Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mercredi 30 octobre 2013

LE PORTRAIT DU JOUR

Laid comme un pou, bête comme ses pieds, bavard comme une pie, orgueilleux comme un paon, têtu comme un âne mais, riche comme Crésus, il avait tout pour plaire.
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DANS LA SÉRIE IL Y A

Les croyants, les convertis, les crédules qui croient aux sermons, aux miracles, au paradis pour eux et à l’enfer pour les athées, les infidèles, les voltairiens, qui doutent, s’interrogent, réfléchissent.

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mardi 29 octobre 2013

EAU COURANTE

 
De l’amont du mont, à la source, joyeuse, innocente et pure, l’eau vive court vers l’aval du val, à la mer.
 
Forte de ses sœurs, elle s’étoffe, se renforce, prend du volume et du corps. Pleine d’énergie, elle anime au passage des turbines qui vont éclairer les consciences et quelques réverbères.
 
Son eau claire l’est de moins en moins, troublée par les poissons qui y frétillent, les bouchons qui y trempent, le linge sale qui s’y lessive, les incontinents qui s’y baignent.
 
Moins pressée, elle prend ses aises, ralentit, se prélasse d’une berge à l’autre, reçoit les hommages de quelques affluents, s’embourbe ici et là avant d’accélérer au saut d’un barrage. Infatigable, intarissable, à peine affaiblie par quelques prélèvements obligatoires, elle suit sa pente naturelle, au rythme des péniches qu’elle accepte sur son dos, maintenant large. On ne voit plus son fond. Il reste bon, trop profond et encombré de mille choses qui ne devraient pas y être. De cristal de roche l’eau est devenue, vers sa fin dans l’estuaire, une purée de pois, une soupe à la grimace. Même les poissons n’en peuvent plus, ils partent à son fil, le ventre en l’air. Elle disparaît enfin, dans la mer, sa dernière demeure, s’y refait une santé avec l’espoir de renaître un jour, de monter au ciel pour, dans les nuages, un voyage au long cours qui, croit-elle, n’en finira jamais. La pauvre !

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lundi 28 octobre 2013

LE CONSEIL DU JOUR

Vous aimeriez chanter mais vous êtes aphone ; courir mais vous avez les pieds plats ; écrire mais vous avez la crampe de l’écrivain ; parler mais vous ne savez quoi dire. Vous souhaiteriez aussi ne plus avoir de pensées homicides envers votre beau-frère qui chante, court, écrit, discourt comme un dieu.
Mon conseil :
Si vous avez de l’influence sur votre sœur, demandez-lui de divorcer. N’ayant plus l’occasion de rencontrer votre beau-frère aux réunions de famille, vous n’aurez plus celle de comparer votre médiocrité à son excellence et votre haine s’éteindra doucement.
Si votre sœur est assez intelligente pour ne pas écouter vos jérémiades, le plus simple serait que vous preniez conscience des mauvais côtés de sa supériorité. Être admirable oblige à vivre dans une tension permanente extrêmement fatigante et qui ne peut conduire qu’à l’épuisement. Tout comprendre devient vite insupportable car il n’y a que l’ignorant atteint d’une bonne dose d’imbécillité qui peut vivre dans la béatitude sans conscience des horreurs qui l’encerclent et des catastrophes qui l’attendent. Plaignez votre beau-frère et arrêtez de nous em… ! .

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vendredi 25 octobre 2013

L’HISTOIRE RETIENDRA LA FATALITÉ DES 3 P

On aura eu, successivement :
Le grand C (1, 90 m) : paresseux, primitif, profiteur ;
Le petit S (1,68 m) : pressé, péremptoire, prétentieux;
Le moyen H (1,74 m) : prometteur, présomptueux, procrastinateur.

