Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


mardi 31 décembre 2013

Il était tellement bavard qu’il commençait à parler sans savoir ce qu’il allait dire.
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Ce que je pense de vous équilibre l’idée que vous avez de moi.
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LE CONSEIL DU JOUR

Pour une fois, suivez mon conseil. Dépêchez-vous de découvrir Lawrence Sanders, un auteur de polars disparu mais avec des héros politiquement incorrects, une humeur canine, un humour cynique.. Il fait des auteurs à la mode comme Connellly, Mankell, Vargas, Léon et autre Chattam, des besogneux, des tireurs à la ligne, des remplisseurs de vide. Son Privé de Wall Street (Albin Michel) est particulièrement efficace, hilarant, dégoûtant. Tout y est décapant et épatant. Il a fait aussi dans la politique-fiction et son « Sorcier de la Maison Blanche » (Presses de la Cité), un avatar de Raspoutine, est une satire formidable, crédible, plausible et tenue avec justesse, finesse, méchanceté. Sa qualité ne tient pas seulement à l’imagination, au style mais à la solidité de la recherche, de l’analyse qui soutient son travail romanesque.
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L’ENVOLÉE DU JOUR

L’air se promène dans le vent
Au-dessus de la terre qui remplit le sol
Où pousse le bois qui brûle dans la cheminée
Avant d’être éteint par l’eau qui coule
Au fond du puits.
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lundi 30 décembre 2013

MAIS OU DONC ET OR NI CAR


La famille, les amis, les anciens de ses écoles nombreuses, le comité de veille de la Commission Attali, le Syndicat Fantôme des Agents d’Influence Occulte, lancent un avis de recherche de cet homme :
-      Mâle (AOC)
-      La quarantaine sémillante
-      Polyglotte, polygraphe, polycartes, protée, globe-trotter ;
-      Avec de l’expérience, des références, une carte de visite, un carnet d’adresses.
Il a disparu des écrans, depuis un temps long et certain. Ils craignent :
-      Un break-down,
-      Un burn-out,
-      Une overdose ;
-      Une aboulie, une apraxie, une aphasie, une agueusie ;
-      La crampe, la panne.
Les hypothèses émises par les limiers lancés à sa poursuite n’ont pas été confirmées :
-      Il n’a pas été mis au placard.
-      Il n’est pas prisonnier d’une camisole de force.
-      Il n’est pas au secret à Guantanamo.
-      Il n’a pas fait une mauvaise rencontre lors de sa traversée du désert.
-      Il n’a pas été dévoré par un requin blanc ni par une horde de piranhas car il ne nage pas en eaux troubles.
-      Il n’est pas tombé dans le puits d’une mine car c’est aussi un démineur.
Récompense à qui donnera un renseignement (ou deux). On demande au Hollow Man un signe de vie, un post, une recette, une critique, un rapport, une réflexion. Qu’importe le contenu pourvu qu’on ait l’adresse.

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dimanche 29 décembre 2013

LES EXCUSES DU JOUR

C’est la faute au mauvais temps, à la tempête, au vent frisquet, à la pluie et je décline toute responsabilité pour :
1/ L’attaque fielleuse des vœux pieux et autres prières profanes ;
2/ Un éloge écœurant du diabète sucré, un intermède peu ragoûtant sur la décrépitude terminale et autres joyeusetés déplacées. Moi-même je n’ai pas réussi à me relire, sinon tout aurait été supprimé.
J’espère, pour votre santé mentale et morale que vous vous serez abstenu de ces lignes délétères. Si vous avez succombé à la tentation, prions pour qu’elles n’aient pas entamé l’euphorie que l’excès de champagne et autres drogues dures que vous avez surconsommé avait instillé dans votre esprit malade et qui vous avait convaincu que le bonheur - et surtout la santé promises pour votre futur immédiat - étaient assurés, du moins sur le papier des innombrables cartes virtuelles ou réelles reçues.

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LES CONSEILS DU JOUR

1/Si vous vous en étiez aperçu, vous me l’auriez dit, mais ce blog est un service commandé par la nécessité. Il mériterait d’être classé n°1 face à la concurrence avant Cap Gemini, la SNCF, Sodexho. Avec moi, vous savez ce que vous devez manger pour être éternel, vous pouvez faire le tri dans vos amis, choisir un voyage étonnant et orienter le cancre de la famille vers le métier adéquat, etc. Je m’adresse aussi à la classe politique et lui donne les idées qu’elle n’a pas. S’il m’avait écouté, Hollande aurait favorisé les métiers nouveaux que je lui propose et tenu son pari stupide.  Aujourd’hui, il est trop tard pour lui, mais pas pour vous. Puisque vous ne pouvez pas vous empêcher d’offrir des cadeaux de fin d’année, vous avez intérêt à y joindre le ticket de caisse afin que celui ou celle à qui vous l’avez offert puisse le rapporter au magasin. Comme toujours en retard d’une génération sur l’actualité, vous êtes sans savoir que plus de la moitié des cadeaux sont retournés sans être déballés. Vous éviterez donc de vous faire haïr pour une raison de plus, celle-ci très justifiée.
2/ Si vous ne savez pas quoi faire faute de force, d’argent, de courage, d’idées, faites comme lui : un discours.

