Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mardi 30 avril 2013

IL Y A

  • Ceux qui croient ce qu’ils voient : la nature, ses beautés, peuplée, habitée et qui n’en demandent pas plus. Ils s’occupent, dégustent, admirent.
  • Ceux qui n’en croient pas leurs yeux. C’est trop beau pour être vrai. Il doit y avoir un Deus Ex Machina qui veut les épater et qu’ils doivent remercier.
  • Ceux qui croient ce qu’ils voient et qui ne s’y trouvent pas à leur place. La vie qu’ils mènent est un enfer, eux qui méritent un paradis. Ils sont en transit et y arriveront dès qu’ils auront quitté cette vallée de larmes où ils n’ont fait que souffrir…
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LA CÔTE AU TRÉSOR

Les bretons qui jouxtent l’Atlantique ont une réputation légendaire qui rend jaloux les continentaux. Ils envient leur fameuse sagesse. Ils la doivent au radon, au chouchen, aux bouquets, à l’iode, au goémon. On ne savait. La raison était simple. C’était tout ça plus la marée. Elle est exceptionnelle sur la côte bretonne avec une extension au Mont St. Michel. Son flot, en montant, magnifie leur sagesse. Son reflux la laisse à découvert, prête à l’emploi. Stimulée, sans arrêt, par ces allers-retours, l’imagination des bretons s’exagère, s’exaspère, s’envole. Elle en fait des poètes, des rêveurs, voyageurs. Les vents du ponant leur apportent des histoires d’ailleurs, les tempêtes leur font voir des mirages, les sirènes des bateaux et des fonds sous-marins les enchantent. Agités par la mer, éventés par le vent, lessivés par la pluie, les embruns, l’homme et la femme de la côte, entre terre et mer, marée haute et basse, les pieds dans le granit, la tête dans les nuées, le corps dans l’entre-deux, conversent avec le ciel, y parlent à cœur ouvert, se penchent par dessus bord, se perdent dans le bleu.
Il ne suffit pas d’être un poète bercé par la marée pour avoir une sagesse digne d’être admirée. Il y a que le breton de la côte croit ce qu’il voit à la façon d’Épicure, en est très content. Son imagination exaltée par le mouvement de la mer, la vue du ciel, la caresse du vent, sait que c’est trop beau pour n’être que vrai. Il s’est inventé, pour comprendre, un monde encore plus extraordinaire où il retrouve toutes les chimères, les sirènes, les farfadets qui lui font oublier que la terre est parfois à marée basse.
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État des lieux

L’état des lieux était catastrophique : papiers déchirés, moquettes tâchées, rideaux fanés, dégâts des eaux. On comprend l’annonce de l’agence : « conviendrait à aveugle ».
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Avec une barbe de 8 jours, un ventre bedonnant, le cheveu rare, des bajoues tombantes, l’œil chassieux, un nez d’ivrogne, il avait su se composer une silhouette si ressemblante au personnage qu’on ne reconnaissait plus le jeune premier qu’il était. On ne voyait que le grand acteur…
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Anonymuse

Le cœur est au corps ce que le moteur est à la voiture.
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Une pensée de Marc Aurèle

« Il faut laisser la faute d’autrui où elle est ».
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HISTOIRE DRÔLE

Le coup de sonnette réveilla en sursaut à minuit toute la maison. Le chien aboya, le chat se hérissa, le poisson rouge se figea. Il n’y eut que moi qui rêvai que le facteur apportait une boîte de chocolats.
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lundi 29 avril 2013

C’EST DU BLÉ QU’IL NOUS FAUT !

Une tranche de pain, c’est pas rien. De l’eau, du sel, du levain, le pétrin, la main du boulanger et, surtout, la farine. Elle vient du blé qui a germé, prospéré et nous a donné un épi épais, plein de grains. Moissonnés, passés au silo, ensachés, ils sont allés se faire écraser au moulin du riche meunier qui en fit, sous sa meule, une blanche farine. Elle continua sa belle vie, à la demande : en pains de campagne, en baguettes, en miches et, si pas de chance, en petits bâtards.
Personnellement, je la préfère quand, pétrie dans le beurre, elle enfle, gonfle, dore. Le pain est perdu, mais j’ai gagné une belle brioche.
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ANONYMUSE

  •  Me connaissant,  si j’étais vous, je serais inquiet de ne pas savoir ce que je ferais à votre place.

UNE JOURNÉE DE CHIEN

La journée avait mal commencé. Ça avait été une nuit sans lune. Dès son lever, le soleil s’était caché. Le ciel était bas avec des nuages noirs qui venaient du Nord, poussés par un blizzard glacial. Ils étaient menaçants. Les gens s’attendaient au pire. Ils avaient faim, les armoires étaient vides, même les glacières n’avaient pas de glace. Les nouvelles étaient mauvaises. Tout le monde commençait à désespérer, certains se suicidaient. Vivement que le temps passe et qu’on soit à demain.
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MONTAIGNE

Il n’y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas un mal (Montaigne, Essais I, 20).

La différence entre humeur et humour

  • Si je dis : « quel triste jour », j’ai envie de pleurer, par contagion.
  • Si j’ajoute « il a été gâché par un beau soleil », ça me donne envie de rire.

EFFECTIVEMENT

Il y a les « il et elle », les « nous et vous », les « uns et les autres », le « tout le monde » et puis il y a « moi, je »….
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UNE PENSÉE DE TITINE

L’optimiste pendant le Malheur se réjouit du Bonheur qui suivra, le pessimiste de l’horreur qui arrivera. Le sage, qui sait que l’envers vaut l’endroit considère le Malheur comme le Bonheur.