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POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS PEUREUX

- « Hier, vous n’osiez rien.
Aujourd’hui vous hésitez à :
·         traverser au feu rouge ;
·         changer de vitesse ;
·         dire oui ;
·         dire non ;
·         partir, entrer, courir ;
·         changer d’épicier, de boulanger, de pédicure, de voiture, de chaussures, de coiffure ;
·         parler, affirmer, conclure, démentir, parier ;
·         planter, cueillir, couper ;
·         lire, écrire, critiquer, voter, choisir, diviser, soustraire.
Demain, vous sauterez le pas, sans regarder en arrière ni où vous mettrez le pied. Vous serez César franchissant le Rubicon, Armstrong s’envolant pour la lune, le dompteur entrant dans la cage aux lionnes. Comme eux, impatient d’en finir, inconscient du danger, insouciant de l’avenir, sans doute ni peur ».
- « Vous en êtes certain ? »
- « Mon traitement est infaillible, il marche toujours ».
- « Réflexion faite, est-ce que je pourrais pas rester à aujourd’hui vers 14h-15h ? »
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mercredi 23 octobre 2013

LE HÉROS DE DEMAIN


Irrévocable votre décision. Pas de marche arrière, pas de tergiversation, pas de reculade. Vous serez intransigeant, sourd aux prières, aux menaces. Ils sauront à qui ils ont affaire. Votre vraie nature enfin s’exprime. La mutation a été longue mais la métamorphose est accomplie, les temps sont venus. Il fallait avoir le courage, le pouvoir, oser la déclaration, la proclamation et faire fi des convenances, des conservatismes, des habitudes, de la routine, du conformisme. Je vous reconnais, enfin vous jetez le masque, quittez le mutisme, l’anonymat. Vous seul étiez capable de cette audace. Allez, dites-le : « Demain, j’abandonne Évian et passe à Volvic ».
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mardi 22 octobre 2013

WE NEED YOU

Vous êtes un battant, vous auriez été l’un des 300. Vous auriez chargé à Reichshoffen. Vous auriez récupéré Jonas, sauvé seul le soldat Ryan. Vous seriez dans l’élite de Brooklyn. Vous marcherez sur Mars, vous aurez le mot de la fin.  Avec vous, pas de coup de Jarnac, de faux-fuyant, de double langage, de botte secrète, vous jouez franc-jeu, pas d’embuscade, de guerre de tranchée. Vous préférez le corps-à-corps, le K.O. technique, le direct au foie. Vous arguments transforment les leurs en arguties.
Vous êtes notre homme, celui qu’il nous faut. Nous avons besoin de vous. Le poste vacant vous revient. Si vous êtes d’accord, vous pouvez dès maintenant commencer à laver la vaisselle.
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vendredi 18 octobre 2013

UNE NOUVELLE CONSTERNANTE


Dans mon coin, la pluie et la bernache coulent à flots et celle-là met de l’eau dans celle-ci. L’hydrophile qui n’aime pas baptiser son verre à l’alcool et l’éthylophile mouiller le sien ne sont pas contents.
Corrélativement on constante une augmentation des rixes, des scènes de ménage, des accidents domestiques avec un surmenage des gendarmes dans la campagne et des vigiles dans les villages. Vivement que la neige arrive, que la bernache arrête de fermenter et que le calme revienne.

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RÉHABILITATION


Un discret cache souvent sa bonne idée derrière une arrière-pensée qu’il n’ose exprimer. Elle n’a aucune chance devant celle que tonitrue une grande gueule. La première se fait oublier dans le silence jusqu’à ce que la grande se révèle fausse. Elle doit céder la place à l’arrière-pensée enfin libérée qui recelait la grande idée.

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LE CONSEIL DU JOUR

L’état des lieux, la situation du moment, les prévisions du futur vous inquiètent. Vous vous étonnez d’être parmi le petit nombre qui ne gaspille pas, pollue peu, se tient tranquille, ne fait pas d’enfants. Vous êtes effrayé par les indifférents à tous et je vous sens un peu jaloux de leur comédie du bonheur. Elle vous paraît stupide autant que leur euphorie béante.
Le moyen d’être comme eux est simple. Une lobotomie suffit. C’est une petite incision superficielle dans le lobe frontal. Cela suffit pour devenir calme et stupide. La réalité cessera de vous paraître horrible, hostile. Ce qui vous importe cessera d’être important. Vous deviendrez insouciant pour vous, pour les autres, le présent, l’avenir. Vous aurez le sourire du ravi du village. L’âme sereine, vous perdrez votre temps, gaspillerez, enfanterez, voyagerez comme tout le monde. Vous serez enfin dans le troupeau.

