Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


vendredi 29 mars 2013

DROIT À L’ERREUR

Dans une typologie des amis qui m’a valu beaucoup d’ennemis, j’ai commis une erreur, heureusement réparable. J’ai oublié les amis rentables. C’était d’autant plus impardonnable que, dans cette période de famine monétaire, ce sont les seuls fréquentables parce que les plus profitables.
 
Non seulement je suis toujours de mon avis, mais j’étais d’accord avec mon conseiller en placements financiers quand il m’en fit la remarque.
 
C’est une variété à ne pas négliger, même si elle n’est pas répertoriée. Je me pardonnerai de ne pas y avoir pensé mais aucun des amis qui restaient dans mon portefeuille ne pouvait être qualifié de bancable. J’avais trois retraités à la retraite plutôt rouillée, deux au chômage, un en invalidité catégorie 2, deux en inaptitude, un simple soldat en activité et j’allais oublier un père de famille nombreuse au foyer qui vivotait chichement des allocs et d’une IPP à 12%.
 
C’est donc dans les relations qu’il me fallait puiser. J’avais deux vagues connaissances qui pouvaient faire l’affaire. Ce ne fut pas difficile de créer des occasions de les rencontrer, le monde est si petit ! Découvrir des affinités électives, des goûts identiques, sans parler des points communs, n’est pas compliqué avec une peu d’imagination, une empathie naturelle et, surtout, le besoin de faire plaisir.
 
Ma première bonne pioche fut une vieille dame bien dotée à qui j’avais ramené son chat égaré dans mon jardin (j’avais emprunté à une cousine sa chatte en chaleur) après que nous eussions causé de croquettes, de pâtés, fait un comparatif des vétos du coin, j’avais pris la coutume de partager son plaisir hebdomadaire : une partie de petits chevaux suivie d’une partie de dames. Après l’avoir laissée gagner une fois par semaine pendant six mois, elle a promis, sans que je ne lui demande rien, de parler de moi à son notaire. L’investissement sera peut-être payant à court – moyen terme si une canicule nous revient, mais le dividende sera mérité car, avec son cavum édenté et une halitose carabinée (son dentier n’en pouvant plus s’était échappé) ; son phrasé est aussi malsonnant que malodorant.
 
L’autre sollicite moins ma charité et si j’entretiens son amitié avec assiduité c’est en toute sincérité. C’est l’hobereau du village, un homme à l’aise parce que très avisé. Il aime surtout bien s’amuser. Il ne regarde pas à la dépense, n’a pas peur de perdre au poker, prête sans reconnaissance de dette. Il ne laisse pas ses amis dans le pétrin. Il m’en tirerait avant que le boulanger ne fasse de moi un homme sandwich. C’est un véritable ami sur qui on peut compter.

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