L’ENFER C’EST LES AUTRES

Lire un roman c’est comme aller au cinéma, au théâtre, interroger. Cela suppose une curiosité que certains, nombreux, n’ont pas.
Les uns parce que rien ne les intéresse : ni les autres ni eux-mêmes. Indifférents à tout, ils regardent, cela suffit. Ils sont neutres.
D’autres, sont trop occupés d’eux-mêmes pour considérer ceux qui les côtoient, qu’ils rencontrent. Ils se suffisent aussi, contents de ce qu’ils sont. On ne sait pas s’ils en valent la peine. Ayant réponse à tout, on ne leur pose pas de questions.
Pour une troisième catégorie, entrer dans le livre, dans la pièce, dans le film, dans la conversation, c’est investir un domaine interdit, pénétrer dans une intimité réservée. C’est une effraction, un viol, une indignité, un manque d’éducation. De la même façon et pour les mêmes raisons ils se refusent à critiquer, à interroger, à s’inquiéter, à prendre partie. Ce serait une violence qu’ils se feraient. Ils ne peuvent faire aux autres ce qu’ils ne veulent pas pour eux. Poser une question supposerait accepter de répondre. Répondre exigerait de réfléchir afin d’avoir un avis. C’est un effort qui oblige à brasser les idées, les pensées, à les formuler, à les exprimer et à faire semblant d’être concernés. S’intéresser aux autres c’est surtout admettre que les autres s’intéressent avec la même indécence à ce que vous êtes. C’est leur ouvrir la porte, votre âme, c’est perdre votre intimité, votre liberté. C’est devenir transparent, prendre le risque que les autres s’aperçoivent qu’il n’y a rien à voir.
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dimanche 28 avril 2013

AVIS À LA POPULATION

Rilleurs, Rilleuses,

Vous êtes conviés, comme chaque année à la même époque depuis que la tradition existe, à notre fête du printemps.

Fête du son et des semailles, du renouveau, c’est la fête des fleurs, des fruits, des légumes, du plaisir, de la musique.

C’est elle qui ouvrira le bal et on commencera, comme d’habitude, par le concert de mademoiselle Ducretet de Thomson, notre secrétaire de mairie qui vous fera vibrer en interprétant, aux grands orgues de l’église paroissiale, le Printemps, un extrait des 4 saisons de Vivaldi.

Après cet hommage mérité dont nous remercions par avance la talentueuse mademoiselle Ducretet de Thomson, nous nous transporterons sur la grande place de la Mairie où, devant le monument aux morts, l’orphéon municipal au grand complet, sous la direction de son chef, Bernard Brillant, notre valeureux garde-champêtre sans peur ni reproche, livrera sa version bucolique du Sacré du Printemps du regretté Igor Moussorgski.

Après votre tonnerre d'applaudissements, nous gagnerons le terrain de sport pour entendre l'Hymne à la Joie. Merci à ce grand bonhomme que fut monsieur Beethoven. Point n’est besoin de rappeler tous ses succès. Ce serait faire de la peine à ceux qui n’en ont pas eus autant. Nos trois chorales, pour une fois réunies, fondront leurs voix. Elles seront soutenues par un fond musical que nous devrons aux solistes de l’orphéon municipal. J’adresserai d’abord un salut paternel au chœur des enfants de l’école primaire. Je dirai merci à la chorale des demoiselles de Rillé. Nous vous soutenons, mes chéries, dans votre combat contre le célibat. Enfin, merci à mes compagnons de lutte de la boule de fort d’avoir bien voulu interrompre leur tournoi hebdomadaire, pour mêler leurs voix mâles à celles cristallines de nos chérubins et à celles pointues de nos catherinettes.
Rions, que la fête commence !          

LE CONSEIL DU JOUR

Si personne n’a préempté votre minute à venir, prenez-la pour réfléchir, faites le vide dans votre esprit, préparez-vous à libérer le grand fauve qui est en vous et qui fera place nette, afin de regarder l’avenir avec optimisme, libéré des chaînes du présent.   

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LA PRÉDICTION DU JOUR

Dans vingt-quatre heures, à la seconde près, vous serez lundi et à la même heure qu’aujourd’hui.
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LA CLÉ DU MYSTÈRE

Les amis des chats s’interrogent depuis toujours sur la signification du ronronnement : Est-ce un indice de satisfaction ? Une manifestation de reconnaissance ? Un signe de sympathie ? Un bruit comme un autre ?
Titine, ma chatte favorite, m’a donné la clef du mystère : « On ronronne, nous, les chats, quand on en a envie ! ».

PENSÉES D’ANONYMUSE

  • L’ingrat est aussi généreux que l’avare.
  • Ceux qui éclatent en sanglots entre deux éclats de rire sont plus joyeux que ceux qui éclatent de rire entre deux sanglots.
  • La tradition exige que l’on pleure à l’enterrement et que l’on rie au baptême alors qu’il faudrait – quand on connaît la vie – le contraire.
  • Si c’était à refaire, je le referais mais à l’envers, pour revenir d’où je suis parti.
  • Finalement nous sommes très complémentaires : je suis votre recto, vous êtes mon verso, votre vice, ma vertu. Je trouve très bonnes vos idées fausses et vous très mauvaises mes bonnes idées. Nous sommes quittes.
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samedi 27 avril 2013

MISCELLANÉES

J’ai eu si chaud que je suis parti en fumée avant la ligne d’arrivée.
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Mon poêle est comme un feu d’artifice : il n’a aucune suite dans les idées, il faut sans cesse l’alimenter.
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Tous les matins, il part d’un bon pied, conquérant ; le soir il revient abattu, les traînant. Il faut croire qu’il passe la journée à se les faire marcher dessus.
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J’aimerais avoir le temps de faire tout ce que je dois faire et je n’y arrive jamais. Le problème c’est qu’au fur et à mesure qu’il passe, de nouvelles affaires s’ajoutent à celles que je n’ai pas encore faites…
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LE MOT DE TITINE DU SAMEDI


  • Avec les mots à double sens, le doute est permis.

