Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mercredi 13 novembre 2013

UNE DRÔLE D’HISTOIRE

Un ami extraterrestre, de passage, m’a raconté les dernières nouvelles de l’espace. Il m’a donné à lire l’information qui a réveillé l’attention des salles de rédaction interstellaire pour notre planète. Il se doutait bien que je serais intéressé. Vous aussi, peut-être.
Le PDG du parc animalier terrestre a réuni, la semaine dernière, son conseil d’administration, comme tous les millions d’années. « Mesdames, messieurs, je serai bref car pressé par un temps que je n’ai pas à perdre. Le rapport que vous avez entre les mains parle. Tous les indices sont au rouge. La fréquentation suit la satisfaction et, depuis 2000 ans, elles n’ont cessé de décroître. Alors qu’il n‘y a pas si longtemps, les navettes spatiales étaient bourrées de visiteurs de toutes les galaxies, que des files d’attente encombraient le ciel de la Terre, que certains bivouaquaient sur la Lune pour profiter d’un désistement, aujourd’hui les carnets de rendez-vous sont vides comme le ciel. L’espace-temps à destination terrestre a pu être rétabli, la terra-transmission pour les ectoplasmes supprimée. Seuls des déclinologues déprimés utilisent les quelques soucoupes volantes encore en service pour se rendre compte des dégâts. Ils ont du mérite car ils sont accueillis par des fusées à tête chercheuse de plus en plus précises.
Les causes du désastre sont connues. Le début est daté. Il correspond à l’introduction d’espèces qui, à l’origine, semblaient inoffensives. Pour changer des bêtes à quatre pattes, des dinosaures et autres crapauds, le service compétent avait introduit quelques prototypes dont il voulait tester la fiabilité. Le concept paraissait original, 4 membres dont deux préhensiles à leur extrémité, une marche en posture verticale ou tendant à le devenir. Un système de commande, dans l’axe, au sommet avec des sens de qualité moyenne mais complémentaire. Comme d’habitude, ils étaient capables de se dupliquer en se répartissant le travail à deux, chacun apportant la moitié. Un mâle et une femelle prirent le dessus sur les autres sans que l’on sache vraiment pourquoi. L’hypothèse la plus plausible est l’activation, dans le disque dur, d’un circuit dormant à la suite sans doute d’un éclair magnétique secondaire à un dérangement orageux. Leur cerveau devint capable d’associer des idées, de regarder au lieu de voir, d’écouter au lieu d’entendre, etc. Ils se mirent à croire en eux, se firent des idées sur tout, cessèrent d’être contents, crurent pouvoir faire mieux, etc. Mais surtout, ils s’admirèrent si fort qu’ils se crurent fils de dieu. L’un d’eux se prétendait infaillible ; ils commencèrent à pulluler, à envahir, à détruire tout ce qui les gênait, se faisant la guerre pour un oui, un non, un signe de croix, un coup d’éventail, une dépêche en retard, un bout de terrain. Ils ne respectent rien ni personne. Le processus s’accélère, ils trouent la couche d’ozone, font fondre la banquise, l’air devient irrespirable. Ils chassent les baleines, suppriment les abeilles, nos plus belles réussites avec les colibris et les orchidées.
On comprend que le lieu ne soit plus fréquentable et que nos clients préfèrent aller voir ailleurs. Ne nous désolons pas, dès les premiers temps de sa mise au catalogue, cette destination a été un succès intergalactique. Sa rentabilité fut telle que l’investissement a été remboursé en moins de cent mille ans. Nous restons largement bénéficiaires. Nous pouvons le retirer du catalogue, personne ne s’en apercevra. La terre aura été pendant un temps une bonne et belle affaire et aurait pu le rester si nous n’avions pas introduit un parasite furieux et incontrôlable.
Le problème doit être résolu : deux possibilités seront mises au vote :
1/ On laisse le cycle s’achever sans nous en occuper. Ils finissent leur entreprise d’autodestruction. La procédure en cours prévoit son terme par un submergement des terres par les flots et la survie des seules espèces aquatiques et de quelques amphibiens non solubles dans l’eau salée ;
2/ Je suis partisan, quant à moi, de réparer l’erreur commise par une éradication, radicale et immédiate de cette espèce nuisible. Nos laboratoires ont mis au point le virus parfait, indétectable, irrémédiable. Compatible avec ce seul organisme, indolore, inodore, insapide, il endort, fait naître un dernier rêve inoubliable. Le travail accompli, le corps se sublimise. Il passe de l’état solide à l’état vaporeux. L’animal dangereux disparu, la terre retrouvera son calme, son équilibre. Je suis sûr que, à notre prochaine A.G., dans un million d’années, elle sera comme à son origine, belle à voir, bonne à visiter. Nous pourrons la remettre dans le circuit des sites à ne pas manquer.
Passons au vote, s’il vous plaît ».
-   « Alors, la décision, tu la connais ? »
-   « Bien sûr, mais je ne peux pas te la donner, devoir de réserve oblige, comme vous dites ».
Je peux voir au travers de mon ami et sus qu’il ne reviendrait pas sur sa décision.
Je le laissai partir et vis que son au revoir avait tout d’un adieu et un ami, ça ne ment pas…
_______

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire