Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


samedi 16 novembre 2013

RÉPONSE À LA QUESTION DU JOUR

Elle était posée en ces termes : « Plus les jours, plus les années, plus les siècles passent, plus je me demande quelle trace vais-je laisser à la postérité, à l’histoire, à la terre ? et, avant ce jugement au long cours, comment ménager l’avenir immédiat de mon post-mortem. Faut-il finir en poussière ou en cendres ? Être bouffé par les asticots ou partir en fumée ? Faire du compost ou servir de combustible ? La crémation ou le pourrissement ? That is the question. Vous seriez très aimable d’aider ma décision. Merci et félicitations pour… etc., etc.…. ».
R.- « Une belle vie doit se terminer par une belle fin et de la même façon que vous ne laissez pas à d’autres les rênes de votre vie, la mort n’est pas un prétexte suffisant pour abandonner vos bonnes habitudes. Je présume que vous réfléchissez avant d’agir, je vous engage à continuer car votre inertie à venir ne vous exonère d’aucune responsabilité. Donc, avant de décider du comment, je vous engage à envisager le pourquoi. Vous aviez des engagements, des certitudes, des croyances, une conduite, une règle, une politique, une foi qui vous obligeaient. Appliquez les mêmes règles au choix de votre destination finale et vous n’aurez plus d’incertitude.
Terminer dans le feu, la chaleur, l’embrasement, c’est-à-dire, préférer la crémation ne peut convenir qu’à une personnalité extravertie, décomplexée, ne s’embarrassant pas de palinodies, de périphrases, de faux-fuyants, d’atermoiements. Si vous êtes cet homme ou cette femme d’action, fuyant les compromis, les compromissions, les commissions, les comités, les réunions de famille, les défilés, les enterrements, voyageant léger, préférant l’express à la marche à pied, le sirocco à la risée, le tord-boyaux à la menthe à l’eau, partez en fumée, en faisant des étincelles et, si possible, façon Bénarès pour le spectacle
Par contre, si vous êtes du genre réservé, embarrassé de vous-même, préférant la porte de service au hall d’entrée, si vous cultivez l’incognito, le quant à soi ; si vous êtes discret, introverti, taciturne ; si vous n’avez rien à dire, ne savez que penser, n’aimez pas critiquer, applaudir, répondre, provoquer, vous souffrez de constipation des sentiments. Vous laissez les choix à la disposition du moment, en espérant qu’il sera propice. C’est une façon de vivre qui va conduire celle que vous aurez de mourir. Espérons que le hasard fera bien la chose et que vos derniers instants ne seront ni longs ni pénibles. Vous avez déjà pris le parti de laisser le temps faire son travail. Vous serez donc enterré dans les règles. Vous pourrirez à la satisfaction de toutes les bestioles qui vous attendaient avec impatience pour se régénérer, engraisser et se multiplier. Soyez content, votre heure de gloire sera enfin arrivée et, pendant quelques jours, vous serez l’objet de toutes leurs convoitises. Finir dans une apothéose – que personne ne verra – quelle meilleure façon d’être fidèle à ce que vous aurez été.
Si vous restez logique jusqu’au bout, le choix est clair et vous avez la réponse à votre dilemme. Cependant, réfléchissez. Un pied-de-nez à la société, un renversement de tendance, quelle jolie façon de lui montrer que vous n’étiez pas ce que l’on avait cru, que vous aviez trompé votre monde, que vous vous étiez moqué de lui, lui qui ne vous méritait pas, qui ne vous a jamais apprécié à votre valeur. Surprenez-les en ridiculisant les pronostics: timide, partez en fumée ,toujours pressé, condamnez-les  à venir perdre leur temps devant votre mausolée, le 1er novembre».

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