ENTERREMENT DE PREMIÈRE CLASSE

Il eut un enterrement à l’américaine avec de belles homélies terminales.
Il y eut les mensonges habituels. Il fut qualifié :
  • de mari modèle,
  • d’ami fidèle,
  • de père exemplaire,
  • d’organisateur hors pair,
  • de sportif accompli,
  • de soldat courageux,
  • d’élève espiègle.
Il y eut :
  • L’improvisateur : « Lui, qui était toujours en retard, c’est la première fois qu’il est en avance sur l’heure d’arrivée ».  
  • Celui qui resta coi : « Son départ a été si rapide qu’il m’a laissé sans voix. Heureusement que j’ai mes yeux pour pleurer ».
  • Le politicien de service qui en profita pour tenir un petit meeting : « loyal à notre parti, fidèle à nos idées, toujours prêt à porter nos couleurs, tu étais au service de tous, dans ton engagement à mes côtés. Notre triomphe demain sera aussi le tien, etc., etc. ».
  • Le général de réserve engagé par la veuve et toujours nostalgique : « À mes côtés, à la 2ème D.B. il aurait pu montrer, s’il avait été moins jeune, ce qu’on aurait pu faire en 39 si on en avait eu les moyens ».
Mais il fallut clore, l’homme en noir du service funèbre s’impatientait, il avait d’autres corbillards à vider.  Son ami d’enfance qui ne l’abandonna jamais, son compère des bons coups, son complice des mauvais coups, l’amant de sa femme, le père de son fils unique et un illuminato sur ses vieux jours, eut les mots de la fin :
  • « Ami, tu m’as parlé au moment où tu étais en train de mourir, quand tu sortais du tunnel et entrais dans la lumière. Tu as bien fait de ne pas revenir. Tu avais fait le tour de tout. Tu n’avais plus de temps à perdre ici, tu avais un train à prendre. Bon voyage dans l’au-delà ».
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LA QUESTION DU JOUR AVEC SA RÉPONSE

Elle m’est posée par un lecteur :
« Monsieur, je suis votre régime de Mathusalem depuis sa publication le 30 janvier 2013. Je me sens rajeunir. Est-ce normal ? ».
Réponse : « Votre cas n’est pas rare. C’est un effet secondaire qui traduit seulement la vigueur de la réaction de votre organisme à ce nouveau régime. Si vous voulez éviter cette régression temporelle, il vous suffit de l’arrêter jusqu’à stabilisation et le reprendre un jour sur deux en alternance avec un régime traditionnel. ». 

LE CONSEIL DU JOUR

Si un supérieur vous dit, voulant vous faire sentir que vous lui êtes inférieur : « Votre opinion n’est pas recevable car vous avez tort » et que vous souhaiteriez entendre : « Votre opinion est recevable car vous avez raison », ce n’est pas difficile. Il vous suffit de dire le contraire de ce que vous pensez.
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GONE WITH THE WIND

J’ai oublié La Fontaine, les tables de multiplication, la règle de trois, la preuve par 9 mais où donc et or ni car, les bijoux, choux, cailloux, hiboux, genoux, la tirade du Cid. Comment voulez-vous que je me souvienne de vous ?

UNE PENSÉE MACABRE POUR MAUVAIS TEMPS

Une journée pareille passée à pleuvoir c’est encore plus triste pour un cimetière avec tous ces pauvres coincés dans leur cercueil, tout froids, tous mouillés et personne pour les réchauffer, les essuyer.
 

vendredi 26 avril 2013

UN MELTING POT À LA BOUCHERIE

Comment il était votre steak tartare ?
 
À l’attaque en bouche, on retrouvait tout le charnu du charolais avec, en arrière goût, un parfum de fleurs sauvages.
 
La deuxième bouchée est dans le contraste. On quitte le vieux continent. On est dans un mélange de tendreté un peu douceâtre, beaucoup de matière.
 
Je parierais sur un hachis de contre-filet d’un mustang sauvage d’une plaine du Far-West Il faut le mâchonner longuement si on veut en extraire toute la virilité et la souplesse. C’est sûr que ce n’est pas une viande élevée en batterie.
 
La dernière fourchetée m’a posé un problème. Elle laissait une impression d’amertume avec une pointe d’âcreté qui tranchait avec le soyeux un peu doucereux de la précédente. J’ai demandé à Thor, mon berger teuton, ce qu’il en pensait. Après l’avoir avalée, il m’a regardé avec l’air ravi qu’il prend en dégustant, le soir, sa ration de Royal canin. Vous confirmez son impression ?

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FIN DE LA TYPOLOGIE SEXUÉE

Suite à une réclamation, cette liste complémentaire d’hommes et de femmes s’estimant injustement oubliés et parfaitement qualifiés a dû être rajoutée à nos listes précédentes :

  • L’homme d’honneur est souvent légionnaire.
  • L’homme de lettres a du vocabulaire.
  • L’homme d’État est l’élu de tous.
  • L’homme d’église est bien en chaire.
  • L’homme de main a des lendemains sanglants.
  • L’homme toutes mains est ambidextre.
  • L’homme d’exception est rare.
  • L’homme de terrain est bien chaussé.
  • L’homme de cour est un valet.
  • L’homme invisible a du mal à se reconnaître.
  • La femme faible peut être forte. Cette ambiguïté l’exclut de la liste.
  • La femme forte peut être faible. Cette ambiguïté l’exclut de la liste.
  • La femme de tête n’est pas forcément laide.
  • La femme épanouie est une rose sans épines.
  • La femme enceinte est arrondie.
  • La femme gravide est à l’origine de tous.
  • La femme invisible ne court pas les rues.

Les oubliés se reconnaîtront et m’excuseront.  

PAROLES APOCRYPHES

Paroles faussement attribuées à Céline parlant de ses chats : « Heureusement qu’ils sont là, sans hypocrisie, sans mensonge, sans orgueil et sans s’éterniser à table pour ne rien dire. »
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PENSÉES D’ANONYMUSE

  • Si j’étais vous, je ne serais pas rassuré.
  • Nous avons beaucoup regretté que vous n’ayez pu venir, mais on a partagé votre soulagement.

PRÉPARATION À LA FÊTE DU TRAVAIL

Les congés payés ont été une réforme qui n’a malheureusement pas été conduite à son terme. Il aurait fallu, dans le même temps, rendre le travail gratuit. Les vacances auraient alors vraiment valu la peine.
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UNE CURIOSITÉ DE LA NATURE

La carotte cuite est plus tendre que la crue, le blé est plus dur que le pain frais, la pomme plus ferme que la compote. Il n’y a que l’œuf qui durcit à la cuisson.
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C’EST FOU

Si vous brisez la glace, en public, dans un bar par exemple, sa température reste toujours à zéro degré. En privé, chez vous, avec le même alcool, la température monte brusquement. A rien y comprendre !