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samedi 28 décembre 2013

LES DIEUX DU CIRQUE ET NOS CLOWNS

Les acrobates chinois nous fascinent. Les voltigeurs mexicains nous font trembler. Les magiciens hollandais nous laissent pantois.
Depuis la mort de Zavatta, la retraite des Achille Tonic, les clowns français, eux, nous font pleureur. De honte.
Ils ne sont pas au Cirque d’Hiver mais à Matignon, à l’Élysée, dans l’hémicycle. Ils plastronnent, éructent, discourent sur les estrades, dans les médias. Ils ne sont applaudis que par des partisans, des amnésiques, des fanatiques.
Depuis longtemps, ils nous stupéfient par leur impuissance, leur inertie, leurs rodomontades, leurs proclamations, leur indécence, leur prétention.
L’antépénultième, un grand mou farceur, jouait l’Auguste à ses débuts, faisait du vent, agitait les bras, pinçait les fesses des vaches, paradait, s’entourait de guignols qui faisaient peur aux enfants. Sur le tard, cramponné à la scène, il paradait moins, faisant du Marceau et à la fin quasi immobile, il tomba dans la statuaire et le rideau sur lui.
L‘avant-dernier ne tint qu’une saison. Sitôt en piste, il partit dans toutes les directions, voulut être un cirque à lui tout seul. D’abord clown blanc, il devint vite blême car, accueilli sous les vivats, il lassa, les hourras s’épuisèrent, faisant place au silence puis aux crachats. Se croyant polyvalent, il fit l’acrobate, le fil-de-fériste, le dompteur mais, le trapèze est périlleux, la corde raide et les fauves affamés. Trop pressé pour reprendre son souffle, se croyant dominant, même face au lion, il fit illusion tant qu’il eut la force de rebondir. Mais, à ce jeu-là, même un clown d’or s’épuise et il s’en alla au son d’un requiem peu triomphant.
Celui qui parade aujourd’hui n’est ni grand ni blême. Il est arrivé en force, soutenu par une claque très remontée. On allait voir ce qu’on allait voir, en avoir pour son bulletin, avec beaucoup de valeur ajoutée. Ni Auguste ni clown blanc, c’est un comique qui improvise, aime le burlesque, fait des promesses.
Hélas et patatras, elles sont intenables ! Lancées en l’air, comme dans une impro, elles retombent en morceaux, en lambeaux. Il jongle, mais avec le vent. Courageux, il lance des échappées belles, prend tous les risques, par procuration. Des spectateurs dégoûtés se bousculent aux sorties, d’autres, dépités mais stoïques, restent. Ils savent que, pas plus que lui, ils ne changeront. Cramponnés à leurs fauteuils, à leurs chaises, à leurs strapontins, ils n’en démordent pas. C’est l’artiste qu’il leur fallait, un intermittent avec, enfin, le premier rôle, un hallebardier, fin connaisseur des coulisses, qui s’éclate, mûrissant, en Rodrigue et peut réciter la tirade qu’il connaît depuis l’école du cirque. Il finira son numéro. Il fait des gags qui font pleurer, lance des saillies qui retombent sur lui, frappe le tambour, sonne la trompette pour battre le rappel. Prisonnier de son terre-à-terre, aveugle à ce qu’il voit, sourd à ce qu’il entend, il n’a pas vu les chinois en apesanteur, les mexicains voler dans les airs, les hollandais nous faire prendre leur gouda pour du fromage. Incapable, il entraîne dans son fiasco tous ceux qui lui avaient donné carte blanche et leur espoir.

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vendredi 27 décembre 2013

MISE AU POINT

Une précision à propos du portrait du jour d’hier : l’impénitent pêchait. Un lecteur me demande s’il n’allait pas plutôt recommencer à voler, à tuer, etc. plutôt que d’aller taquiner le goujon comme l’accent circonflexe semblait l’indiquer. Je confirme qu’il s’agit bien d’une fine gaule. N’étant pas son confesseur attitré, je ne me serais pas permis de l’accuser publiquement de turpitudes contre les commandements de l’Église, n’en sachant rien.

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QUESTION À UNE AMIE

Chère amie, la dernière fois que nous nous sommes vus, vous m’aviez assuré que vous ne manqueriez pas de m’envoyer des remarques, des critique, des observations sur ma production. Je suis inquiet de votre silence. Il n’y  a pas eu d’avis de disparition, d’annonce de rapt, de kidnapping, de suicide collectif dans le canton. Je m’interroge et me demande si :
-      vous n’en croyez pas vos yeux
-      les bras vous en tombent ;
-      vous êtes muette de stupeur ;
-      vous avez pris les jambes à votre cou ;
-      vous avez mieux à faire ;
-      vous n’y comprenez rien ;
-      on ne vous le fait pas dire ;
-      trop c’est trop ;
-      il vous en faut davantage.
Si c’est ça, je ne suis pas sûr de pouvoir. Merci quand même de rien.

