Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


lundi 7 octobre 2013

MORALITÉ VIRALE - Suite -

Le 27 septembre dernier, nous vous annoncions qu’une arme virologique s’était échappée, suite à un accident dans un laboratoire secret de l’armée. Le virus IN3Zy, dit virus de la moralité, grâce à sa diffusion hydro-aérienne et à une capacité reproductive exponentielle a contaminé, en quelques jours, la population mondiale.
Un premier bilan des conséquences de l’épidémie de moralité peut déjà être fait. Tous les pays ont été frappés. Nous nous bornerons à énumérer celles qui sont en train de bouleverser la vie de notre pays.
La population a été d’abord frappée de stupeur quand elle a vu se presser aux portes des tribunaux, des postes de police et de gendarmerie mais aussi des prisons, une foule de femmes et d’hommes demandant, en larmes, à être incarcérés. Ils exigeaient leur punition pour des méfaits dont ils s’accusaient avec véhémence. Ils leur étaient devenus insupportables. En prêtant attention à chacun, on entendait des accusations terribles. On comprenait que cette foule larmoyante était faite de voleurs, de violeurs, d’assassins, d’escrocs, de faussaires, de trafiquants, etc. Ils venaient se livrer pour être punis de leurs vilenies, ne supportant plus leur indignité.
Très spectaculaire a été aussi la vague de démissions des responsables de la haute administration dans la police, la justice et dans beaucoup d’autres services de l’État. Pour justifier leur décision, ces fonctionnaires avouèrent s’être rendus coupables de falsifications de preuves, s’être laissés acheter, d’avoir vendu des renseignements, favorisé des entreprises, maquillé des preuves, vendu leur influence, accepté des pots de vin, fait condamner des innocents, extorqué des aveux.
Le Sénat, l’Assemblée nationale se transformèrent en cour de justice et l’on vit à la tribune un défilé de parlementaires avouer des mensonges, leurs reniements, leurs conflits d‘intérêt, leurs concussions, leurs trahisons, leur prévarications.
Personne ne fut épargné. Aucun secteur d’activité n’échappa au besoin de vertu qui agita l’âme, l’esprit de tous.
La première page des journaux cessa d’être remplie de la rumeur des guerres et de la vie des peoples. Elle se transforma en actes de contrition. Les plus fameux journalistes politiques s’accusèrent d’avoir manipulé l’opinion, d’être aux ordres de leurs patrons, banquiers et hommes d’affaires, de défendre leurs intérêts. Ils avouèrent être partisans, partiaux, mensongers, n’ayant que l’argent, le pouvoir, la gloire comme objectifs et méprisant la vérité. Leur besoin d’expiation atteignant une dimension qui laissait craindre qu’il leur serait difficile de se supporter très longtemps.
Les syndicalistes se flagellèrent en public en s'accusant de se moquer de leurs mandataires.
Des publicitaires, des médecins, des pharmaciens, avouèrent, en place publique par des communiqués, des lettres placardées sur la porte de leur bureau, de leur domicile, sur des affiches, leurs turpitudes et en détaillaient, avec une sévérité masochiste tous les détails.
Les banquiers ne supportant plus leurs activité se cachaient ou s’enrôlaient chez les petits frères des pauvres. Les banques fermèrent. Les buralistes n’acceptant plus de vendre des cigarettes qui apportaient la mort, fermaient leur boutique. Les fabricants de pesticides, brutalement conscients d’empoisonner la nature, stoppèrent leur production.
Les tueurs des abattoirs, les pêcheurs sur les chalutiers, refusèrent, du jour au lendemain, de continuer à abattre les bêtes, de ravager les populations marines : de quel droit s’arroger ce pouvoir ? La vie est sacrée. Telle fut la voix qu’ils entendirent brusquement à l’intérieur de leur conscience. Les boucheries, les charcuteries, les poissonneries baissèrent leur rideau, en accord complet avec leurs fournisseurs de chair fraîche.
La prise de conscience de la noirceur de leur vie antérieure, plongea les plus fragiles dans une détresse intolérable. Une vague de suicides décima les rangs de tous ces convertis tombés dans une dépression insoutenable. L’hécatombe prit de telles proportions qu’on put croire que l’honnêteté, symbole de la moralité, avait été l’exception.
Ainsi, du jour au lendemain, la société française retrouva le sens du bien et ne supporta plus le mal qu’elle faisait. Ne plus mentir, ne plus trahir, ne plus tuer, respecter l’autre, n’abuser de rien devint une exigence, un devoir, une obligation. Ce qui hier n’intéressait que les utopistes, des marginaux, des idéalistes, des doux dingues devint la vérité de tous.
Un nouveau monde est en train de surgir. Pour le moment, on ne sait pas ce que le prochain sera, car la pagaille est à son comble. Plus rien ne marche. Aucune grève générale n’a provoqué une telle paralysie. Le chaos est total. On ignore ce qui succédera à la barbarie et si la vertu triomphante ne fera pas regretter le vice d’hier… !
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à suivre

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