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Pour faire fondre la glace un verre d’alcool est encore plus efficace qu’un coup de soleil.
Si la glace fond si vite au pôle Nord, ne serait-ce pas que les nordiques abusent de l’aquavit ?
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Vous avez raison, je me suis trompé. Mais vous avez de la chance. Si j’étais américain, vous seriez mort.

jeudi 25 avril 2013

APPEL À MES LECTEURS LOINTAINS

Your attention, please, Ваше внимание, пожалуйста.
Les pages de ce blog sont une friandise particulièrement goûtée par un lectorat russe et américain, à notre grande surprise. Notre message est certes universel et les valeurs que nous défendons font partie du patrimoine de l’humanité mais notre curiosité est impatiente de connaître qui, dans ces deux grands et beaux pays est attentif à notre production. Est-ce trop demander ?

UNE PENSÉE DE TITINE

Depuis que j‘ai décidé de ne plus :

-      parler pour ne rien dire,

-      marcher sans but,

-      manger sans faim,

-      boire sans soif,

-      penser sans idées,

je m’ennuie car j’ai plus rien à  faire.

LE CONSEIL DU JOUR

Si vous êtes décidé à tenir la promesse que vous vous étiez faite le 1er janvier 2013, dépêchez-vous car il est déjà presque 3 heures de l’après-midi. Il ne vous en reste que 9 pour tenir parole.

LE DEUXIÈME CONSEIL DU JOUR

C’est un avis que je vous donne en toute sympathie et dont la responsabilité n’engage que vous : avant d’ouvrir la bouche, assurez-vous que vous n’allez pas dire une grosse bêtise.

TITINE AU SUJET DE SA CORRESPONDANCE AVEC LE CHAT DE BRUXELLES

Ce fut très intéressant cet échange épistolier. J’ai compris que nous ne parlions pas le même langage, que les mots n’avaient pas la même signification, que nous n’avions rien à nous dire puisque nous ne voulions pas comprendre ce que l’autre disait et que chacun parlait pour lui-même en se moquant bien de ce que pouvait penser l’autre. Cette correspondance a seulement démontré, heureusement, que c’est nous qui avions raison.

L’HOMME, C’EST CONNU

  • L’homme-témoin est un bon exemple.
  • L’homme pressé marche en courant et est vite arrivé.
  • L’homme-orchestre est dominateur.
  • L’homme-sandwich n’est pas comestible.
  • L’homme prudent avance à tâtons.
  • L’homme ordinaire est transparent.
  • L’homme à femmes est un aimant.
  • L’homme protée est éclectique.
  • L’homme bidon est creux.
  • L’homme terminal est à venir.
  • L’homme d’affaires est en or.
  • L’homme parfait est un gentleman.
  • L’homme en fuite est parti.
  • L’homme-oiseau est un ange.
  • L’homme-araignée prend la mouche.
  • L’homme-canon fait le beau.
  • L’homme du jour a la côte.
  • L’homme marié a une femme.
  • L’homme infidèle en a deux.
  • L’homme averti a un jumeau.

mercredi 24 avril 2013

PENSÉES DE TITINE

  • Dormir et faire de beaux rêves c’est quand même moins aléatoire que d’essayer de mourir pour ressusciter.
  •  
  • Planter des haricots en rames c’est moins fatiguant que de ramer pour des haricots.

 

RESPECT


Je connais un homme de gauche qui a le courage de son opinion. Quoique droitier, il ne se sert que de sa main gauche.

PETITES ANNONCES

Veuve, suite inhumation imprévue, solde beaux restes.

Assurez vos animaux de compagnie contre les risques d’abandon.

Arthritiques, arthrosiques, pour vos semis de printemps, pensez à contacter notre service de plantation au potager.

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LA FEMME, C’EST TOUT VU

  • La femme fatale est canon.
  • La femme mariée est prise.
  • La femme célèbre est connue.
  • La femme du monde est polyglotte.
  • La femme du demi-monde est courue.
  • La femme scandaleuse est une honte.
  • La femme-modèle est un portrait.
  • La femme-objet est dans le sac.
  • La femme-enfant est une petite salope.
  • La femme-canon est du tonnerre.
  • La femme d’affaires est redoutable.
  • La femme fidèle est une sainte.
  • La femme infidèle est une mécréante.
  • La femme du boulanger est revenue.
  • La femme parfaite est à la maison.
  • La femme-tronc est divisée.
  • La femme distinguée est sentimentale.
  • La femme d’esprit est anorexique.
  • La femme du chef de gare est en train.
  • La femme aimante est attirante.
 

LES INDICES DE L’AMITIÉ (suite et fin)

3ème indice : l’heure du départ.

Relevez bien l’heure à laquelle la phrase suivante est prononcée, après que le café ait été servi : « il va falloir qu’on pense à rentrer, on a de la route à faire ».
C’est le signal que le temps imparti à la corvée de la visite touche à sa fin et que l’on a mieux à faire.
On retrouve ici l’échelle déjà vue en 1 et 2 :
                                                    Minutes                          Valeur
                                                        5’                                   10
                                                        10’                                  9
                                                        15’                                  8
                                                        20’                                 7
                                                        25’                                 6
                                                        30’                                 5
                                                        35’                                 4
                                                        40’                                 3
                                                        45’                                 2
                                                        1 heure ou plus                1
La sympathie la plus vive s’exprime par la valeur 1, l’antipathie, à peine déguisée, par 10.

CONCLUSION

Ces chiffres sont valables pour les deux protagonistes : vous et votre invité. Empêtrés dans les conventions sociales, on a parfois du mal à évaluer son propre degré d’attachement à un tiers. Avec cette méthode basée sur des bases clairement identifiées, vous disposerez d’un instrument de mesure simple et fiable. Il vous apportera l’information nécessaire pour étalonner vos amitiés, vos relations et vos connaissances.
Les trois indices qui ont été aussi qualifiés d’indices de Dancharr - malgré mes protestations – par ceux qui les ont expérimentés avec un succès dont ils ne cessent de me remercier tant ils leur on fait gagner du temps et surtout l’argent des repas et des cadeaux d’accompagnement obligatoires (rares sont ceux qui s’en exonèrent. Indice précieux : l’invité est aussi un prétentieux qui se prend pour un cadeau). Chacun des indices a une valeur suffisante pour renseigner complètement. L’impression prend une qualité supérieure quand les trois peuvent être additionnés. Cet indice à la puissance 3 donne un étalonnage définitif que l’on peut résumer en :
-      3 : ami de qualité extra. Évitez cependant d’essayer de comprendre ses motivations secrètes ;
-      15 : ami intermédiaire entre relation et connaissance ; à conserver, si les retombées peuvent servir.
-      30 : Faux-ami. En fait, ennemi larvé.
Si vous voulez un conseil, vous pouvez éliminer tous ceux qui approchent ou dépassent 30. Vous avez mieux à faire que passer du temps avec des gens qui n’ont aucune sympathie pour vous ou vous pour eux. Ils médisent autant qu’ils le peuvent dans votre dos et, ça ne m’étonnerait pas, ils aient lancé les calomnies dont votre réputation a souffert.
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mardi 23 avril 2013

CONSEIL DU JOUR

Les ennemis des chats et des chiens, liront avec profit « C comme chien et chat » sur Dico Sans Queue ni Tête :

À RETENIR

L’homme peut bien dompter la nature mais il est assujetti à sa pensée. (Fustel de Coulanges, La Cité Antique).