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LA PLAINTE DU JOUR

Vous vous plaignez de ne pas dormir. Vous n’avez pas compris que votre sommeil est léger parce que votre éveil est lourd. Dominant, il veut que vous en profitiez pour être conscient d’être vivant et gagner ainsi du temps sur celui qui est perdu quand on dort ou qu’on est mort.

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jeudi 26 décembre 2013

LE PANÉGYRIQUE LE PLUS COURT JAMAIS ENTENDU

Ami, au moment où tu pars en fumée, je salue celui qui a su consumer sa vie jusqu’à la dernière seconde.
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LE PORTRAIT DU JOUR

Impénitent, il repêchait dès l’absoute.
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LA QUESTION DU JOUR

Un lecteur anonyme vous demande : « Pourquoi la Française des Jeux n’a jamais été condamnée pour vol en bande organisée ? ».
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mercredi 25 décembre 2013

OUI ET NON

À priori le choix est simple. Il est binaire, comme le feu au croissement, si on oublie l'orange (du marchand). C'est une ouverture-fermeture éclair. On peut, pressé, se contenter de la version officielle et discourir avec componction sur le thème comme il suit:
Oui ouvre une porte, satisfait une attente, une demande. Il comble un manque, un besoin. La vie se poursuit, facilitée. L'un est heureux d'avoir donné. Il se ressent généreux, bon, bienveillant, estimable. Sa propre estime grandit.
Non est son opposé. Il ferme une porte, clôt la discussion, crée une rancune, un passif. C'est l'attente déçue, l'espoir envolé, le rêve évanoui. Il sépare, divise, blesse. Vous vous épargnerez ce paragraphe en mettant le précédant au négatif. Trop tard.
Beaucoup de mots brefs, monosyllabiques en disent long. O et N portent cette particularité au plus haut niveau et peuvent éviter un discours, une explication, une logorrhée. Cela n'empêche pas qu'une conversation lourde de sens et riche de conséquences peut se limiter à ce qui est presque une onomatopée.
Si vous avez résisté à l'envie d'en finir avec la bûche de Noël ou d'en mettre une en chêne dans le poêle c'est que vous êtes prêt(e) à entendre la suite.
Si le blanc et le noir ont gardé leur couleur, il faut admettre que nos frères ennemis ont, eux, perdu de leur fraîcheur. La pollution n'esquinte pas seulement l'air, l'eau mais aussi les mots. Ils sont devenus très dépendants des circonstances et leur fiabilité de celle de l'émetteur(trice).
Par exemple, les idéologues, les idolâtres, les sectaires, les fanatiques disent Oui à leur folie et Non à la raison des autres. Ils espionnent, épient, surveillent, emprisonnent, torturent, tuent. D'autres moins radicaux mais à fort potentiel de nocivité se contentent de dire Non au bon sens et Oui aux décisions imbéciles. Ils font pousser les éoliennes, construisent des centrales atomiques, des autoroutes, es aéroports, font fuir les riches, découragent les entrepreneurs.
Ces Oui et les Non honteux existent depuis qu’il y a des lâches, des renégats, des traîtres, des collabos, des cons, c’est-à-dire, depuis toujours. Ils acceptent la reddition, la trahison, la compromission car ils y trouvent leur compte.
Le Non glorieux est aussi remarquable qu'exceptionnel. C'est celui qui refuse ce que la multitude accepte, adore par bêtise, paresse, formatage et qui, pourtant, est insupportable, intolérable, inadmissible. C'est un acte de foi, de courage. Il marque une opposition sans faille, une indignation. Il fait risquer l'opprobre, la mise au pilori, la prison, la mort. Il se décide au moment de le dire et nul ne sait s'il en est capable. Être un représentant Baudin n'est pas donné à tous (Il est mort en 1851 sur une barricade en s'opposant au coup d'État du Prince Napoléon, en disant: "Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs par jour").
Le Oui a plus d'avenir que le Non car il a toujours été le choix de ceux qui font avancer la science, la civilisation avec leurs inventions, leurs découvertes. Ils ne sont pas, comme les systématiques du Non, des opposants par principe à toutes les nouveautés, les évolutions, les révolutions. Les premiers, quand ils sont majoritaires, entraînent leur pays vers le progrès; les autres, comme chez nous, le font entrer en reculant dans le siècle.
On vient de voir que le Oui et le Non portent au lyrisme et entrent facilement dans la petite et la grande histoire. Ils ont une autre fonction cachée, un emploi permanent, discret, inaudible, jamais mis à leur crédit. Il est temps d'en parler.
Dans notre tête, le Oui et le Non jouent le rôle de 0 et 1, du + et du - dans l'ordinateur. Ce sont eux qu'ici et là règlent la circulation des données de l'information et permettent la communication. Tout ce que nous faisons est tributaire d'un arbitrage constant entre Oui et Non. On ne parle, lit, écrit, marche, travaille, pense que si une décision a été prise et maintenue. Tout changement d'activité obéit à une inversion et à son remplacement par un oui différent. Notre système nerveux héberge un centre régulateur qui envoie des ordres dont les effets paraissent instantanés. Tous ces oui-non microscopiques, débités en continu obéissent à un code éthique, politique inscrit à l'endroit où cohabitent l'âme, l'esprit, la raison, l'intelligence. Ils sont bien dans la boîte crânienne car ils disparaissent quand le cerveau est détruit, dégénère. Ses infimes oui et non deviennent explicites et s'expriment à voix haute quand le moment est venu de donner son accord ou d’exprimer son désaccord.
Le Oui et le Non sont donc sécrétés comme l'arbre donne un fruit, par le travail souterrain, secret, de milliards d'informations dont la balance dépend d'une entité mystérieuse, remplie des valeurs acquises au fil des années et qui tient sous sa dépendance la qualité de notre décision.

