un observateur avait trouvé qu’il se distinguait du raton laveur car, à l’inverse de ce dernier qui n’a jamais pu compter que sur lui-même, il était doué de raison. Récemment, un autre observateur a mis en doute l’affirmation d’Aristote car il a noté un comportement jamais observé chez le raton laveur : il buvait sans soif, dépensait sans compter, mangeait sans faim, parlait sans réfléchir, courait sans but.  
__________

LE BONHEUR DES UNS, LE MALHEUR DES AUTRES


Quand les plaisirs conjugaux s’épanouissent dans le bonheur familial, les parents sont heureux et font beaucoup d’enfants.
Quand le fiasco conjugal fait éclater la bulle domestique  et provoque la décomposition familiale, les parents sont malheureux et on espère qu’ils n’ont pas d’enfant.


__________

mardi 7 janvier 2014

CONFÉRENCE DE FIN D’ANNÉE


Dans le cadre de son Université d'Hiver, l'Association des Extrêmes a le plaisir de vous transmettre la séance de clôture.

Le président a présenté l'orateur:

"On ne présente plus Dancharr. Quoique inconnu du grand public, connu d'une poignée d'internautes héroïques, il a révolutionné trop de domaines de connaissance pour que je puisse en faire la liste. Vous ne serez donc pas surpris de ce que vous allez entendre aujourd'hui. Comme moi, vous êtes impatients de connaître sa nouvelle découverte. À sa mine réjouie, son œil gourmand - qui n'empêche pas un air débonnaire - je pressens le pire. À vous cher maître". 

"Merci, cher élève.

Bébés, bébêttes, gâteux, gâteuses, bonsoir ami-is, ami-es. Merci d’être venus de si loin si nombreux malgré l’absence de chaises dans ce lieu insalubre. Je vous espère bien calés dans vos berceaux, bien harnachés dans vos fauteuils roulants. Je demanderai aux accompagnateurs de brancher leurs sonophones au maximum car les ricanements stupides des uns, les hurlements frénétiques des autres risquent de leur faire perdre l’essentiel du propos. Ce serait dommage, j’aimerais que, le calme revenu, vous puissiez leur répéter ce qui va suivre. Il devrait les intéresser car je m’adresse à eux.

Vous vous rappelez mon message au monde du 26 août 2008. J’y déclarais que le sol de la terre avait commencé à se retirer du dessous de nos souliers pour s’enfoncer dans sa profondeur. Le rythme de ce retirement en lui-même était lent mais perceptible dès lors que l’on voulait bien regarder où l’on mettait les pieds. Un observateur indépendant avait apporté un démenti formel à la dénégation unanime qui avait salué cette découverte retentissante et conduit à la déconfiture le professeur Joyeux de si triste mémoire.

Cela appartient désormais à l’Histoire. Elle continue, indépendamment du reste, poursuivant inexorablement son avancée dans la nuit des temps.

Obstiné, opiniâtre même, si le mot n’était pas si laid malgré ses deux i, je poursuivais ma recherche, bien décidé à ne pas rester où j’étais arrivé, en digne héritier de la lignée de ceux qui gisent place du Panthéon.

Pas plus tard qu’hier soir, alors que je me demandais ce que je pourrais bien vous dire, mes calculs aboutirent. L’équation à inconnues multiples et à la virgule flottante que j’avais mise au point avec l’aide technique d’un employé au noir de l’IPIOP accoucha enfin de la révélation ultime qui allait révolutionner le futur immédiat des uns, lointain des autres.

Non seulement la terre s’enfonçait mais elle tournait plus vite. Ce que ma fine connaissance des lois de la gravitation, ma compréhension absolue de celle de la relativité m’avaient fait pressentir était avéré : soumise à la même attraction du soleil mais son volume et son poids réduits sous la pression dévorante de son trou noir intérieur, la terre, notre Terre, la vôtre par conséquent, est en train d’accélérer la vitesse de sa rotation. Le mal - ou le bien, l’avenir le dira - serait négligeable si cela se limitait à son tour sur elle-même mais sa circumnavigation autour du soleil prend aussi de l’avance.

Je sens que le temps presse, l’heure de changer les langes et les couches approche. J’ai bientôt fini – ouvrez les portes pour aérer, s’il vous plaît, car non seulement je peine à m’entendre mais respirer devient difficile.

Donc, non seulement la terre tourne de plus en plus rond mais elle s’effondre de plus en plus vite. Avec les fonds des fonds pourris qui s’évanouissent, de plus en plus de gens constatent qu’avec leur argent envolé, le sol se dérobe à son tour, leur équilibre moral, financier, économique et politique est de plus en plus branlant.

J’avais lancé un cri d’alarme, j’entends des cris de détresse qui montent de partout. Que faire ? Que dire ?

- Ne plus demander l'heure à l'horloge atomique de Greenwich village, mais n'interroger que votre horloge intérieure.

Voyez le bon côté des choses :

- Les jours, l’année vont raccourcir ;Le temps va couler plus vite ;

- L’enfance va durer un instant ; Il y aura moins de temps perdu en classe à s’ennuyer. L’adolescence sera finie avant de commencer. Une crise en moins !

- Entre le début de la vie active et la retraite, il faudra seulement se presser, perdre un peu moins de temps en RTT, en week-ends prolongés et en repos compensateur.

- Enfin, gâteux, gâteuses, votre temps mort sera raccourci et vous profiterez plus vite du repos éternel, vous l’avez bien mérité.

- Conséquence imprévue mais prévisible, les centenaires en 2100 ne se compteront plus en millions mais en milliards.

Voilà, j’ai dit l’essentiel. Rentrez vite dans vos mouroirs, vieux décatis, dans vos nichoirs, jeunes poussins.

Soyez contents, l’année durera moins longtemps ».  



__________