LE COIN DU CYNIQUE

Moi, monsieur, je le sais depuis longtemps. La course, je la réserve pour le supermarché une fois par semaine et jamais de marathon. C’est trop dangereux. On risque de voir ses pieds fondre sur le macadam, ses muscles des mollets disparaître, mangés par les crampes, le cœur, fatigué de battre trop vite, s’arrêter et les poumons se vider de leur air, sans esprit de retour. Il ne reste plus grande chose du bonhomme à l’arrivée, sur une civière. Mais on ne savait pas qu’il pouvait être mortel pour les spectateurs.

PENSÉES DISPARATES

Vous avez eu raison de partir avant qu’ils n’arrivent car ils avaient un tel retard que vous les auriez attendus encore plus longtemps.

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Les hirondelles arrivent avec le printemps, elles partent à la fin de l’été. Qui s’occupe de l’automne et de l’hiver ?

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Vous avez eu raison de partir quand il était encore temps. Vous avez échappé au pire. Les déficits ont été comblés, les affaires ont repris. Si vous étiez resté, on aurait pu vous accuser d’être responsable de la faillite qui s’annonçait.

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L’organisateur du safari les avait pourtant prévenus : « ne donnez pas de biftecks aux lions, cela les met en appétit ! ».

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TOUT EST RELATIF

Le repos est finalement plus fatigant que le travail car ce dernier est suivi d’un repos qui permet de se reposer. Tandis que le repos est généralement interrompu par un travail qui est souvent très fatigant.

LES INDICES DE L’AMITIÉ

Vous connaissez la brièveté de la vie depuis que Sénèque vous en a parlé. Vous ne savez pas si vous serez encore là demain. Votre curiosité ne sera satisfaite que dans 24 heures. Vous devez donc avoir une gestion du temps à la mesure de l’inconnu du lendemain, de son coût et pour mieux le rentabiliser, votre productivité, avec l’âge, ayant tendance à décliner.
Vous avez appris, dans ce blog – qui a une dimension humanitaire reconnue depuis le fin fond de la Russie jusqu’aux extrémités des plaines du Texas – comment choisir un métier, vivre une éternité et, surtout, améliorer votre rapport à l’amitié. Les critères de sélection des amis étaient, jusqu’à ce que je m’en préoccupe, totalement subjectifs. Ils perdaient ainsi leur sérieux et toute précision. Pour donner une valeur scientifique à la discrimination objective qui doit présider à leur choix, j’ai choisi des indices indiscutables qui vont vous permettre d’évaluer la sympathie que vous éprouvez pour les relations que la vie sociale vous impose et celle qu’elles éprouvent à votre égard. Il vous sera même possible d’en mesurer les degrés grâce à une échelle de valeurs inspirée de celle de Richter. Cette évaluation ne vous demandera que l’aide d’un chronomètre et se fera à l’occasion d’une invitation à déjeuner ou à dîner. Les trois étapes de l’invitation peuvent servir. Il suffit d’un peu d’observation.

1er indice : la prise de rendez-vous.


La date du déjeuner (ou du dîner) est généralement fixée par téléphone. Mesurez exactement le temps qui sépare la première allusion à la date de la réunion et celui où l’accord se fait sur une date compatible. Plus le temps passe, moins l’envie de vous voir est grande. Plus l’interlocuteur feuillette son carnet de rendez-vous pour trouver un moment où vous caser, moins sa sympathie est forte. La date est fixée :
-      Demain                                        1
-      Dans la semaine                           2
-      Dans la semaine qui suit               3
-      Dans la quinzaine                          4
-      Dans le mois                                5
-      Dans les deux mois                       6
-      Dans les trois mois                      7
-      Au retour des grandes vacances   8
-      Avant la fin de l’année                  9
-      Il faudra qu’on en reparle             10
On a ainsi toutes les gradations de l’amitié la plus vive (le plus tôt sera le mieux) à l’antipathie à peine déguisée (le plus tard sera le mieux).

2ème indice


Le retard à l’arrivée a une valeur estimative irréfutable et constamment vérifiable.
L’heure d’arrivée est souvent tacite mais parfois clairement affichée. « Vous arrivez vers 12 h 30 » ou « Venez vers 20 heures, qu’on ait le temps de parler un peu avant de passer à table ». Paroles rituelles pour une cérémonie formelle.
L’arrivée en avance signe l’amitié à toute épreuve, l’ami(e) sur qui vous pouvez compter et qui ne vous laissera pas tomber. Bravo ! C’est de l’or, vous avez de la chance.
-      À l’heure : une bonne amitié. Elle a fait ses preuves et n’a pas encore déçu.
-      Le quart d’heure de retard. C’est acceptable. Ça arrive à tout le monde. Quelques feux rouges, un embouteillage, une erreur de parcours, une panne de GPS.
-      30’ de retard. Il devient significatif. Ce repas est une corvée dont on se serait bien passé. Mais on a été coincé. Pas moyen de refuser. 30’ de retard c’est 30’ de gagnés.
-      1 heure de retard. L’excuse est difficile à trouver. Elle doit être énorme pour faire pardonner le soufflé retombé, la viande cramée, le dessert fondu. 
Le mensonge est à la mesure du retard:
-      décès d’une belle-mère ;
-      panne de voiture et recours à l’assistance de l’ACO. Vous savez, ils ne sont jamais pressés ;
-      une fuite d’eau, de gaz, l’arrêt cardiaque du voisin.
 