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lundi 23 décembre 2013

La Bêtise versus l’Intelligence a suscité les réactions auxquelles je m’attendais. Pour explorer plus profondément le premier terme de la proposition, je propose un approfondissement de la méditation sur ce thème éternellement d’actualité de la connerie dans le Dico sans queue ni tête à « C  comme Con » http://dicosansqueuenitete.blog.fr/2013/12/23/c-comme-con-17453325/
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Grâce à une indiscrétion, je sais que votre passé, hier soir, à 22h32, a été conjugué à l’imparfait. La réflexion philosophique, morale et théologique sur le Oui et son avatar, le Non, ne pourra être diffusée aujourd’hui comme prévu.

INTROSPECTION DE FIN D’ANNÉE

Si je regarde mon reflet, je vois une ombre qui me ressemble et me distingue des autres. Si je me concentre sur ce que je comprends de ce que j’entends dans ma tête, je reconnais des pensées obscures, qui s’ordonnent parfois en des idées plus ou moins claires. Elles donnent des avis et des ordres qui mobilisent et activent ce qui s’appelle la vie. Pour l’embellir, l’enrichir, la faire agir, il lui faut des impressions, des sensations, des sentiments. Elle en dispose car elle est prisonnière d’un corps adapté à sa fonction et qui a les instruments qui lui en donnent les moyens.
Avec le temps, l’enveloppe, se fripe, s’épuise. Les muscles se fatiguent après s’être tant contractés. Les articulations s’ankylosent après avoir tant fléchi. Les vertèbres se tassent et ne supportent plus l’échine à la verticale. Les yeux, après avoir tant vu et les tympans après avoir tant vibré, entrent dans le flou et ont besoin de béquilles. Le moteur qui propulse les globules devient poussif. Ils ralentissent aux croisements et les artères bouchonnent. Les neurones se raréfient. Des circuits se ferment. Les mémoires s’effacent. Les souvenirs s’envolent. Ils sont remplacés par des ruminations qui tournent en boucle.
À ce moment, l’ombre ne donne plus de reflet. Il n’y a qu’une absence et dans le crâne, seul le silence retentit. Il est temps de retourner à l’éternité et au néant.

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dimanche 22 décembre 2013

AIDE À LA DÉCISION

Pour éclairer vos pensées et éclaircir vos idées, voici une aide à la décision en forme d’ode au sucré qui vous libérera d’un préjugé et vous fera mieux profiter de votre bûche de Noël. Demain, si vous avez été sage, on parlera du oui et du non.
 
Le sucre est mal aimé, on a honte d’en parler.
Il faut y remédier.
Il m’a beaucoup donné, je lui ai rien rendu.
Je le chanterai donc, je serai son Hérault.
Ce n’est pas difficile, il n’a que des vertus.
Bon pour tous et à tout, il n’a pas de défauts.
Il rend heureux l’enfant, fait rire le grincheux.
Nature ou transformé, il est chez lui chez eux.
Parce qu’il s’offre à chacun et se refuse à rien.
On lui reproche tout : la carie, le diabète.
Méprisé, calomnié, on le met à la diète.
Lui, le doux, le tendre, roi du suave et du bien.
Trop présent, trop utile, il a des ennemis.
Au banc des accusés, je serai son ami.
 
Le mot, d’abord, est beau. La bouche en cul de poule, il se susurre, se suçote, se clôt en un petit bruit incongru, délicieux, un léger crachotis, discret, réservé, presque avalé aussitôt dit.
Il faut le comparer, pour l’apprécier à sa juste saveur, aux autres ingrédients. Difficile d’en parler puisque tout les oppose. Leur rôle est secondaire. Ils ne sont tolérables qu’à peine discernables.
Ne les accablons pas, ils sont ce qu’ils peuvent être : des releveurs de goût, des béquilles pour cul de jatte. Ils suffisent à certains qui en mettent partout. Un seul retient l’attention : le sel. Qu’il soit fin, qu’il soit gros, il veut la première place. On le trouve partout : sur la table, dans la mer, dans les plats, sur la route. Vil flatteur, il cumule les vices. Son adjectif repousse : sale et laid. Mis à toutes les sauces, il encombre le corps, retient l’eau, fait monter la tension, œdématie le poumon, gonfle  la jambe. Faute de pouvoir faire mieux, il raccourcit la vie. Il triomphe dans ce qui lui ressemble. Rien qu’à les nommer, on voit qu’ils sont vulgaires: andouille, boudin, cervelas, cornichon, bifteck, mortadelle, pot-au-feu, saucisse, saucisson, etc. 
Les syllabes s’enchaînent avec effort, dans des consonances rugueuses. Tout ça est dégoûtant et seule une faim de loup, une boulimie aveugle expliquent leur succès, ce manque de goût. La satiété qu’ils donnent est indigeste, satisfait seulement qui boit sans soif, mastique par habitude, avale par réflexe, digère sans paix.
Le sucre est à lui seul une belle compagnie. Il se suffirait à lui-même, si, bon compagnon, il n’aimait la farine, le beurre, l’œuf, l’amande, etc.
Il est au cœur de tant de beauté, de bonté que tous ses dérivés donnent le même bonheur à la voix, à la langue : bonbon, berlingot, nougat, praline, sucette, sucre d’orge, loukoum, confiture, miel.
Bonne pâte, il veut bien tout, s’apprête comme l’on veut: en pain, en morceaux, en poudre, en cristal, en glace, en sirop il se moule à la forme. Il se cuit, au petit cassé, au grand boulet. Si l’on insiste, il devient caramel, se filamente en cheveux d’ange, se fait nuage en barbe à papa.
Liquide, il coule mieux qu’une source, en douceur, en suaveur.
Sodas, sirop d’orgeat, sauternes, Loupiac, Cadillac, Bonnezeau. Il est l’âme du nectar, le saint esprit d’Yquem, le moelleux du champagne. Il humanise la citronnade ; de bulles il fait une limonade.
Sans lui, pas de gâteaux et pas de pâtissier, ce bienfaiteur par qui l’extase s’invite à table.
Un dessert réussi fait oublier une entrée ratée, un rôti brûlé, un vin bouchonné, une matinée pluvieuse, un ongle incarné, un crack boursier. Il récompense de tout, fait oublier la vie, la mort.

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LE QUIZ DU JOUR

Vous êtes :
·         reflet ou ombre,
·         propre ou figuré ;
·         oui ou non ;
·         pour ou contre ;
·         jour ou nuit ;
·         prêchi ou prêcha ;
·         question ou réponse ;
·         quid ou quod ;
·         sucré ou salé ;
·         acide ou amer.
Si vous avez 5 partout, vous êtes équilibré et facile à vivre. Si vous avez moins ou plus de 5 d’un côté, le divorce sera à votre tort et vous l’aurez bien mérité.

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samedi 21 décembre 2013

HALTE AUX VŒUX

 
Avant de commencer votre campagne de vœux, vous avez intérêt à écouter ce que j’ai à en redire. Vous vous épargnerez une corvée pénible, économiserez un temps et un argent précieux. Vous les dépenserez à votre profit pour faire ce que vous auriez dû faire hier et acheter l’objet inutile dont vous avez tellement envie.
 
Les vœux sont à la prière ce que la crème pâtissière est à la crème anglaise. Des pointilleux relèveront des petites différences dont ils feront des Monts Blancs. Ils argueront qu’entre une cartomancienne qui sait voir le dessous des cartes et une carmélite confite en dévotion et martyrisant ses genoux il n’y a pas photo. Ils ont raison et je ne confonds pas la sainte foi de l’une et la folle conviction de l’autre.
 
Il convient, d’abord, de prendre du recul et de remonter aux premières années de notre ère. Ne confondez pas avec le quaternaire où nous serions toujours mais avec l’ère chrétienne. À la suite des premiers chrétiens dont il avait repris les prétentions, Charlemagne décréta que notre calendrier avait débuté 800 ans auparavant, quand le Christ était né. La date exacte reste, en réalité, inconnue car la fiche d’état civil a été perdue lors de la fuite en Égypte.
 
La période des vœux remonte donc à 2000 et quelques ans, celle des prières débutera 3 décennies plus tard, peu de temps après la remontée au ciel du fils de Dieu. Il n’y a pas de doute sur le jour, le fait est abondamment décrit dans plusieurs évangiles, du moins ceux qui, ayant reçu l’imprimatur, sont dignes de foi.
 
Les vœux sont plus saisonniers que la prière. Ils subissent une recrudescence en fin d’année et culmineront à l’arrivée de la nouvelle année. Vous remarquerez que, quelque soit le millésime on parle toujours de vœux de l’an neuf. La prière est, elle, une occupation quotidienne pour ceux qui s’y adonnent avec régularité. Elle a des pics d’activité lors des offices dominicaux. La prière du soir, autrefois très prisé, surtout dans les campagnes, à l’heure de l’Angélus, est en déclin et c’est bien dommage. J’en garde la nostalgie car elle donnait une impression de paix, de recueillement. Le silence rompu seulement par le son de la cloche, contraste horriblement avec le bruit et la fureur qui agitent maintenant le monde paysan.
 