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jeudi 17 octobre 2013

LA CONDOLÉANCE DU JOUR

Au début, on grelotte dans les langes ; à la fin on se refroidit dans le linceul. Dans l’entre-deux on est dans de beaux draps.
Merci papa, merci maman.
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DANS LA SÉRIE IL Y A


Il y a ceux:

-      qui préfèrent se taire ;

-      qui n’en pensent pas moins ;

-      qui en ont gros sur le cœur ;

-      qui souffrent en silence ;

-      qui crient dans le désert ;

-      qui n’en croient pas leurs yeux ;

-      qui l’ont toujours su.

Et puis il y a :

-      le premier de la classe ;

-      le premier de cordée ;

-      le premier violon ;

-      le premier arrivé ;

-      le m’as-tu vu ;

-      le fin à-bras ;

-      le roi de cœur ;

-      l’arbitre des élégances ;

-      le Prince-jardinier ;

-      celui qui s’étonne de rien, qui a tout vu, tout entendu.

Et puis il y a le bipolaire, tantôt il est celui-ci , tantôt l'un de ceux-là.

Enfin, il y a vous, l’unique, l’exceptionnel, pertinent, sage, percutant, avisé, serein, ignifuge, opportun, discret, résistant, l’animal parfait, la salamandre, moitié lézard, moitié crapaud, avec un zeste de têtard.

_________x-ci

lundi 7 octobre 2013

MORALITÉ VIRALE - Suite -

Le 27 septembre dernier, nous vous annoncions qu’une arme virologique s’était échappée, suite à un accident dans un laboratoire secret de l’armée. Le virus IN3Zy, dit virus de la moralité, grâce à sa diffusion hydro-aérienne et à une capacité reproductive exponentielle a contaminé, en quelques jours, la population mondiale.
Un premier bilan des conséquences de l’épidémie de moralité peut déjà être fait. Tous les pays ont été frappés. Nous nous bornerons à énumérer celles qui sont en train de bouleverser la vie de notre pays.
La population a été d’abord frappée de stupeur quand elle a vu se presser aux portes des tribunaux, des postes de police et de gendarmerie mais aussi des prisons, une foule de femmes et d’hommes demandant, en larmes, à être incarcérés. Ils exigeaient leur punition pour des méfaits dont ils s’accusaient avec véhémence. Ils leur étaient devenus insupportables. En prêtant attention à chacun, on entendait des accusations terribles. On comprenait que cette foule larmoyante était faite de voleurs, de violeurs, d’assassins, d’escrocs, de faussaires, de trafiquants, etc. Ils venaient se livrer pour être punis de leurs vilenies, ne supportant plus leur indignité.
Très spectaculaire a été aussi la vague de démissions des responsables de la haute administration dans la police, la justice et dans beaucoup d’autres services de l’État. Pour justifier leur décision, ces fonctionnaires avouèrent s’être rendus coupables de falsifications de preuves, s’être laissés acheter, d’avoir vendu des renseignements, favorisé des entreprises, maquillé des preuves, vendu leur influence, accepté des pots de vin, fait condamner des innocents, extorqué des aveux.