(suite et fin demain)

lundi 22 avril 2013

LE SERVICE DU JOUR À RENDRE

Si, aujourd’hui, un ami vous dit qu’il a un trou de mémoire et qu’il ne sait pas quel jour on est, rendez-lui service. Dites-lui que l’on est le lundi qui suit le troisième dimanche après Pâques.
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LE CONSEIL DU RHUMATO

Si vous avez mal aux genoux quand vous vous agenouillez, changez de religion.

PENSÉES DISPARATES

S’il fallait recommencer à zéro, je changerais d’abord de numéro et choisirais le bon. Après, ce sera facile car, avec de la chance on peut tout faire.
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On croit le combat gagné, l’adversaire est K.O., il se fait tout riquiqui, tout raccourci, à la ramasse. Et il suffit d’une petite ondée, d’une pluie bien arrosée pour qu’il redresse la tête, rebique du nez. Tout est à refaire. Il faut repasser la tondeuse !
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C’est bien connu, les estoniens attrapent davantage de coups de soleil que les habitants d’Ouessant. Il est plus perçant au lever qu’à son coucher.
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Si c’était à refaire, je le referai. Mais à l’envers.
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LA PENSÉE POLITIQUE DU JOUR

Les américains attendent toujours avec une impatience mêlée d’inquiétude le discours de leur président sur l’état de l’Union. À sa fin, ils savent ce qu’il en est et à quoi ils doivent s’attendre. Leurs jambes sont plus belles et ils repartent du bon pied.
Les français n’ont pas la chance de bénéficier de ce jour d’explication. Ils ont droit, en revanche, à la démonstration permanente de la désunion du gouvernement, du parti au pouvoir, de la lutte entre l’extrême gauche, la gauche et le centre et de celle de l’opposition avec son combat des chefs et sa guerre entre l’extrême droite, la droite et le centre.

L’AFFAIRE DU SIÈCLE

  • Château du XVI-XVII et son parc clos de murs fortifiés (ISMH) entièrement restauré, belles réceptions, 20 chambres tout confort, piscines hiver, été, haras, conciergerie, maison de gardien, isolation classe A, chauffage solaire et géothermique, électricité autonome par photovoltaïque, éolien.
  •  
  • 3 000 hectares de forêt, 1 000 hectares de prairies naturelles. 2 étangs de 500 hectares eau douce – eau salée (en direct de mer Iroise par pipe-line enterré isolation membrane EPDM). Il permet la pêche au gros : requins, barracudas, tarpons, espadons, etc.
  •  
  • Chasse au gros : bisons d’Europe, ours, loups, tigres de Sibérie, lynx, cerfs, daims, etc.
  •  
  • Conviendrait à oligarque russe, prince d’Arabie, parrain sicilien.
  •  
  • Bénéficie de l’extraterritorialité.
  •  
  • Terrain d’atterrissage jets privés, tout de contrôle affilée à l’A.C.A.
  •  
  • Prix : l’euro symbolique
  •  
  • Caution : 100.000.000 € non récupérable.
  •  
  • Libre de suite.
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COMMENT DEVENIR PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE

Le Saint Graal de la littérature mondiale n’est pas à la portée de tous les écrivains. La sélection est sévère. Elle est l’apanage d’un groupuscule d’esprits pénétrés de l’importance de leur mission, dévoués à célébrer la mémoire de l’inventeur de la poudre de 4ème génération et précurseur inspiré de l’extermination de masse. L’abnégation dont ils font dorénavant preuve dans l’exercice de leur fonction augmente encore notre admiration.
 
Leur choix obéit à des critères que les candidats à la gloire ne doivent pas ignorer s’ils veulent, au terme de leur fécondité, quitter l’arène littéraire avec un petit viatique qui leur assurera une retraite paisible et une notoriété à laquelle ils avaient renoncée.
 
Ils doivent être :
 
1/ Obscur aussi bien dans la forme que dans le fond.
 
Le style sera hermétique, avec une tendance sans équivoque à l’incompréhension totale du lecteur moyennement cultivé, possédant le vocabulaire habituel de l’honnête homme de sa catégorie et une maîtrise raisonnable de la grammaire, de la syntaxe.
 
Le style privilégiera une simplification apparente de la prosopée en employant le contre-sens systématique mais hiérarchisé. La banalité du propos exclura toute trivialité et se maintiendra aux frontières de la méditation transcendantale. Il sera renforcé (le propos) par l’éloquence de sa traduction syllabique.
 
L’opposition entre le fond et la forme est le stigmate qui interpelle les fondés du Nobel littéraire. Elle garantira également l’enthousiasme des critiques de Libération, de Télérama, de la Revue des deux mondes et de Témoignage Chrétien qui découvriront leur héros de toujours dès l’annonce du résultat.
 
2/ Inconnu.
 
Le Nobel de Littérature ne récompensera jamais un grand écrivain populaire : Graham Green, Kessel, Burgess, Montesquieu (oui, je sais, mais à titre posthume) ne l’ont pas été. Aujourd’hui Le Carré, Stephen King, Grisham ne le seront jamais. Il doit être inconnu de tous, publié quasi à compte d’auteur par un éditeur habitué des tirages confidentiels, traduit d’une langue connue des seuls habitants d’un pays ignoré car trop petit pour apparaître sur une carte. Le tirage de tous ses chefs d’œuvre aura été limité à la satisfaction de ses proches (la famille ayant habituellement disparu durant son jeune âge).
 
La personnalité de l’auteur enfin sorti de l’anonymat où il se complaisait pour ne pas laisser distraire une inspiration puisée aux meilleures sources (en voie d’épuisement compte tenu de la baisse de la nappe phréatique) apparaît - à ceux qui ont réussi à l’approcher – très riche. Elle se définit par une apparence austère qui s’enveloppe dans un silence éloquent. Le regard sibyllin est dominé par un regard perçant. Il sait émettre des sentences définitives qui illustrent à merveille le sens caché de son message à la portée universelle.
 