La prière peut plier le genou mais n’a pas rendu l’arme. Elle continue, cachée, dans des lieux retirés, apanage de reclus dont nous reparlerons.
 
Si le vœu et la prière ont eu un destin commun dans leur jeune âge, il devint croisé par la suite et leur chemin bifurqua quand arriva la séparation de l’église et de l’état (1905). La prière avait déjà souffert d’attaques répétées lors de la révolution de 1789 où elle avait été mise hors la loi. L’éclipse avait été de courte durée. On peut même dire que, dans le secret des cœurs, sa flamme était restée ardente surtout en Charente maritime et dans les pays de Loire et de Vilaine.
 
Vœux et prières changèrent de statut. Le vœu devint laïc et ses grands prêtres, des ministres d’état, entrèrent au gouvernement ; la prière resta une affaire purement religieuse et ses mandataires se firent appeler ministres du culte.
 
Je ne ferai, comme vous, aucun commentaire sur ce schisme pour ne pas être l’allumette qui mettrait le feu à la poudre d’une nouvelle guerre de religion. La guerre civile rampante qui rode aux portes de Paris me suffit. Avec mon franc parler, ma rude franchise, et mon culot monstre, je vais enfin dire ce que j’avais à dire : la prière, comme le vœu, est un pieux mensonge, une demande hypocrite, une lettre sans accusé, une promesse en l’air, enfin une baliverne proférée par des acteurs qui débitent un texte avec conviction comme au théâtre de la Gare, avec componction, comme à la Comédie Française, mais toujours dans un rôle de composition.
 
Pourquoi haïr ces gentils mots qui font plaisir à dire et à entendre ? Me direz-vous, scandalisé. Mais parce que mon dossier à charge est rempli à ras bord.
 
Depuis l’an 30, combien de milliards  de « Je vous salue Marie », de « Notre Père qui êtes au ciel » sont montées vers les nuages, de kilomètres en années-lumière de chapelets en rosaire ont été parcourus, de chants grégoriens, de messes en fa, sol, la, si do, de « cantique des cantiques », de « petit papa Noël » ont été exécutés, chantés, fredonnés, et tout ça, pour quel résultat ?
 
Mais le même que celui des milliards de milliards de cartes de vœux échangées et des billions de souhaits en tous genres, de toutes espèces pour la paix, la prospérité et, surtout, la santé.
 
Le bilan de cette flopée de prières, de vœux vous le connaissez aussi bien que moi, si vous vous donnez la peine d’ouvrir vos yeux et vos oreilles. Il est navrant, il est nul, il est désespérant !
 
Depuis toujours, ce ne sont que guerres, dans la famille, dans les rues, dans les cités, entre clans, entre tribus, entre états, entre nations et les plus fous se préparent à la faire aux étoiles.
 
La prospérité, parlez-en aux nouveaux pauvres, aux morts de faim, aux expulsés, aux migrants, aux victimes des faillites, des banqueroutes, des krachs, des escrocs, etc.
 
La santé surtout, ne s’arrange pas. On meurt plus tard, mais dans quel état ! et elle nourrit les déficits, les hôpitaux, les centres anticancéreux, les cliniques psychiatriques, les laboratoires de chimie, de recherche et qui ne trouvent rien sauf des crèmes antirides. La mortalité infantile n’arrive pas à baisser, l’hécatombe routière se poursuit, les cancers sont toujours plus nombreux, plus féroces, plus mortels.
 
Et toutes ces horreurs, tous ces malheurs qui croissent et embellissent malgré tous les bons vœux et les belles prières, ça vous pas fait douter ? Et si ça ne servait à rien, si on perdait son temps ? Si c’était un cache-misère, une occupation hypocrite pour s’éviter de réfléchir et de s’attaquer aux choses sérieuses ?
 
Vous lâchez pas prise, vous y tenez, à votre carte postale et à votre petite prière. Vous me forcez à continuer.
 
Je préfère le vœu à la prière. Il est plus sincère, car moins intéressé, moins servile, moins égoïste, moins hypocrite. On offre des vœux par générosité, pour faire plaisir en espérant que le mauvais sort sera conjuré et notre ami enfin heureux, au moins pour un an.
 
La prière a d’autres buts et sa prétention vise un autre destin, celui du prieur. Il dresse son homélie à une entité supérieure en qui il a mis tous ses espoirs pour que la suite à venir soit digne de son appétit et à la hauteur de sa peur. Il conjure son mauvais sort en faisant semblant de prier pour celui du voisin. Je ne parle pas des croyants qui vont au charbon et affrontent la misère en première ligne mais de ceux qui s’abîment les rotules sur le mode continu (Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies), dans des espaces bien clos, derrière des murs épais, loin des distractions, bien concentrés dans leur adoration d’un Dieu inconnu, inaccessible mais qui peut certainement beaucoup, après tout ce qu’on lui prête. Il faut se faire pardonner d’être né, c’est un péché qu’il faut expier. Ils prient donc, d’arrache-pied et, en louant le responsable de tous les malheurs, ils espèrent bien s’en faire dispenser quand le jour viendra.
 