Le Sénat, l’Assemblée nationale se transformèrent en cour de justice et l’on vit à la tribune un défilé de parlementaires avouer des mensonges, leurs reniements, leurs conflits d‘intérêt, leurs concussions, leurs trahisons, leur prévarications.
Personne ne fut épargné. Aucun secteur d’activité n’échappa au besoin de vertu qui agita l’âme, l’esprit de tous.
La première page des journaux cessa d’être remplie de la rumeur des guerres et de la vie des peoples. Elle se transforma en actes de contrition. Les plus fameux journalistes politiques s’accusèrent d’avoir manipulé l’opinion, d’être aux ordres de leurs patrons, banquiers et hommes d’affaires, de défendre leurs intérêts. Ils avouèrent être partisans, partiaux, mensongers, n’ayant que l’argent, le pouvoir, la gloire comme objectifs et méprisant la vérité. Leur besoin d’expiation atteignant une dimension qui laissait craindre qu’il leur serait difficile de se supporter très longtemps.
Les syndicalistes se flagellèrent en public en s'accusant de se moquer de leurs mandataires.
Des publicitaires, des médecins, des pharmaciens, avouèrent, en place publique par des communiqués, des lettres placardées sur la porte de leur bureau, de leur domicile, sur des affiches, leurs turpitudes et en détaillaient, avec une sévérité masochiste tous les détails.
Les banquiers ne supportant plus leurs activité se cachaient ou s’enrôlaient chez les petits frères des pauvres. Les banques fermèrent. Les buralistes n’acceptant plus de vendre des cigarettes qui apportaient la mort, fermaient leur boutique. Les fabricants de pesticides, brutalement conscients d’empoisonner la nature, stoppèrent leur production.
Les tueurs des abattoirs, les pêcheurs sur les chalutiers, refusèrent, du jour au lendemain, de continuer à abattre les bêtes, de ravager les populations marines : de quel droit s’arroger ce pouvoir ? La vie est sacrée. Telle fut la voix qu’ils entendirent brusquement à l’intérieur de leur conscience. Les boucheries, les charcuteries, les poissonneries baissèrent leur rideau, en accord complet avec leurs fournisseurs de chair fraîche.
La prise de conscience de la noirceur de leur vie antérieure, plongea les plus fragiles dans une détresse intolérable. Une vague de suicides décima les rangs de tous ces convertis tombés dans une dépression insoutenable. L’hécatombe prit de telles proportions qu’on put croire que l’honnêteté, symbole de la moralité, avait été l’exception.
Ainsi, du jour au lendemain, la société française retrouva le sens du bien et ne supporta plus le mal qu’elle faisait. Ne plus mentir, ne plus trahir, ne plus tuer, respecter l’autre, n’abuser de rien devint une exigence, un devoir, une obligation. Ce qui hier n’intéressait que les utopistes, des marginaux, des idéalistes, des doux dingues devint la vérité de tous.
Un nouveau monde est en train de surgir. Pour le moment, on ne sait pas ce que le prochain sera, car la pagaille est à son comble. Plus rien ne marche. Aucune grève générale n’a provoqué une telle paralysie. Le chaos est total. On ignore ce qui succédera à la barbarie et si la vertu triomphante ne fera pas regretter le vice d’hier… !
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à suivre