3/ Respectueux de l’environnement. L’œuvre doit avoir du signifiant, c’est-à-dire signifié que l’empreinte carbone de sa pensée, de ses actes et de son écriture ne participe pas au délabrement de Gaïa, sa muse exclusive. Elle doit permettre à Télérama de sortir un numéro spécial sur son héros du jour – valable pour tous les candidats, seul le nom aura été laissé en blanc – où le critique en extase saura montrer que l’auteur nous a apporté ce qui manquait depuis le départ d’Arthur R. en Abyssinie en 1880 et que lui aurait apporté l’autre espoir s’il n’avait pas, dans une mort prématurée et préméditée, préféré se retirer du champ  d’honneur de la littérature  On retrouve chez l’impétrant la fulgurance d’une destinée activée par le génie créatif et qui a su s’épanouir avant de s’envoler prématurément comme les deux jeunots qui ont été ses aînés.
 
Mieux encore qu’ils l’auraient été s’ils avaient été dans son siècle , il a su parler de l’air, de l’eau, de l’herbe, du souffle, de la ruminance de la vache asservie à son pis, du cochon qui sommeille dans sa bauge, du bouton d’or du pissenlit qui revendique sa place face au dédain du tournesol victime lui-même de l’activisme forcené d’une agro-culture industrielle, complices des pollueurs, des conservateurs et d’un ministère de l’agriculture aux ordres des destructeurs de nos mouches à miel, gardiennes de la fécondité et de la biodiversité.
 
Nanti de ces trois qualités qui font la gloire et la grandeur d’une littérature iconoclaste sans lecteur car illisible, sans intérêt car ouvrant des portes ouvertes, biocompatible avec tous les poncifs du moment, l’homme de lettres qui les réunit a toutes les chances d’entrer dans le panthéon des enterrés vivants dans la légende de la littérature disparue.

dimanche 21 avril 2013

PENSÉES DE TITINE

     
  • Un bienfait n’est jamais perdu quand on se fait un petit plaisir.
 
  • Excusez-moi mais, si tout le monde est méchant, pourquoi je ferais exception ?
  •  
  • Oui, vous êtes à l’heure mais moi je suis en retard. On ne pourra pas se rencontrer aujourd’hui.

PENSÉES PROFUSES


  • S’il pouvait se taire, on le prendrait pour ce qu’il paraît être.
  • Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat. Lui, il saura me faire taire.
  • C’était un personnage contradictoire. Son langage des mains contredisait ce qu’il racontait.

CONVERSATION DE GUERRE

Il est dangereux de parler avec un autre que soi-même car une conversation est une entrée en guerre. La première question est une attaque frontale : « Comment allez-vous ? ».
 
La réponse fusse, directe : « Bien et vous ? ». C’est une contre-attaque incisive qui renvoie la balle dans l’autre camp. Pas moyen d’y échapper, vous êtes cerné, les hostilités ont commencé. Vous répondez par un bombardement d’interrogations. Les représailles sont immédiates. Vous reculez sous le déchaînement des réponses. Les échanges sont incessants. Vous demandez une trêve, le temps de se rafraîchir d’un verre d’eau, de se remonter le moral d’un pastis. Les batteries rechargées, la discussion reprend. À bout d’arguments, vous cherchez une échappatoire, la tangente, vous prétextez une lettre à poster avant la levée, un train à prendre avant le prochain… Le vainqueur est le gagnant du dernier mot.
 
Pour vous, c’est une défaite honteuse, une déroute. Vous avez le moral de Napoléon au soir de la Bérézina. Il ne perd rien pour attendre. La revanche sera éclatante. J’attaquerai sans préavis avec des munitions de qualité, une préparation d’artillerie lourde, avec des arguments affûtés. Il sera humilié, écrasé, foudroyé, ce paltoquet, ce faux-ami. Il se croyait le plus fort parce qu’il avait remporté une bataille. Moi, monsieur, c’est la guerre que je vais gagner!
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PAS DE PANIQUE

Nous sommes dans un passage délicat. Il faut en convenir. Les difficultés sont considérables. Nul ne peut le nier. La conjoncture défavorable, l’accumulation des obstacles incitent au pessimisme. Je me permets de rappeler à ceux qui l’auraient oublié que l’humanité a déjà essuyé des moments difficiles et qu’elle s’en est toujours relevée.
Le plus célèbre reste le déluge. Noé et les siens ont su rebondir, en ont tiré des bénéfices. Je ne ferai pas le jeu de Dieudonné et n’en dirai pas plus.
Les catastrophes naturelles, artificielles, économiques, guerrières se sont succédées dès que l’eau se fut évaporée sans interruption et à des intervalles suffisamment rapprochés pour que certains eussent survécu à plusieurs.
Me considérant encore comme français, l’Europe étant par trop décevante, je me bornerai aux passages délicats que notre cher, grand et vieux pays a surmontés avec panache pour illustrer mon propos qui, comme vous l’avez deviné, tend à relativiser l’horreur dans laquelle nous nous débattons : je m’excuse auprès de mes lecteurs qui n’ont pas la chance de partager notre francitude, le petit accès de chauvinisme franchouillard sera passager, rassurez-vous, I am sorry, извините, Entschuldigung.
Ils trouveront dans leurs beaux livres d’histoire des avanies du même calibre et peut-être même d’un diamètre supérieur et surmonter avec profit et honneur. Félicitations.
Nous n’insisterons pas sur toutes les avanies que les mérovingiens, les carolingiens et même les capétiens firent subir aux successeurs des gaulois.
La première croisade fut une opération française ordonnée par Urbain II, pape français et prêché par Pierre l’Ermite. Vous vous en souvenez car vous êtes de l’époque où l’Histoire avait droit d'école. Ce fut une hécatombe et la plupart des croisés moururent avant d’atteindre la terre promise. Combien de litres de larmes furent versés dans les donjons et les chaumières mais quelles retombées par la suite. La langue et la civilisation française acquirent dans le proche orient une position privilégiée. Les rapports entre les Infidèles et les Croisés devinrent meilleurs qu’on ne l’eût pu imaginer. Les deux civilisations se pénétrèrent, etc. (pour plus de détails vous vous reporterez à l’Histoire de la France d’André Maurois page 62 dans mon édition).
Donc on a avec la première croisade, mal préparée et très coûteuse l’exemple qu’une aventure menée par des chefs incompétents avec un résultat peu concluant finit par se révéler une bonne affaire.
Je ne parlerai pas des produits dérivés qui n’ont jamais cessé d’être commercialisés : croisés de plomb, Puy du Fou, films, livres, essor touristique de Malte, etc.
La guerre de cent ans ne fut plaisante pour personne, le moral fut très bas pendant presque tout le temps. Les batailles succédaient aux batailles, les défaites aux défaites. Famine, épidémies de tous germes . La France avait presque cessé d’exister en tant que pays libre. Un régent anglais gouvernait à Paris. Et puis ce fut la résurrection, Jeanne d’Arc, Charles VII, couronné à Rouen, l’anglais bouté, la France relevée, Charles VII le faible devint l’un des plus puissants souverains européens et l’arbitre de l’Europe (dixit André Maurois). Quel success story ! Quel retournement, quelle remontée de l’enfer. Rien de comparable avec ce que vous vivons et ce qui a été possible au 15ème siècle, ne le serait pas au 21 ? Il suffirait d’une bergerette !
Sautons quelques siècles et arrêtons-nous un instant à la chouannerie, la guerre civile. L’Ouest à feu et à sang et voyez-le aujourd’hui : Angers, la Baule, Niort, des villes plantureuses, heureuses, le maire de Nantes régente Paris. Rappelez-vous Waterloo, Sedan, Rethondes, la honte, l’ennemi aux Champs Élysées et puis le retour des beaux jours, de la liberté. Il suffit d’attendre, de résister, de se redresser.
On a l’habitude des minables, des capables leur succèdent toujours, les déficits n’existent que pour être comblés, les trous ont la vocation d’être bouchés, le printemps suit toujours l’hiver, le beau temps le mauvais. Ne croyez pas les pessimistes, ce sont les déçus de toujours, des masochistes. Regardez-vous dans la glace : vous avez fière allure. Vous m’impressionneriez, si j’étais vous. Vous êtes du genre décidé, vous l’avez  souvent montré. Vous n’allez pas vous dégonfler, vous démonter, déserter. La panique va trouver à qui parler!
 