Seul le hasard rend la prière et le vœu gagnants. Cela arrive de temps en temps. Le gros lot du Loto se rappelait avoir pensé, au moment de marquer les bons numéros : « Mon Dieu, faites que je gagne ».
Ce n’était pas un miracle mais son jour de chance.
 
Pourquoi cette obstination à faire des vœux et à prier en vain ?
 
L’explication oblige à aller taquiner la sociologie et la physiologie. Le détour est plaisant.
 
La prière a beaucoup occupé ceux qui planchent sur les reliquats modernes des incantations premières et des superstitions primitives. Ils en ont retrouvé la trace dans les hiéroglyphes égyptiens mais aussi dans des cavernes inaccessibles de la jungle de la Papouasie du Nord sous la forme de peintures rupestres de la fin du tertiaire, dans l’ivoire d’une dent de phoque géant (96 cm de tour de taille) trouvé dans un igloo daté de 3 millions d’années avant J.-C. et parfaitement conservée au sein d’un glacier géant du quadrant supérieur droit du cercle polaire. Le propos montre l’universalité du genre humain, sa propension, quelle que soit la latitude mais aussi la longitude à supplier le grand Pan et à essayer d’infléchir sa divinité supposée afin de lui demander de faire le travail à sa place et de forcer les choses dans un sens favorable : faire tomber la pluie quand le sol se dessèche, arrêter le feu quand l’incendie perd le contrôle des flammes, stopper la peste avant que la mort s’ensuive, arrêter les fourmis quand la Marumba gronde, enfin chaque fois que l’homme -  souvent poussé par sa femme - a, la peur au ventre, la mort aux trousses.
 
Les physiologistes s’y sont intéressés un instant quand ils ont étudié les réflexes archaïques. Présents à la naissance, ce sont eux qui font fermer les menottes du nourrisson quand on lui chatouille la paume ou se mettre à téter goulûment quand le téton s’approche de ses lèvres. Ils disparaissent en temps utile quand le besoin est passé. Leur persistance au-delà des normes imparties est considérée comme un retard du développement mental augurant d’une scolarité difficile à conclure par les félicitations du jury. N’ayant rien à en dire, ils s’en sont vite détournés, ayant mieux à faire.
 
Si ce problème vous passionne vous trouverez facilement les renseignements complémentaires en cherchant bien. Personnellement le sujet ne m’intéressant pas plus que ça, je me suis contenté du peu que j’en savais pour vous en faire profiter. De la même façon je n’ai pas été voir dans les mondes parallèles qui peuplent notre planète quels étaient leurs us et coutumes vis-à-vis des vœux et des prières. Je trouve les voyages lointains trop fatigants, les prix en classe économique trop élevés, les navettes spatiales trop inconfortables pour aller s’ennuyer à essayer de comprendre des langues pas faciles à apprendre etc. Je ne connais pas l’ordre de leurs priorités, quelles sont leurs divinités, s’ils recherchent le bonheur sur la terre ou au ciel. Et pour être franc et tout à fait cynique, j’ai autre chose à faire, notamment en finir avant la fin de l’année avec ce pensum qui n’en finit pas et commence à m’énerver.
 
Vous avez compris que je milite pour qu’on en finisse avec les vœux habituels ou du moins avec leur formulation courante. Je serai plus réservé quant à la conduite à tenir avec la prière. Il semblerait, à en croire la fréquentation des églises et de la Sainte Chapelle, qu’elle vit ses derniers moments. A force de prier dans le vide, les cloîtres se dépeuplent et leurs cellules se transforment à un rythme de plus en plus soutenu en chambres d’hôte. La prière se fait rare parce que les découvertes récentes auraient montré que l’histoire qui racontait que Dieu aurait fait un voyage sur la terre en se faisant passer pour son fils serait, en fait, une légende rurale. Finalement toutes les prières auraient été dites pour rien ? J’attends cependant une confirmation du Vatican. Dans le doute, je me limiterais aux vœux et vous propose un changement de stratégie afin que les vœux cessent d’être creux, l’expression d’un conformisme, une habitude, une hypocrisie et, comme je l’ai peut-être déjà dit, que l’évidence balaie l’apparence.
 