dimanche 6 octobre 2013

LES QUESTIONS DU JOUR


Vous qui vivez dans la précarité, sans salaire, sans maison, sans avenir, vous êtes en train de fabriquer un futur terrien. C’est un investissement sur le long terme à un moment où l’on n’est pas sûr que demain verra le jour. Est-ce par inconscience, irresponsabilité, imbécilité ou pour avoir de votre mariage un autre souvenir que le divorce ?
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Quand vous tuez un lion, un buffle, un éléphant, est-ce pour l’extase de son agonie ou pour le plaisir de détruire un être plus beau, plus fort que vous ?

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Est-ce pour :
- le prestige de l’habit vert,
-l’admiration de la famille ;
- la jalousie des confrères ;
- la place d’honneur dans les dîners en ville ;
- le rappel en page de garde
que vous êtes entré à l’Académie française ou simplement parce que, doutant du jugement du futur, vous préférez conjuguer l’immortalité au présent ?

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vendredi 4 octobre 2013

LE CONSEIL DU JOUR

Vous êtes jeune, beau, grand, fort, souple, adroit. Vous aimez Vivaldi, Verdi, Bach, la peinture italienne. Vous êtes musicien, chanteur, poète. Sensible, vous aimez la nature, les oiseaux, les papillons, les chats, les chiens. Vous êtes végétarien, gourmand, gourmet, aimez le sucre, le chocolat, le champagne. Généreux, amical extraverti, réfléchi, vous aimez aussi la solitude, le silence, le désert. Vous aimez planer dans le ciel, nager dans les coraux.
Enfin, vous êtes riche, très riche. Et, malgré tout, vous avez un problème, un gros problème. Vous êtes malheureux car vous vous sentez inachevé. Il vous manque votre moitié. Vous n’arrivez pas à trouver l’âme sœur, la femme de vos rêves. Celle qui comblerait votre besoin d’amour.
Vous voulez un conseil ?
-      Oui !
Vous êtes unique, une erreur de la nature. D’habitude on a un talent, deux ou trois au maximum. Vous les avez tous et vous recherchez un alter ego qui serait à votre dimension. Elle n’existe pas.
Heureusement ! Quoi de plus terrible que deux divas sur la même scène d’opéra. Dans les coulisses c’est la guerre. Ce qu’il vous faut c’est un complément et comme vous êtes complet, votre contraire, votre opposé c’est seulement alors que vous trouverez, avec l’équilibre, le bonheur. Vous cesserez d’être une exception, un monstre.
Trouvez un laideron, au Q.I. moyen, au caractère pas facile mais qui n’en reviendra pas d’avoir été le choix d’un parangon et qui appréciera. Elle vous donnera l’admiration que vous méritez sans l’excès que vous n’aimeriez pas. Elle vous permettra d’exploiter toutes les qualités qu’une autre aussi dotée que vous se serait contentée d’égaler.
Même s’il est vaste, vous n’avez pas d’autre choix !
 

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mardi 1 octobre 2013

LA QUESTION DU JOUR


Vous êtes un battant, n’avez peur de rien. Vous êtes prêt à tout, avez fait vos preuves, n’avez rien à prouver, de compte à rendre à personne, voyagez léger, êtes un homme libre, sans entrave, sans préjugé, sans limite, vous avez largué les amarres depuis longtemps. Alors vous attendez quoi ? un ordre ?

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L’OFFRE D’EMPLOI DU JOUR

Vous êtes paresseux ; vous n’avez jamais planté un arbre, tapé sur un clou, épluché une patate. Regarder un balayeur balayer, un cycliste pédaler, un coureur courir vous donne des courbatures. Votre expérience, votre expertise, votre art de vivre sans rien faire nous intéressent. Nous avons besoin de vous pour nous aider dans notre agence de conseil à l’individu en détresse. C’est un travailleur, ouvrier ou employé qui, avec 35 heures de travail hebdomadaire a 133 heures de repos. Il en consacre 8 chaque jour à dormir. Il lui reste 72 heures où il n’a rien à faire. Un nombre croissant d’individus  verse dans l’inaction, l’aboulie, facteurs de dépression.
Vous qui, depuis toujours, occupez votre temps à vide parce que vous aimez cela, naturellement, sans vous plaindre, sans rechigner, sans lamentation, nous vous demanderons d’apprendre à nos clients à meubler leurs 72 heures de loisirs. Vous leur ferez découvrir les plaisirs du farniente, les délices de la chaise-longue, la meilleure façon de faire la sieste, les subtilités de la méditation sans rumination. Votre vacuité, votre inutilité, votre désintérêt, votre parasitisme, enfin tout ce qui vous rend odieux à votre entourage vont trouver à s’employer et vous rendrez enfin à la communauté tout le bien qu’elle vous a prodigué depuis que vous vivez à ses crochets.
Nous avons conscience  du sacrifice  car travailler à rendre le sourire à nos malheureux travailleurs qui dépriment durant leur repos forcé, c’est faire violence à vos principes, rompre avec votre éthique, abjurer votre religion.
En contrepartie, vous apprendrez au contact des classes laborieuses à mieux vous connaître, en découvrant les raisons inconscientes de votre refus du travail, de la fatigue, de l’effort. Ce sera votre récompense, votre salaire. Votre contribution dans le cycle de notre cours d’adaptation au repos sera à la mesure de votre idéologie, car nous respectons votre philosophie. Votre seul spectacle leur montrera le chemin à suivre, les gestes à faire, vos trucs, votre méthode pour occuper vos heures de veille à rester impassible, insensible à l’ennui, à profiter des autres sans qu’ils s’en aperçoivent, à sauter sur les occasions, à prendre sans donner, à faire croire, à jouer au néant frénétique, etc.
Grâce à votre exemple, ils cesseront d’avoir la haine pour ceux qui, par bêtise, sectarisme, idéologie, ont eu la volonté, en leur enlevant le temps du travail, de leur faire perdre fierté, responsabilité, utilité, devoir, raison, pour mieux les asservir.

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