Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mardi 29 octobre 2013

EAU COURANTE

 
De l’amont du mont, à la source, joyeuse, innocente et pure, l’eau vive court vers l’aval du val, à la mer.
 
Forte de ses sœurs, elle s’étoffe, se renforce, prend du volume et du corps. Pleine d’énergie, elle anime au passage des turbines qui vont éclairer les consciences et quelques réverbères.
 
Son eau claire l’est de moins en moins, troublée par les poissons qui y frétillent, les bouchons qui y trempent, le linge sale qui s’y lessive, les incontinents qui s’y baignent.
 
Moins pressée, elle prend ses aises, ralentit, se prélasse d’une berge à l’autre, reçoit les hommages de quelques affluents, s’embourbe ici et là avant d’accélérer au saut d’un barrage. Infatigable, intarissable, à peine affaiblie par quelques prélèvements obligatoires, elle suit sa pente naturelle, au rythme des péniches qu’elle accepte sur son dos, maintenant large. On ne voit plus son fond. Il reste bon, trop profond et encombré de mille choses qui ne devraient pas y être. De cristal de roche l’eau est devenue, vers sa fin dans l’estuaire, une purée de pois, une soupe à la grimace. Même les poissons n’en peuvent plus, ils partent à son fil, le ventre en l’air. Elle disparaît enfin, dans la mer, sa dernière demeure, s’y refait une santé avec l’espoir de renaître un jour, de monter au ciel pour, dans les nuages, un voyage au long cours qui, croit-elle, n’en finira jamais. La pauvre !

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