Comment ? Comment ? Criez-vous. Simple. Il faut arrêter d’envoyer des vœux à Pierre, Paul et à ses sœurs et concentrer le feu de l’action sur l’année elle-même, la responsable de tout. Voyez l’année qui va finir. Tous les quotas de guerres, de crises, de faillites, d’attentats, de morts, de coups d’état, d’épidémies de faim, de choléra, d’incendies, d’inondations, de tremblements de terre, de chômage brut et technique, de hausses de prix, de baisses d’activité, d’inflation, de stagnation, de déflation et, maintenant, de récession ont été pulvérisés. Et ceci malgré des vœux qui, fin 2012, nous avaient promis une année heureuse, prospère avec un beau soleil mais avec ce qu’il fallait de pluie, de travail, de chance et, surtout, la santé. Donc on change tout, on laisse tomber les vœux privés et on s’adresse directement au responsable, à qui organise la chienlit générale et nous conduit au chaos, à la ruine, au naufrage, à la grande débâcle. L’année à venir doit être consciente de ce qu’elle fait afin d’abandonner les mauvaises habitudes prises depuis si longtemps, rappelez-vous Hiroshima, 39 et avant, 17, 1870, la guerre de 100 ans, le Moyen-âge, les sept plaies d’Égypte, l’agonie des dinosaures, etc. Toutes ces années qui nous en ont fait baver, qui ont accumulé les catastrophes et qu’il a fallu passer l’échine tremblante, dans la boue, le froid, le désespoir, la mort. Combien d’années terribles depuis le début ? Toutes. Aucune belle époque ne l’a été.
 
Que lui dire ?
 
D’abord la remercier d’être fidèle au rendez-vous et de ne pas se laisser décourager par la mauvaise qualité des évènements de l’année qui s’achève.  Le procès permanent qu’elle subit doit être pénible à vivre mais, sa responsabilité était engagée puisqu’elle leur offre l’hospitalité. Elle doit admettre que ceux qui en souffrent sont en droit de s’en offusquer. Bénéficiant de la loi d’amnistie traditionnelle on l’oubliera pour se concentrer sur l’année à venir afin de ne pas disperser les forces. 2014 doit travailler à améliorer ses performances et réussir là où les précédentes ont échoué. Il lui suffira de suivre mes recommandations :
1. Elle doit retrouver une dignité et arrêter de subir des mauvaises influences. Le passé doit être oublié afin qu’elle ne cherche pas à l’imiter, ce qu’elle fait depuis trop longtemps. Elle ne doit pas regarder en arrière mais se concentrer sur ce qui va arriver afin d’essayer de l’améliorer. Pour cela, elle doit fermement s’engager à arrêter d’avoir des fréquentations douteuses et ne sortir qu’avec de la qualité éprouvée. Ne rien acheter à la sauvette, prendre des garanties, privilégier les marques connues et la qualité supérieure.
 
2. Elle doit aussi ne pas croire tout ce que les orateurs, même très bons, prétendent. Apprendre à discerner le vrai du faux, les diseurs de vérité de ceux de mauvaise aventure.

 

3. Elle doit discipliner son climat et arrêter d’augmenter la température de l’eau et de l’air. Cela donne soif, dessèche la peau et fait trop marcher les climatiseurs avec les risques que cela comporte pour les ours blancs et les phoques qui ne savent plus où se mettre.

 

4. Elle doit normaliser sa pression afin d’éviter les excès qui favorisent la stagnation du ciel bleu, une mer d’huile, suppriment le vent et même les courants d’air. Cela entraîne une pollution qui oblige à marcher à pied. De la même façon, les basses pressions seront à éliminer en raison des tempêtes tropicales, des cyclones et autres ouragans qui font beaucoup de dégâts un peu partout.

 

5. 2014 devra réfléchir avant d’agir, en choisissant, par exemple :

·         des endroits inhabités pour faire tomber la foudre ;

·         de faire trembler la lune plutôt que la terre ;

·         de faire pleuvoir là où la nappe phréatique a besoin de remonter ;

·         de déclencher des épidémies dans les armées en campagne, plutôt que dans des camps de réfugiés ;

·         d’être enfin raisonnable, en se comportant en année responsable :

·         du temps qu’il fait, avec du beau temps ;

·         du temps qui passe, avec du bon temps ;

·         en ne créant pas des conditions de vie difficiles ;

·         en favorisant la solution des problèmes ;

·         en retrouvant les chemins de la prospérité ;

·         en autorisant une prise de conscience des responsables.
 
La santé doit rester prioritaire car elle permet de bien profiter de la vie : jouer au tennis, faire de la pêche sous-marine, visiter un musée ou s’éclater au hip-hop est difficile, voire impossible avec une perfusion au pli du coude.
 
2014 doit être une année où rien ne sera à risque et avertie qu’on attend beaucoup d’elle. Elle doit savoir qu’elle restera sous surveillance armée, que tout incartade sera sévèrement réprimée et que sa récompense, si elle a tenu ses promesses, satisfera son attente.
 
La carte type pourrait être de la sorte :
 
Chère année nouvelle,

Nous t’attendions avec impatience. Tu es une année bienvenue qui, j’en suis sûr, nous changera de la précédente qui a très mal fini pour n’avoir tenu aucun compte des avertissements.

Nous te demandons d’être :

F lucide, réfléchie, transparente, généreuse, de bon conseil, de bonne santé et de ne nous préparer aucune mauvaise surprise.

Moyennant quoi, je crois pouvoir te parcourir en te laissant tranquille.

Respectueusement,

Un compagnon de route.
 
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