Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mardi 30 avril 2013

LA CÔTE AU TRÉSOR

Les bretons qui jouxtent l’Atlantique ont une réputation légendaire qui rend jaloux les continentaux. Ils envient leur fameuse sagesse. Ils la doivent au radon, au chouchen, aux bouquets, à l’iode, au goémon. On ne savait. La raison était simple. C’était tout ça plus la marée. Elle est exceptionnelle sur la côte bretonne avec une extension au Mont St. Michel. Son flot, en montant, magnifie leur sagesse. Son reflux la laisse à découvert, prête à l’emploi. Stimulée, sans arrêt, par ces allers-retours, l’imagination des bretons s’exagère, s’exaspère, s’envole. Elle en fait des poètes, des rêveurs, voyageurs. Les vents du ponant leur apportent des histoires d’ailleurs, les tempêtes leur font voir des mirages, les sirènes des bateaux et des fonds sous-marins les enchantent. Agités par la mer, éventés par le vent, lessivés par la pluie, les embruns, l’homme et la femme de la côte, entre terre et mer, marée haute et basse, les pieds dans le granit, la tête dans les nuées, le corps dans l’entre-deux, conversent avec le ciel, y parlent à cœur ouvert, se penchent par dessus bord, se perdent dans le bleu.
Il ne suffit pas d’être un poète bercé par la marée pour avoir une sagesse digne d’être admirée. Il y a que le breton de la côte croit ce qu’il voit à la façon d’Épicure, en est très content. Son imagination exaltée par le mouvement de la mer, la vue du ciel, la caresse du vent, sait que c’est trop beau pour n’être que vrai. Il s’est inventé, pour comprendre, un monde encore plus extraordinaire où il retrouve toutes les chimères, les sirènes, les farfadets qui lui font oublier que la terre est parfois à marée basse.
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