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samedi 20 avril 2013

INFERNALE MNÉMÉE (suite et fin)


LES MNÉMONISTES INTÉGRISTES


Pour gagner du temps, nous allons sauter des gains de mémoire de plus en plus gros pour arriver au nec plus ultra c’est-à-dire à la mémoire absolue. Celle qui accumule tout et n’oublie rien. À ce degré, elle est pathologique puisque de plus en plus encombrante au fur et à la mesure que les jours passent. Le cas est extrême mais bien étudié (LURIA A.R. « Une prodigieuse mémoire », Ed. Seuil, Paris 1995).
 
Nous nous y attacherons simplement pour faire prendre conscience que ce type de mémoire même à des degrés inférieurs mais cependant conséquents fait partie des catastrophes naturelles contre lesquelles il est impossible se de prémunir et qui, si on a un peu de sensibilité, ne peuvent que conduire au malheur absolu.
 
Il n’y a que des personnalités d’exception, comme le ravi du village qui peut y trouver un avantage. Faute de mots pour en faire part, celui que l’on avait rencontré dans un village de Haute Provence n’a pu faire partager son bonheur. À son sourire béat on imaginait cependant la profondeur de son ravissement. Prenant tout en bien, les coups de savate pour des caresses, les engueulades pour des compliments, il ne connaît ni la peur ni la tristesse. La vie est une joyeuse comédie, pleine de rires et tous ses souvenirs sont des babas-au-rhum.
 
La mémoire exceptionnelle est une mémoire, hélas, non discriminatoire. Elle enregistre tout, du début à la fin : moments de plaisir, de joie, de découverte et tous les autres, ceux qui ont fait pleurer de honte, de désespoir, de douleur, les mauvais souvenirs faits de cauchemars, d’horreur, d’abomination, d’échecs, d’accidents, d’incidents, de chutes, de ruptures, de déceptions, de guerre, de chômage, de dépression…
 
Le rappel de tout fait revivre le passé même quand on veut l’oublier. Il oblige à visiter, au hasard d’une réminiscence, des instants qui ont laissé une blessure et que la mémoire remet à vif. C’est une opération permanente sans l’anesthésie que procure la mauvaise mémoire qui entoure tout d’une brume, de flou, qui lui fait perdre sa réalité, sa cruauté.
On vieillit sans trop se détester simplement parce qu’on arrive à faire semblant d’oublier toutes les saloperies, les vilenies, les avanies, les mensonges, les faiblesses, les lâchetés qu’on a accumulé depuis le début. Elles sont supportables parce qu’elles se sont étagées au fil des ans, de temps en temps.
 
Mais la mémoire ne fait pas le détail. Tout est là, d’un seul coup et ça fait beaucoup et mal. Trop pour un seul homme, une faible femme. Comment est-ce possible ? Je ne m’en aperçois qu’aujourd’hui et j’ai heureusement oublié le pire. Quel beau salaud, quelle belle salope j’ai été et je continue, probablement, à être.
 
Le marchand d’oubli, miséricordieux, passe heureusement pour la plupart et on oublie les sales moments, privilégiant les beaux, ceux qui permettent de se supporter, même, pour certains du genre Narcisse, de s’aimer. Mais ceux qui nous intéressent, qui ont une mémoire en Giga-octets, ils revoient tout, en paroles, images, musique, une intégrale en v.o., en accéléré. Cette réminiscence des souvenirs à supprimer rend la vie épouvantable et malheureux ces mémoristes intégristes. La mémoire instantanée du poisson rouge doit leur paraître miraculeuse. Les pauvres en mémoire montrent une nouvelle fois leur supériorité sur les riches. Pour vivre heureux il faut non seulement se cacher, mais être amnésique.
 

 CONCLUSION

 La vérité est dans l’entre-deux. Si la béatitude était le bonheur, l’amnésique serait plus heureux que le mnémoniste et le serin plus chanceux que l’éléphant. On peut en douter. Comme tout contient son contraire, que la pitié est dangereuse, la charité une posture égoïste, le succès une roche tarpéienne, la mémoire est la langue d’Ésope : la meilleure et la pire des choses. Son absence chez l’un, son excès chez l’autre rendent malheureux les deux. Elle noie ou assèche la seule qualité qui importe : la réflexion. Elle empêche, pour les mêmes raisons, la comparaison qui seule permet la critique, l’autre vertu valeureuse. Mnémée n’est infernale, comme Clio n’est abominable (Cioran) que dans ses excès. Que Zeus nous en garde !   

FIN